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Punition corporelle : Azhar Peerbocus inculpé de Child Ill-Treatment

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 20 avril 2026 à 12:00
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azhar
Le mufti Azhar Peerbocus a comparu devant la Weekend Court ce dimanche. Zaheera, la mère d’Azhar Peerbocus. Des éléments de la SSU lourdement armés déployés au tribunal.Azhar Peerbocus à sa descente d’avion, peu avant son arrestation samedi.
  • Le mufti est accusé d’avoir ligoté un collégien, de lui avoir couvert la tête avec un sac et de l’avoir frappé avec un rotin
  • Sa mère : « Li pann fer sa, li bizin montre so figir e dibout pou li mem »

Azhar Peerbocus, mitraillé par des photographes de presse, a fait son entrée à la New Court House le dimanche 19 avril. Il était menotté aux poignets, vêtu d’un gilet pare-balles, encadré par des policiers de la Special Support Unit lourdement armés de fusils. Une fois dans l’enceinte du tribunal, le fort dispositif policier l’a conduit directement à la salle d’audience numéro 2 où siège la Weekend Court. Cette salle d’audience est demeurée fermée, avec des policiers armés en position pour éviter tout dérapage.

À l’intérieur de la salle d’audience, les enquêteurs de la Criminal Investigation Division de Bel-Air/Rivière-Sèche ont logé trois actes d’accusation pour Ill-Treatment of Child contre Azhar Peerbocus, 29 ans. La poursuite a objecté à sa libération et il a été reconduit en cellule au Moka Detention Center.

Sur le coup de midi dimanche, toujours sous forte escorte policière, l’ancien principal de la Twaha Academy Boarding School de Bel-Air/Rivière-Sèche a quitté le tribunal de Port-Louis. Il a esquissé un sourire à ses proches sous les cris d’Allahu Akbar. Le public n’a pas eu accès à la New Court House dimanche. La police a mis sur pied un dispositif de sécurité avec un accès contrôlé au palais de justice. Les grilles et les portes principales étaient fermées.

Accusations

Cinq collégiens fréquentant la Twaha Academy de Bel-Air/Rivière-Sèche accusent le religieux Azhar Peerbocus de « Child Ill-Treatment » et de « Causing Harm to Child ». Un collégien explique qu’il a fait l’expérience de punition corporelle en octobre 2025. Il accuse Azhar Peerbocus de lui avoir ligoté les mains et de l’avoir étouffé en recouvrant sa tête avec un sac en plastique. Il lui aurait infligé plusieurs coups à l’aide de rotin bazar et d’un bâton de serpillière. Lors d’une descente policière menée dans l’académie la semaine dernière, la police a récupéré un bâton de serpillière endommagé. Un autre collégien de l’académie, âgé de 17 ans, l’accuse de lui avoir proposé de fumer du cannabis. Azhar Peerbocus nie toutes ces accusations dont il répond.

Au début de cette semaine, l’interrogatoire d’Azhar Peerbocus commencera en présence de ses avocats Mᵉ Yatin Varma, Mᵉ Chikooree et Mᵉ Mohadeb. « On devra établir un calendrier de travail avec les enquêteurs pour le démarrage de l’interrogatoire de notre client », a déclaré Mᵉ Yatin Varma au tribunal de Port-Louis dimanche. Ce lundi, Azhar Peerbocus comparaîtra de nouveau devant le tribunal de Flacq. 

Le recteur déchu de la Twaha Academy est arrivé au pays en provenance d’Afrique du Sud en début de soirée du samedi 18 avril. Le vendredi 17 avril, ses proches se sont procuré son billet retour. Et à 7 heures samedi, il a pris un vol pour le trajet Durban–Johannesburg. Puis à 13 h 10 samedi, il a quitté Johannesburg pour Plaisance, avec un atterrissage sur le coup de 19 h 10.

À sa descente d’avion à Plaisance samedi soir, le visage dissimulé derrière un masque, Azhar Peerbocus  a été cueilli par les policiers du Passport & Immigration Office, car il y avait un « warrant of arrest upon arrival » à son nom. Il a ensuite été confié aux limiers de la Criminal Investigation Division de Bel-Air/Rivière-Sèche, dirigée par le surintendant de police Babajee et l’inspecteur Moosun. À l’aéroport, les policiers ont pris des dispositions pour le conduire à la porte d’embarquement vers Rodrigues avant qu’il ne quitte l’enceinte aéroportuaire sous escorte policière.

Vidéosurveillance

Afin de faire la lumière sur les dénonciations des collégiens et de corroborer les accusations de brutalités, la CID de Bel-Air/Rivière-Sèche et la brigade pour la protection de la famille analyseront la vidéosurveillance de la Twaha Academy.
Le jeudi 16 avril, une ex-enseignante ainsi qu’une ex-cuisinière de la Twaha Academy ont été questionnées par la police. La veille, les enquêteurs, en présence d’un clerc administratif de la Twaha Academy, ont constaté que le DVR des caméras CCTV de l’établissement était déconnecté. Le DVR de la Twaha Academy a été sécurisé et sera examiné par les techniciens de l’IT Unit du Central Criminal Investigation Department.

Famille

« Li ena so bondie avek li, so paran so benediction ek so la fami », indique Zaheera, la mère d’Azhar Peerbocus. Elle avance que son fils est rentré au pays afin de défendre son honneur. « Li ti ena pou retourne le 1ᵉr mai, monn fer li retourne avan mem akoz ena trop bokou akizasyon lor li, plito mo fer li retourne, lotorite fer travay bien, pa cover-up nanyen », ajoute la mère. Elle précise que son fils a eu un choc en apprenant que le nombre d’accusations contre lui. « Li mem linn gagn sok lin trouv autan akizasyon. Me li pann fer sa, li bizin vinn montre so figir e dibout pou li mem », soutient-elle.

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