Mort d’Andy Selmour à la prison de Melrose : une livraison de drogue aurait servi de mobile à l’agression
Par
Le Défi Quotidien
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Selon des détenus, un vol de drogue synthétique serait le mobile du meurtre. L’enquête pointe aussi des manquements graves et des retards de transfert hospitalier.
L’agression d’Andy Selmour à la prison de Melrose, qui a conduit à son décès, serait liée à une livraison présumée de drogue synthétique qu’il devait recevoir. C’est ce qu’a affirmé un détenu devant le Board of Inquiry institué pour faire toute la lumière sur ce drame survenu le 9 décembre dernier.
Les travaux de cette commission d’enquête, présidée par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen, se sont poursuivis avec l’audition de trois détenus ayant apporté de nouveaux éléments sur les circonstances de l’agression. Le président de la National Human Rights Commission, Satyajit Boolell, qui a présenté son rapport sur les incidents survenus à la prison de Melrose en juillet dernier, figurait parmi les témoins.
Les détenus entendus sont revenus en détail sur le déroulement de la journée du 9 décembre. L’un d’eux a expliqué qu’il se trouvait avec Andy Selmour peu avant l’agression. Selon son récit, le détenu Selmour venait de retourner dans l’Association Ward de l’unité Kestrel après avoir reçu la visite de ses proches. Il transportait alors plusieurs effets personnels rapportés à l’issue de cette visite.
C’est à ce moment qu’un premier agresseur serait arrivé pour le confronter. Celui-ci lui aurait reproché d’avoir répandu de fausses informations à son sujet au sein de la prison. Toutefois, selon les éléments évoqués lors de l’enquête, cette accusation aurait servi de prétexte pour déclencher une altercation. Les agresseurs soupçonnaient en réalité Andy Selmour d’être en possession de drogue synthétique dissimulée dans ses effets personnels et auraient tenté de s’en emparer.
L’agression aurait ensuite impliqué plusieurs détenus. Au total, quatre agresseurs seraient intervenus dans cette attaque qui a finalement conduit au décès du détenu Selmour.
Lors de son audition, Satyajit Boolell a également mis en avant un autre problème soulevé dans son rapport : le manque d’activités proposées aux détenus à la prison de Melrose. Selon lui, cette situation contribue à créer un climat de tension et d’oisiveté susceptible de favoriser les incidents en milieu carcéral.
L’audition des détenus s’est déroulée sous haute sécurité. Un important dispositif a été déployé avec la présence d’officiers de la prison et d’éléments de la Special Supporting Unit (SSU) chargés d’assurer l’escorte des témoins.
Un Deputy Commissioner of Prisons a également été entendu. Celui-ci avait mené une enquête interne à la suite de l’affaire et avait recommandé la suspension de trois hauts gradés de la prison. Il a notamment évoqué de graves manquements impliquant deux Assistant Superintendents de Prison. Selon ses conclusions, ces officiers auraient failli dans l’exercice de leurs fonctions, notamment en ne veillant pas à ce qu’Andy Selmour soit transféré à l’hôpital dans les délais nécessaires après son agression.
Shehzad Jaddoo