Publicité

Me Kailash Trilochun : «Gino ne se droguait pas»

Par Kendy Antoine
Publié le: 4 June 2026 à 10:29
Image
Me Kailash Trilochun, Ranjit Jokhoo et Murvind Beetun.
Me Kailash Trilochun et l’ex-inspecteur Ranjit Jokhoo sur le plateau de l’émission, animée par Murvind Beetun.
  • Il demande que les enquêteurs ne s’arrêtent pas aux aveux des suspects

Le meurtre de Gino Bodha, fils de l’ancien ministre Nando Bodha, continue de susciter de nombreuses interrogations près de trois semaines après les faits. Mais au-delà de l’enquête criminelle, une autre bataille se joue désormais : celle autour de l’image de la victime et du mobile du crime.

Invité de l’émission « Au Cœur de l’Info », animée par Murvind Beetun sur Radio Plus, mercredi 3 juin, Me Kailash Trilochun, avocat de la famille Bodha et oncle de Gino Bodha, a fermement rejeté les allégations liant son neveu à la drogue. Une version avancée depuis l’arrestation du principal suspect, Maël Rose, qui a évoqué un supposé différend autour de stupéfiants.

« Nous étions parfaitement au courant que Gino ne se droguait pas », a affirmé Me Trilochun sur les ondes. Selon lui, un rapport daté du 30 mai n’a révélé aucune trace de drogue dans l’organisme de la victime, venant ainsi contredire les soupçons relayés depuis plusieurs jours.

L’homme de loi a dressé le portrait d’un jeune homme passionné par la création artistique, diplômé de la Sorbonne et de l’École des beaux-arts, qui consacrait une grande partie de son temps libre aux jeux vidéo et aux compétitions de gaming. Il assure également que son neveu ne consommait ni alcool, ni cigarette et qu’aucun comportement laissant présager une dépendance n’avait été observé par ses proches.

La question financière a également été mise en avant pour fragiliser la version du suspect. Ce dernier aurait évoqué un différend portant sur une somme d’environ Rs 1 500 ou sur une affaire liée à la drogue. Pour Me Trilochun, cette explication ne tient pas. Selon lui, Gino Bodha disposait d’une situation financière stable grâce à son emploi. Vivant dans la maison familiale, sans charges importantes à assumer, il utilisait principalement ses économies pour ses loisirs. « Cela rend peu plausible l’hypothèse d’une implication dans des transactions illicites pour de faibles montants », estime l’avocat.

Version accablante

Revenant sur les circonstances du drame, Me Kailash Trilochun a également livré des détails qu’il dit avoir obtenus auprès des enquêteurs concernant les aveux du suspect. Une version qu’il juge particulièrement accablante et qui, selon lui, démontre une intention manifeste de tuer : « Sa dimounn-la, dapre version ki mo’nn lir, ek seki mo’nn gagne ek lapolis, selon misie Rose, zot inn lager, trangle li, Gino inn ‘collapse’. Li’nn verifie si li pe respire. Kan li kone ki Gino pankor mor, li tir lase dan so hood, li apiy so zenou li rise. Lerla so lame gagn dimal, lerla li pran premie kordon, li azoute ek apiye. »

Au-delà de la contestation du mobile lié à la drogue, l’avocat estime que plusieurs zones d’ombre subsistent dans cette affaire. Il appelle les enquêteurs à ne pas s’appuyer uniquement sur les aveux du principal suspect et à explorer toutes les pistes possibles.

Présent également sur le plateau, l’ancien inspecteur de la Major Crime Investigation Team, Ranjit Jokhoo, a estimé que les éléments connus jusqu’ici pointent vers un meurtre. Il a toutefois regretté les délais entourant certains rapports du Forensic Science Laboratory, estimant qu’ils alimentent les spéculations et prolongent la souffrance des proches.

Pour la famille Bodha, l’enjeu dépasse désormais le seul cadre judiciaire. Il s’agit aussi de rétablir l’image de Gino Bodha et d’écarter les accusations qui, selon ses proches, ne reposent sur aucun élément tangible.

Quelle est votre réaction ?
Publicité
À LA UNE