Pénurie de main-d’œuvre : un premier contingent de 1 000 travailleurs étrangers attendu pour le secteur agricole
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
Un premier batch de 1 000 travailleurs étrangers est attendu à Maurice pour renforcer la main-d’œuvre dans les secteurs agricole et sucrier, confrontés à une pénurie persistante de travailleurs saisonniers. Cette arrivée s’inscrit dans un objectif global de 2 500 travailleurs étrangers, dans le cadre de la politique gouvernementale visant à soutenir la production agricole et la filière cannière. C’est une première pour le pays pour ce secteur d’activité depuis l’Indépendance.
Cette annonce a été faite lors d’une réunion organisée, en fin de semaine à Réduit, par la Mauritius Cane Industry Authority (MCIA), en collaboration avec le Food and Agricultural Research and Extension Institute (GAREI), le Small Farmers Welfare Fund et la Mauritius Cooperative Agricultural Federation Ltd. La rencontre a réuni des planteurs des secteurs sucrier et non sucrier ainsi que des agriculteurs, autour des modalités d’accès à la main-d’œuvre étrangère.
Cette première réunion marque le début d’une série de consultations qui se dérouleront à travers le pays au cours des deux prochaines semaines. L’objectif est d’informer les acteurs concernés des procédures et des mécanismes mis en place pour leur permettre de recruter des travailleurs étrangers, afin de répondre au manque de main-d’œuvre qui affecte particulièrement les activités agricoles saisonnières.
Arvin Boolell, ministre de l’Agro-industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, a participé à la rencontre. Il a invité les parties prenantes, en particulier celles du secteur de la canne à sucre, à « unir leurs efforts pour faire face aux réalités actuelles, notamment le vieillissement de la main-d’œuvre et la hausse des coûts des intrants et de la mécanisation ». Il a également encouragé un recours accru à l’innovation et à l’agriculture en environnement contrôlé, domaines pour lesquels plusieurs dispositifs de soutien ont été prévus par le gouvernement.
Selon le ministre, les 1 000 premiers travailleurs étrangers arriveront dans un premier temps, avant l’atteinte de l’objectif total de 2 500. Ils seront logés dans des dortoirs situés à Richelieu, mis à disposition par Metro Express Limited et conformes aux normes de l’Organisation internationale du Travail. Le cadre légal sera, par ailleurs, actualisé et un ordre de rémunération polyvalent sera introduit afin de permettre à ces travailleurs d’intervenir aussi bien dans le secteur sucrier que dans le non-sucrier.
Lors de la réunion, Arvin Boolell a reconnu que les planteurs traversent actuellement une période difficile, tout en soulignant le potentiel de l’industrie cannière à travers le développement de produits à plus forte valeur ajoutée, tels que les sucres spéciaux et le rhum. Il a rappelé certaines mesures de soutien mises en œuvre, dont une garantie de revenus de Rs 35 000 par tonne de sucre, incluant la bagasse et la mélasse, pour les planteurs produisant jusqu’à 60 tonnes.
Le ministre a également insisté sur la nécessité pour Maurice de préserver sa compétitivité et de demeurer un partenaire fiable pour les pays dépendant du sucre mauricien, dans un contexte de concurrence accrue, notamment de la part des pays du MERCOSUR. Il a encouragé les petits planteurs à se regrouper afin de mieux tirer parti des facilités existantes, notamment pour la préparation des terres.
La MCIA mettra enfin en place une plateforme destinée à faciliter la communication entre les acteurs du secteur agricole et les contracteurs, afin d’identifier précisément les besoins en travailleurs étrangers. Les travailleurs recrutés bénéficieront en outre d’une formation adaptée aux pratiques agricoles en vigueur à Maurice.