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Rentrée scolaire : le deuxième trimestre, une étape charnière pour les élèves

Par Annick Daniella Rivet
Publié le: 20 avril 2026 à 13:00
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Après les vacances de Pâques, les élèves reprennent ce lundi 20 avril le chemin des classes pour le trimestre le plus long de l’année. Du 20 avril au 17 juillet, le deuxième trimestre scolaire met les établissements du primaire et du secondaire face à un défi majeur : terminer les programmes tout en soutenant le bien-être des enfants. Les pédagogues appellent à des ajustements concrets pour accompagner enseignants et élèves.

Le deuxième trimestre scolaire est connu pour être le plus long de l’année. Les enseignants en profitent pour faire le maximum afin de terminer le programme d’étude de toute l’année. Au niveau du primaire, Vishal Baujeet, président de la Government Teachers' Union (GTU) : « Le deuxième trimestre est le plus long des trois trimestres. C’est durant cette période que la majeure partie du programme de chaque grade sera complétée. Les enseignant(e)s mettront tout en œuvre pour accomplir le programme et encadrer les élèves afin qu’ils soient prêts pour les évaluations à venir. »

Il précise que pendant ce trimestre, les élèves continuent leur apprentissage académique et participent aussi à des activités extra-scolaires, telles que des excursions, la journée sportive, le Music Day, entre autres, afin de favoriser le développement holistique des enfants.

Au deuxième trimestre, il y a aussi des attentes. Pour Vishal Baujeet, il faut renforcer les bases de l’apprentissage, en donnant à chaque enfant les moyens de réussir et de s’épanouir à l’école comme dans la vie. « Les élèves ont besoin de se concentrer pleinement pour bien comprendre les notions attendues à leur niveau. Il est donc important de leur laisser plus de temps pour avancer à leur rythme et terminer le programme, afin qu’ils se sentent prêts et en confiance pour les évaluations. »

Il ajoute qu’il faut œuvrer au développement global et au bien-être de l’enfant, en plaçant son épanouissement personnel au cœur de l’apprentissage. « Aider chaque enfant à grandir pleinement et à se sentir bien dans sa peau. Encourager son épanouissement personnel en valorisant les valeurs humaines, la discipline, la créativité et le vivre-ensemble. Être attentif à ses émotions et respecter ce qui le rend unique », fait-il ressortir.

Pour sa part, le président de la Government Secondary School Teachers’ Union (GSSTU), Yugeshwur Kisto, souhaite que le ministère de l’Éducation opère des ajustements concrets et mesurables. « Il faut investir davantage dans la formation continue des enseignants, revoir les mécanismes de soutien psychologique et professionnel mis à leur disposition, et engager un dialogue sincère et structuré avec les syndicats sur les conditions de travail. Une rentrée du deuxième trimestre réussie ne se décrète pas, elle se prépare, en concertation avec tout le monde. » Yugeshwur Kisto appelle le ministère à faire preuve de pragmatisme et de dialogue. Il précise que les décisions qui affectent le quotidien de milliers d'enseignants et d'élèves méritent une consultation approfondie.

Le recteur du Curepipe College, Neetesh Raj Sewpal, soutient qu’à l’aube de la reprise du deuxième trimestre, les établissements scolaires entrent dans une phase décisive de l’année éducative. En tant que recteur, il s'attend à ce que les acquis académiques soient renforcés. 

« Ce trimestre représente une période charnière durant laquelle il est impératif de consolider les connaissances fondamentales, en particulier dans les matières clés telles que les mathématiques, les sciences et les langues. »

Il ajoute qu’il faut aussi miser sur des stratégies pédagogiques adaptées, incluant des évaluations régulières, des sessions de rattrapage et un accompagnement différencié, qui doivent être mises en œuvre afin d’identifier et de combler les lacunes accumulées. Selon lui, une telle approche permettra non seulement d’améliorer les performances scolaires, mais aussi de renforcer la confiance des élèves face aux échéances à venir.

