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L’ex-compagnon d’une femme lui fait du chantage avec des photos intimes

Par Reshad Toorab
Publié le: 30 May 2026 à 17:00
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C'est après la rupture que la situation a dégénéré.
C'est après la rupture que la situation a dégénéré.

Sonia L. (prénom modifié), 30 ans, vit dans une peur permanente, faisant l’objet d’un chantage émotionnel. Depuis plus d’un an, son ex-petit ami, un jeune homme de 22 ans, utilise des photos intimes d’elle pour la contrôler.

« Si to kit moi, mo pou mett to foto lor tou rezo social », lui aurait-il lancé à plusieurs reprises dans des messages qu’elle conserve comme preuves.

Sonia a rencontré le jeune homme il y a environ trois ans sur les réseaux sociaux. Ils ont eu des échanges réguliers, puis une relation amoureuse s’est installée progressivement. À l’époque, elle décrit un jeune homme attentionné, présent, presque rassurant.

Mais avec le temps, le visage de celui qu’elle aimait aurait radicalement changé. « Au début li ti paret normal, li ti donn mwa l’impression li enn dimounn bien. Me apre mo finn dekouver so vrai nature », confie-t-elle.

Elle a découvert un comportement de plus en plus contrôlant, des accès de colère, puis des violences psychologiques. Installée chez ses parents, Sonia dit qu’elle a tenté de mettre fin à la relation, sans succès.

Chantage

C’est après la rupture que la situation aurait basculé. Le jeune homme aurait menacé de diffuser des photos intimes conservées sur son téléphone.

« Li dir mwa si mo pa rest avek li, li pou detruir mwa. Li pou met tou lor Facebook, Instagram, partout », raconte-t-elle.
Sonia explique qu’elle vit désormais dans une angoisse constante, surveillant ses réseaux sociaux, redoutant chaque notification, chaque appel inconnu. Elle dit qu’elle a réduit ses sorties, craignant que son ex-compagnon ne se présente à son domicile, comme il a l’habitude de le faire.

« Li pa per pou vinn devan mo laport pou fer violence. Li dir si mo al lapolis, li pou expoze tou », ajoute-t-elle.

Un schéma planifié

Sonia a découvert qu’elle n’est pas la seule à qui son ex s’en prend. Selon elle, plusieurs femmes auraient été contactées par le même individu via les réseaux sociaux. Certaines lui auraient confié des expériences similaires : échanges privés, confiance installée, puis chantage à l’aide de contenus intimes.

Des messages qu’elle a pu consulter montreraient des échanges à caractère provocateur entre le jeune homme et d’autres femmes, parfois mariées, souvent vulnérables émotionnellement.

« Mo krwar li sible bann madam ki pli fragil ou ki krwar dan li fasilman », estime-t-elle.

Ces éléments restent cependant difficiles à vérifier de manière indépendante, mais ils renforcent chez Sonia le sentiment d’un schéma répétitif et organisé.

Violence destructrice

Les spécialistes du cyberharcèlement décrivent ce type de situation comme une forme de violence numérique particulièrement destructrice. La femme est piégée entre la peur de voir sa vie privée exposée et la crainte de représailles physiques ou sociales.

Sonia dit ne plus dormir correctement. Elle parle d’un stress permanent, d’une perte de confiance en elle et d’un isolement progressif. « Mo krwar mo pe viv dan enn prison », lâche-t-elle.

Elle a hésité à porter plainte, par peur que les menaces soient mises à exécution. Elle craint la réaction de son entourage et les conséquences d’une exposition publique de son intimité.

Appel à l’aide

Aujourd’hui, Sonia veut rompre le silence. Elle souhaite que son cas serve d’alerte pour d’autres femmes qui pourraient être dans des situations similaires. Pour elle, chaque jour est un combat. Derrière l’angoisse, une détermination commence à émerger.

« Mo pa pou donn li sa pouvwar la lor mwa pou toultan. Mo anvi ki la poliss et ministre de la femme ed mwa », dit-elle.


Revenge porn

Les cas de diffusion ou de menace de diffusion de photos intimes - « revenge porn » - connaissent une recrudescence avec l’usage massif des réseaux sociaux. Les victimes sont majoritairement des femmes.

Les experts recommandent de ne jamais céder au chantage, de conserver les preuves et de porter plainte.

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