Joanna Bérenger : «Dan enn pei ki finn konn kolonialism, lesklavaz, lengazism, kouma pe tret bann travayer etranze ?»
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Le Défi Quotidien
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Au cœur de la polémique l’opposant depuis mardi au ministre du Travail, Reza Uteem, la députée Joanna Bérenger maintient qu’elle n’a jamais cherché à attaquer la famille du ministre. Intervenant par téléphone dans l’émission « Au Cœur de l’Info, animée mercredi par Jane Lutchmaya, avec la participation de Jean-Luc Mootoosamy et Nita Deerpalsing, la députée est revenue sur les circonstances ayant conduit au clash à l’Assemblée nationale.
Dès le début de son intervention, Joanna Bérenger a rejeté toute idée de règlement de comptes politique. Répondant aux questions du journaliste Jean-Luc Mootoosamy, elle a insisté sur le fait que sa Parliamentary Question portait avant tout sur le cas d’une employée bangladaise présumée en fuite de son lieu de travail. « À aucun moment, je n’ai attaqué sa mère. Ma question était sur le cas d’une Bangladaise qui s’est enfuie de son lieu de travail. Ces personnes ont des droits humains et sans oublier que ce cas précis avait été repris par l’ambassade du Bangladesh avec une récompense de Rs 100 000 », a-t-elle déclaré.
Selon la députée, cette affaire illustre surtout les difficultés auxquelles font face certains travailleurs étrangers à Maurice. Interrogée par Jane Lutchmaya sur le fait de savoir si elle était consciente que cette affaire concernait la mère de Reza Uteem, Joanna Bérenger a tenu à clarifier qu’elle travaille depuis longtemps sur les questions liées aux travailleurs migrants. « Mo pann vinn dan Lasanble pou koz so mama ou so papa. Je suis revenue trois fois sur ma question et je n’ai pas eu de réponse. C’est lorsque j’ai parlé des droits de mouvement des travailleurs étrangers que les choses ont dérapé », a-t-elle soutenu.
La députée affirme également avoir posé sa question « dans la généralité », sans cibler directement la famille du ministre. Elle regrette d’ailleurs que le débat ait pris une tournure aussi personnelle et émotionnelle. « Le ministre aurait pu répondre dans la généralité et envoyer un signal clair aux recruteurs et aux employeurs. Mais cela n’a pas été le cas. J’ai eu des informations dans le domaine public selon lesquelles cette dame se serait enfuie de chez son employeur par une benne à ordures. Tout cela démontre les traitements qu’elle aurait subis », affirme Joanna Bérenger.
Cette dernière soutient enfin qu’elle ne fait que son travail de parlementaire en cherchant à obtenir davantage de transparence sur certains dossiers sensibles. .
Au lendemain des excuses publiques de Reza Uteem, Joanna Bérenger a réagi à travers une publication sur les réseaux sociaux. La députée de l’opposition affirme prendre note des regrets exprimés par le ministre concernant l’utilisation du terme « colon » lors de leur échange à l’Assemblée nationale.
Toutefois, Joanna Bérenger estime que le débat principal ne doit pas se limiter à cette polémique verbale. Dans son message, elle appelle à recentrer l’attention sur le cas de l’employée bangladaise portée manquante, affirmant que la vie de cette dernière pourrait être en danger. Elle rappelle qu’une récompense de Rs 100 000 a été offerte pour retrouver l’étrangère dont la photo circule depuis plusieurs semaines.
La députée soulève aussi des interrogations sur le traitement réservé aux travailleurs migrants à Maurice. « Dan enn pei ki finn konn kolonialism, lesklavaz, lengazism, couma pe tret bann travayer etranze ? » écrit-elle, tout en appelant à davantage de réflexion sur les conditions de vie de ces employés étrangers.