Kanwar et tradition : le pèlerinage de Grand-Bassin à travers les yeux de Mukesh
Par
Marjoreland Pothiah
Par
Marjoreland Pothiah
À 66 ans, Mukesh Nuckcheddy célèbre Maha Shivaratri avec la même ferveur qu’à 9 ans, déterminé à perpétuer cette tradition toute sa vie. En marge des festivités, il révèle au Défi Quotidien les secrets de la fabrication des « kanwar » et le symbolisme profond de cette fête.
Le pèlerinage d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celui d’autrefois. Mukesh Nuckcheddy se souvient d’une époque bien différente : « Avant, les chemins n’étaient pas comme maintenant. Il fallait marcher à la lueur d’une torche. Aujourd’hui, tout est éclairé. Des stands de nourriture jalonnent le parcours et de nombreux dons sont offerts aux pèlerins. C’est un bon signe », confie-t-il.
Mukesh Nuckcheddy note aussi de profonds changements dans la fabrication des « kanwar ». « Avant, il fallait couper les bambous à la main. On allait en montagne à vélo pour les chercher, puis on récupérait les rafias à Calebasses », relate-t-il.
Aujourd’hui, les outils sont modernes et plusieurs étapes se font à la machine comme la découpe du tissu par exemple.
« Les facilités ont évolué, mais la prière, la foi, le cœur et l’amour restent les mêmes quand on monte les ‘kanwar’. C’est cela l’essentiel », précise-t-il.
La préparation commence bien avant la fête. Après la coupe des bambous en janvier, vient le carême, le 5 février. « On purifie le corps, on mange végétarien », explique Mukesh Nuckcheddy. Les fidèles se préparent physiquement et spirituellement.
Puis vient le grand départ en pèlerinage vers Grand-Bassin, en famille et avec les autres dévots. « On marche ensemble, en respectant tout le monde. Il y a une bonne équipe à Vallée Pitot, chacun coopère », souligne-t-il.
Pour Mukesh Nuckcheddy, Maha Shivaratri est l’une des plus grandes fêtes de la communauté hindoue. « C’est une fête qui rapproche les jeunes de leur culture. Elle leur apprend la discipline, comment bien vivre et faire de bonnes actions », conclut-il.