Rentrée scolaire 2026 : sous le signe du changement
Par
Annick Daniella Rivet
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Annick Daniella Rivet
Ce lundi 12 janvier a lieu l’exercice d’admission pour les élèves de Grade 1 et 7, ainsi que pour ceux de Grade 10 dans les Académies. Les classes reprendront pour tous demain, 13 janvier.
Ce matin, en Grade 1, 8 712 enfants franchissent pour la première fois le seuil des classes du primaire. Sourires timides, cartables flambant neufs et uniformes impeccables : 4 368 garçons et 4 344 filles découvrent l’univers scolaire du primaire. Le calendrier est déjà fixé : ce premier trimestre s’achèvera le 3 avril prochain, laissant aux enseignants et aux élèves près de trois mois pour poser les bases de cette nouvelle année.
L’île Maurice n’est pas à l’abri des aléas climatiques en ce premier trimestre. Le ministère de l’Éducation publiera des communiqués en fonction des bulletins de la station météorologique de Vacoas.
Le ministère de l’Éducation place le bien-être des élèves au cœur de ses priorités. Les chefs d’établissements sont invités à organiser des activités culturelles et sportives : débats, slams, chants, musique ou compétitions sportives. Ces initiatives visent à réduire les cas d’indiscipline et à renforcer le vivre-ensemble. L’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage académique, mais aussi un espace où les jeunes peuvent développer créativité, esprit critique et sens de la communauté, indique le ministère.
L’année 2026 sera marquée par des décisions majeures dans le cadre de la réforme éducative. Une consultation publique débutera d’ici la fin de la semaine, combinant échanges en ligne et rencontres avec les parlementaires, les student councils et les associations de parents (PTA).
En décembre dernier, des réunions avaient déjà été organisées avec des partenaires du primaire et du secondaire afin de recueillir leurs avis. Le 3 décembre 2025, le ministère de l’Éducation avait annoncé le lancement d’une consultation nationale autour de deux propositions visant à revoir l’accès aux établissements secondaires.
La première option prévoit que l’entrée en Grade 7 dans les collèges régionaux se fasse sur la base des résultats du Primary School Achievement Certificate (PSAC). Tous les élèves seraient orientés vers un collège régional en Grade 7 selon leurs résultats, tandis que ceux n’atteignant pas le niveau requis suivraient le Foundation Programme in Literacy, Numeracy and Skills (FPLNS). Près de 2 400 élèves pourraient intégrer un collège national dès le Grade 7. Cette proposition implique l’abolition du NCE en Grade 9 et l’instauration d’une nouvelle grille de notation du PSAC, allant de A à F, avec une mention spécifique pour le Grade 9.
La seconde option conserve la structure actuelle du PSAC mais prévoit que l’accès aux collèges nationaux se fasse en Grade 10, sur la base des résultats du National Certificate of Education (NCE). Le système de notation actuel du PSAC, basé sur les Grades 1 à 6, resterait inchangé. Tous les élèves rejoindraient un collège régional en Grade 7, et environ 2 400 élèves seraient admis dans un collège national en Grade 10 selon leurs performances au NCE. Les élèves n’ayant pas atteint le niveau requis poursuivraient vers le FPLNS.
Dans les deux scénarios, une option est ouverte : autoriser les collèges nationaux à fonctionner en mode non mixte (filles ou garçons), à l’exception du Mahatma Gandhi Institute, ou à rester mixtes.
Sur la question sensible de la mixité, le ministre a rappelé à l’Assemblée nationale, le 9 décembre dernier, qu’aucune décision finale n’a encore été prise concernant son abolition.
Le projet de réforme s’appuie sur les Assises de l’Éducation organisées en avril 2025 à Maurice et en mai à Rodrigues, où plusieurs intervenants ont exprimé leurs réserves sur le modèle de mixité dans les académies, à l’exception du Mahatma Gandhi Institute. Le ministre souligne que, si la mixité doit être instaurée, elle ne peut pas commencer en Grade 10 mais doit s’inscrire dans une continuité dès le primaire. Les conclusions du Blueprint seront déterminantes sur ce point.
Concernant les examens du Primary School Achievement Certificate (PSAC), le ministre reconnaît que la répartition des points a suscité des interrogations chez les parents et les enseignants. Il promet d’améliorer la transparence de l’évaluation afin de restaurer la confiance dans le système. Par ailleurs, l’introduction de l’intelligence artificielle dans l’éducation constitue une nouveauté majeure. Un projet pilote sera lancé au primaire et au secondaire, avec un accord signé avec Mauritius Telecom pour mettre en place un tuteur numérique personnalisé. Le ministre insiste toutefois : l’IA ne remplacera pas l’enseignant.
Son rôle reste primordial et l’élève devra utiliser ces outils avec discernement. Des campagnes de sensibilisation encadrées par des professionnels accompagneront cette transition.