Journée mondiale contre la drogue : plus de Rs 1,13 milliard de produits illicites saisis en cinq mois
Par
Le Défi Quotidien
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• Les cannabinoïdes synthétiques s’imposent comme la principale menace
• Le rajeunissement des personnes impliquées préoccupe les autorités
Àl’occasion de la Journée mondiale contre la drogue, célébrée ce 26 juin, les autorités dressent un constat préoccupant de la situation à Maurice. Les saisies effectuées durant les cinq premiers mois de 2026 témoignent non seulement de l’ampleur persistante du trafic de stupéfiants, mais aussi de l’évolution d’un marché clandestin de plus en plus dominé par les drogues synthétiques. Autre sujet d’inquiétude : l’implication croissante de jeunes, parfois mineurs, dans les réseaux de revente.
Entre le 1er janvier et le 31 mai 2026, les différentes unités antidrogues ont saisi des substances illicites d’une valeur marchande totale estimée à plus de Rs 1,13 milliard. Derrière ce montant record se dessine une évolution préoccupante du marché clandestin, marquée par l’essor des drogues synthétiques et l’adaptation constante des réseaux criminels.
Les cannabinoïdes synthétiques apparaissent comme la principale menace. Sous leurs différentes formes – poudre, liquide, doses prêtes à la consommation ou encore papiers imprégnés –, ils représentent à eux seuls plus de Rs 500 millions de drogues saisies. Les seules saisies de cannabinoïdes synthétiques sous forme pure totalisent plus de 31 kilogrammes, pour une valeur marchande estimée à près de Rs 469 millions.
Les drogues « traditionnelles » demeurent toutefois très présentes. Plus de 97 kg de cannabis, 33,6 kg de haschisch, 6,3 kg d’héroïne et 6,1 kg de cocaïne ont été interceptés durant les cinq premiers mois de l’année. Les autorités ont également saisi plus de 8 100 plants de cannabis et près de 25 000 graines destinées à la culture.
Ces chiffres témoignent de l’intensification des opérations policières, mais également de la sophistication croissante des filières de trafic. Les trafiquants misent de plus en plus sur des substances à forte valeur ajoutée, notamment les drogues synthétiques, qui sont plus faciles à dissimuler et à distribuer.
Les récentes opérations de l’Anti Drug & Smuggling Unit (ADSU) illustrent également un phénomène inquiétant : le rajeunissement des personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants.
Le lundi 22 juin, cinq jeunes âgés de 17 à 20 ans ont été arrêtés lors de plusieurs interventions coordonnées dans le Nord et le Sud de l’île. À Rivière-du-Rempart, un adolescent de 17 ans a été intercepté avec 57 morceaux de papier imbibés de cannabinoïdes synthétiques. Une somme de Rs 1 900, soupçonnée de provenir de la revente de drogue, a également été saisie.
Dans le Sud, trois autres jeunes âgés de 17 à 20 ans ont été arrêtés à Mahébourg et à Nouvelle-France avec différentes quantités de cannabis dissimulées dans des sachets plastiques. À Rose-Belle, un jeune de 18 ans a été placé en détention après la découverte de 157 doses d’héroïne soigneusement emballées. Les enquêteurs ont également saisi Rs 7 975 soupçonnées de provenir du trafic de drogue.
Pour les autorités, ces affaires démontrent que les réseaux criminels ciblent de plus en plus les jeunes, à la fois comme consommateurs et comme revendeurs. La combinaison de nouvelles drogues synthétiques, faciles à dissimuler et à distribuer, et d’une implication croissante de mineurs et de jeunes adultes constitue aujourd’hui l’un des principaux défis de la lutte antidrogue à Maurice.
• Valeur totale des drogues saisies : Rs 1,139 milliard
• 31,2 kg de cannabinoïdes synthétiques purs saisis (Rs 468,9 millions)
• 97,4 kg de cannabis saisis
• 8 102 plants de cannabis déracinés
• 33,6 kg de haschisch interceptés
• 6,3 kg d’héroïne saisis
• 6,1 kg de cocaïne saisis
• 2 288 papiers imbibés de cannabinoïdes synthétiques interceptés
• Les cannabinoïdes synthétiques représentent près de 44 % de la valeur totale des saisies
• Cinq jeunes âgés de 17 à 20 ans arrêtés lors d’une récente opération de l’ADSU
Face à l’envahissement de la drogue aux quatre coins de l’île, l’ADSU maintient sa présence en traquant les personnes impliquées dans ce trafic. L’Assistant-Surintendant de Police (ASP) Roland Dabeesing, responsable de la zone portuaire, précise que la brigade antidrogue a défini des stratégies pour repérer, coffrer et mettre hors d’état de nuire les trafiquants de drogue à travers des opérations ciblées de répression.
« Depuis le début de l’année, on essaie de remonter à la source vers des trafiquants de drogue. Nos limiers sur le terrain mettent les bouchées doubles pour stopper la vente de stupéfiants. Nous avons des cibles bien précises. Le public aura écho des résultats, car nous nous concentrons sur des opérations ciblées », fait ressortir Roland Dabeesing au Défi Quotidien, soulignant l’important travail mené sur le terrain avec de nombreuses arrestations effectuées quotidiennement.
Il assure que les caïds et autres dealers seront identifiés et appréhendés à travers le pays grâce à l’offensive des différentes unités de la brigade antidrogue. « Tôt ou tard, vous serez coffrés par l’ADSU, même si vous disposez de grands moyens. Il n’y a aucun crime impuni. L’ADSU est aussi à l’ère de la technologie. Nous disposons des moyens et des équipements adéquats et nous bénéficierons de moyens additionnels pour réduire les drogues au maximum. »
Sur le terrain, le haut gradé affirme que l’ADSU se retrouve face à un défi de taille avec l’émergence de nouveaux profils parmi les personnes impliquées dans le trafic de stupéfiants. « Depuis le début de cette année, nous avons noté une féminisation et un rajeunissement de ceux impliqués dans le business des stupéfiants avec l’implication d’adolescents qui s’adonnent à la vente de drogue. C’est un défi majeur qui est alarmant », constate Roland Dabeesing, ajoutant que le combat est mené sans relâche contre tous les types de trafiquants.