Le maintien de la discipline, de l’assiduité et du bien-être des élèves sont aussi importants, avance Neetesh Raj Sewpal. « La régularité dans la fréquentation scolaire demeure un facteur déterminant de réussite. Par ailleurs, il est crucial d’instaurer un environnement scolaire à la fois structuré et bienveillant, propice à l’apprentissage. À mesure que la pression des examens s’intensifie, les élèves peuvent être confrontés à des situations de stress ou de démotivation. Il revient donc aux établissements de mettre en place des dispositifs de soutien adaptés afin de favoriser leur équilibre émotionnel et leur engagement. » Les pédagogues affirment que ce deuxième trimestre doit être abordé avec rigueur, anticipation et bienveillance. « C’est en conjuguant exigence académique et accompagnement humain que les écoles pourront pleinement préparer les élèves à relever avec succès les défis des examens de fin d’année. »

Enjeux majeurs pour les examens

À l’approche des Mock Exams (examens blancs), le recteur Ali insiste sur l’importance d’un encadrement en présentiel. Il salue aussi l’initiative visant à limiter l’usage du téléphone portable à l’école. Mohammad Akeel Bundhoo, président de l'Union of Rectors and Deputy Rectors of State Secondary Schools (URDRSSS), tire la sonnette d’alarme concernant l’importance du deuxième trimestre pour les élèves du secondaire. « Le deuxième trimestre est important pour les élèves des Grades 11 et 13 qui auront leurs Mock Exams à la fin du mois de juin et début juillet, mais aussi pour ceux de la Grade 9 qui auront également ses examens blancs », souligne-t-il. Dans ce contexte, il insiste sur la nécessité de maintenir des cours en présentiel. « Ce qu’on attend de ce trimestre est que les classes se déroulent normalement, c’est-à-dire en face à face, car on entend dire qu’il se pourrait que les classes se déroulent en ligne », explique-t-il. Selon lui, l’efficacité de l’enseignement à distance reste incertaine, en particulier pour les élèves du secondaire. « L'expérience de la période de la pandémie de la Covid-19 est une référence à ne pas négliger : certains élèves ne disposent pas de moyens de communication adéquats ou de connexion internet », rappelle-t-il.

D’ici mai

Réglementation des téléphones portables en classe 

D’ici le mois prochain, les autorités viendront de l’avant avec une régulation de l’usage des téléphones portables dans les établissements scolaires. Il s’agira d’une utilisation réfléchie pendant les heures de cours. Le téléphone portable sera permis uniquement en cas de travail de recherche pédagogique, avec l’approbation de l’enseignant, ou en cas de maladie.

Le président salue à ce titre l’initiative des autorités. « Un grand bravo au ministère de l’Éducation pour cette excellente mesure », affirme-t-il, tout en précisant qu’il attend avec impatience la publication officielle du projet de loi, déjà avalisé par le State Law Office (SLO), après approbation du Cabinet et sa promulgation. Il indique également être dans l’attente d’une circulaire du ministère de l’Éducation à ce sujet. Le recteur note par ailleurs que de plus en plus d’établissements à travers le monde interdisent totalement les téléphones portables à l’école, tandis que d’autres en limitent strictement l’usage. « Dans les deux cas, on observe davantage d’interaction et de socialisation parmi les élèves, notamment pendant les pauses et la récréation », fait-il ressortir. Selon lui, cette mesure favoriserait également une meilleure concentration en classe. Les élèves suivraient les cours avec plus d’attention et répondraient aux questions sans recourir à des outils d’intelligence artificielle comme ChatGPT. Enfin, il estime qu’une telle politique pourrait contribuer à réduire le cyberharcèlement ainsi que le nombre d’élèves dépressifs, irrités ou somnolents en classe.

Avant cette étape, le dossier sera sur la table du Conseil des ministres, puis suivra une campagne de communication avec le personnel éducatif, les parents et les élèves.

Réforme du secteur  en preparation  

Ce trimestre verra également la publication du Blue Print sur la réforme du secteur éducatif. Le document sera aussi bientôt devant les ministres pour être finalisé, après de multiples consultations avec les parlementaires, les syndicats du public et du privé, les parents et les élèves. Ces échanges ont permis de recueillir des propositions et des données techniques afin de bâtir une feuille de route complète et représentative des attentes du secteur.

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