Guerre au Moyen-Orient : le spectre d’une flambée des prix plane sur le secteur automobile
Par
Christina Vilbrin
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Christina Vilbrin
Très dépendant des importations, le secteur automobile pourrait subir une nouvelle envolée des prix des véhicules et des pièces détachées en cas d’aggravation du conflit au Moyen-Orient, prévient CareEdge Ratings, dans son dernier rapport « Industry Pulse : Automotive Industry » publié ce mois-ci.
Le parc automobile du pays comprend 756 673 véhicules en avril 2026. Entre janvier et avril 2026, les immatriculations de véhicules neufs ont enregistré une moyenne mensuelle d’environ 1 107 unités. Toutefois, ces volumes restent inférieurs aux niveaux exceptionnellement élevés observés au premier semestre 2025. Un ralentissement dû aux mesures adoptées dans le Budget 2025-2026.
Le marché automobile continue d’être largement dominé par les véhicules neufs. En 2024, 2025 ainsi qu’au cours des quatre premiers mois de 2026, ceux-ci ont représenté entre 63 % et 78 % des immatriculations mensuelles totales. A contrario, le segment des véhicules d’occasion dispose d’une part de marché variant entre 22 % et 37 %.
Le Japon demeure le principal fournisseur automobile de Maurice, représentant 27 % des importations totales de véhicules, soit environ 130 millions de dollars en 2025. L’Allemagne et l’Inde occupent respectivement les deuxième et troisième places avec des parts de marché de 22 % et 17 %. La Chine poursuit, quant à elle, sa progression et représente désormais 13 % des importations automobiles du pays.
Concernant les pièces automobiles, la Chine est devenue le principal fournisseur de Maurice, avec environ 11 millions de dollars d’exportations en 2025, représentant près de 35 % du marché. Le Japon occupe la deuxième position avec environ 8 millions de dollars d’exportations, soit une part de marché estimée à 27 %.
À moyen terme, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient constituent un risque majeur pour le secteur automobile. Maurice dépend fortement des importations de véhicules, de pièces détachées et de carburants. Une aggravation des conflits pourrait provoquer : une hausse des prix mondiaux du pétrole, une augmentation des coûts de transport maritime et des perturbations des chaînes logistiques internationales. « Ces facteurs exerceraient une pression supplémentaire sur les prix des véhicules et les coûts d’exploitation au sein du marché domestique », fait ressortir CareEdge Ratings.
Dans ce contexte, poursuit CareEdge Ratings, la transition vers des solutions de mobilité plus économes en carburant devrait s’accélérer. « La hausse durable des prix du carburant favorise déjà l’intérêt des consommateurs pour les véhicules hybrides et électriques, notamment les modèles chinois, souvent plus abordables. Toutefois, plusieurs facteurs devraient freiner le rythme de croissance du marché à court terme : hausse des prix des véhicules ; coûts de financement plus élevés ; et réduction des avantages fiscaux pour les véhicules hybrides et électriques », explique CareEdge Ratings.
Autre conséquence : pour les banques et sociétés de leasing, cette évolution pourrait temporairement modérer la croissance du financement automobile. « En parallèle, la transition vers la mobilité électrique ouvre de nouvelles opportunités de financement et d’investissement pour l’ensemble de l’écosystème automobile », conclut-il.