Paul Bérenger face à un nouveau tournant : le MMM entre ras-le-bol interne et risque de fracture

Par Le Défi Plus
Publié le: 14 mars 2026 à 10:16
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Paul Bérenger affiche son insatisfaction sur certains dossiers.
Paul Bérenger affiche son insatisfaction sur certains dossiers.

La semaine prochaine pourrait être décisive pour Paul Bérenger et le MMM. Le leader mauve a annoncé, au Bureau politique (BP), son intention de démissionner comme Deputy Prime Minister pour siéger comme simple ‘backbencher’ du gouvernement. Mais cette fois, contrairement aux précédents épisodes, personne ne semble s’être mobilisé pour le retenir. 

Lundi, lors du BP du MMM, Paul Bérenger a annoncé son intention de quitter son poste de Deputy Prime Minister pour aller siéger comme simple backbencher du gouvernement. Sauf retournement, cette décision devrait intervenir après la fête nationale du 12-Mars et le départ du Chief Guest, le Président des Seychelles. Voire la semaine prochaine.

Mais plus que l’annonce elle-même, c’est la réaction — ou plutôt l’absence de réaction — qui retient l’attention. Selon les indications recueillies, la réunion du BP s’est déroulée dans un silence total. Personne n’aurait pris la parole pour tenter de convaincre le leader du MMM de revenir sur sa décision. Ce silence tranche avec les épisodes précédents, où des efforts avaient été déployés pour éviter une rupture. Cette fois, l’atmosphère semble avoir changé.

Le ras-le-bol gagne du terrain

En interne, plusieurs dirigeants du MMM interprètent cette absence de réaction comme le signe d’un profond ras-le-bol.

Après plusieurs épisodes similaires, certains ne cacheraient plus leur fatigue face à une crise qui revient de manière répétitive. Le raisonnement, chez certains dirigeants, est simple : pourquoi tenter encore de convaincre Paul Bérenger de rester, si la même situation risque de se reproduire dans quelques mois ? 

Ce sentiment de lassitude ne serait pas limité au seul MMM. Du côté travailliste également, l’usure semble gagner du terrain. Et cette fois, un fait interpelle : Navin Ramgoolam n’aurait pas cherché à jouer le médiateur comme cela avait pu être le cas lors des épisodes précédents. Tout de même, dans son discours pour la Fête nationale, le Premier ministre a lancé un message clair à son partenaire : « Se pa le moman pou nou divize. »

Autrement dit, Paul Bérenger semble désormais se retrouver seul face à sa décision. Soit il la met à exécution, soit il trouve une formule politique pour la repousser à nouveau.

La vraie question : qui suivra Paul Bérenger ?

Si Paul Bérenger passe à l’acte, la question centrale sera immédiate : combien de parlementaires mauves le suivront sur les bancs arrière du gouvernement ? C’est là que se joue l’essentiel. Car au-delà du geste personnel du leader du MMM, c’est sa capacité réelle à entraîner son camp qui sera testée.

Or, selon les recoupements effectués, tous ceux qui auraient pu être tentés de l’accompagner ne seraient plus aujourd’hui sur la même ligne. Un haut dirigeant qui devait, selon certaines indications, lui emboîter le pas aurait finalement rétropédalé. Bien qu’il puisse théoriquement devenir leader de l’opposition si le MMM quittait le gouvernement, il a envoyé des SMS à des dirigeants travaillistes leur annonçant qu’il ne suivra pas Paul Bérenger. Surtout que son régional veut qu’il reste au gouvernement.

Tout laisse croire que Paul Bérenger pourrait en revanche compter sur le soutien de sa fille, Joanna, ainsi que d’une partie de l’aile jeune du MMM, très alignée derrière elle. Et de deux députés – un élu à Port-Louis et l’autre dans une circonscription du Sud.

L’option d’un vote secret pour trancher

Face à cette impasse, certains dirigeants expérimentés envisageraient de réclamer un vote secret au sein du Comité central (CC) sur une question claire : le MMM doit-il rester au gouvernement ou en sortir ? Ce serait un moment politique majeur. Car un tel vote aurait le mérite de clarifier officiellement la position des membres du parti.

Si le CC tranche pour le maintien au gouvernement, la marge de manœuvre de Paul Bérenger se réduirait considérablement. Il pourrait alors apparaître isolé face à une majorité interne qui choisirait de rester dans l’Exécutif.

En revanche, si le CC vote pour le départ, la pression changerait immédiatement de camp. Les parlementaires mauves qui voudraient rester au gouvernement se retrouveraient alors dans une position extrêmement inconfortable.

Cette fois, la question n’est plus seulement de savoir si Paul Bérenger partira ou non. La vraie question est de savoir qui, autour de lui, est encore prêt à le suivre — et jusqu’où. Car derrière une possible démission du Deputy Prime Minister, c’est toute l’équation du MMM au pouvoir qui se retrouve brutalement posée.

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