Groenland : Trump exclut l'usage de la force mais exige des négociations immédiates
Par
Defimedia.info
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Donald Trump a exclu pour la première fois mercredi à Davos d'utiliser la force pour mettre la main sur le Groenland, mais a exigé des "négociations immédiates" sur son acquisition par les Etats-Unis, tout en réglant ses comptes avec plusieurs dirigeants occidentaux.
"Les gens pensaient que j'utiliserais la force. Je n'ai pas besoin d'utiliser la force. Je ne veux pas utiliser la force. Je n'utiliserai pas la force", a-t-il déclaré au sujet du territoire autonome appartenant au Danemark, lors d'un discours à la tribune du Forum économique mondial réuni cette semaine dans la station huppée des Alpes suisses.
Il réclame néanmoins des "négociations immédiates afin de discuter à nouveau de l'acquisition du Groenland par les États-Unis", réaffirmant que seuls les Etats-Unis sont en mesure d'en assurer la sécurité.
"Nous sommes une grande puissance, beaucoup plus grande que ce que les gens comprennent. Je pense qu'ils l'ont découvert il y a deux semaines au Venezuela", a-t-il fait valoir.
Depuis Copenhague, le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen a jugé "positif" l'engagement de non recours à la force. Mais "ce qui ressort clairement de ce discours, c'est que l'ambition du président reste intacte".
Le gouvernement groenlandais a présenté de son côté une nouvelle brochure fournissant des conseils à la population en cas de "crise" sur le territoire, le qualifiant de "police d'assurance".
"Je pense que la situation va être calme", a dit à l'AFP après le discours le président nationaliste polonais Karol Nawrocki, parlant d'un discours "très important" et disant "comprendre la position" de Washington vu la pression russe aux frontières de l'UE.
- "Morceau de glace" -
Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a lui trouvé le discours "insignifiant", estimant que c'était la fermeté des Européens et la réaction négative des marchés financiers qui avait quelque peu fait fléchir Donald Trump. "Il exploite la faiblesse. Et hier (mardi), c'est de la fermeté qui a été exprimée."
Wall Street, qui avait nettement baissé mardi, a rebondi après le discours.
"Nous voulons un morceau de glace pour protéger le monde, et ils refusent de nous le donner", a encore commenté Donald Trump. "Ils ont donc le choix," a-t-il poursuivi. "Ils peuvent dire +oui+, et nous leur en serons très reconnaissants. Ou ils peuvent dire +non+, et nous nous en souviendrons", a-t-il poursuivi sur un ton peu amène.
L'ancien promoteur immobilier, qui depuis son retour au pouvoir il y a un an a complètement bouleversé l'ordre mondial, a aussi profité de sa tribune à Davos pour tacler plusieurs pays et dirigeants occidentaux.
Au Danemark, qui refuse de lui céder ce territoire qu'il a confondu plusieurs fois dans son discours avec l'Islande, il a reproché de faire preuve d'"ingratitude".
Le Canada? Il "existe grâce aux Etats-Unis" et "devrait nous être reconnaissant", a-t-il lancé à l'intention de son Premier ministre Mark Carney, qui s'efforce de réduire la dépendance de son pays vis-à-vis de Washington depuis que Donald Trump a appelé à faire du Canada le 51e Etat américain et qui a été ovationné pour son discours à Davos mardi.
- "Dur à cuire" -
Donald Trump a aussi ironisé sur la prestation du président français Emmanuel Macron, qui avait mis en garde mardi à Davos contre les tentatives américaines "inacceptables" de "subordonner l'Europe".
"Je l'ai vu jouer le dur à cuire" avec "ces belles lunettes de soleil" (portées en raison d'un problème oculaire NDLR), s'est-il moqué.
Dans l'auditorium de 1.300 places, le discours a provoqué quelques rires, parfois nerveux voire gênés.
Donald Trump, qui affectionne les rassemblements de grosses fortunes et de personnalités influentes, était très attendu au Forum de Davos, où il revient pour la première fois depuis 2020, pendant son premier mandat.
Les participants avaient commencé à faire la queue plus de deux heures à l'avance et ont dû jouer des coudes. L'affluence était telle qu'il a fallu ouvrir quatre salles de retransmission. Certains sont quand même restés dans le couloir.
Donald Trump reste jusqu'à jeudi à Davos, où il a prévu plusieurs réunions bilatérales.
Il a notamment annoncé une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, parlant d'abord de mercredi. Ce dernier "est actuellement à Kiev", a démenti la présidence ukrainienne. Donald Trump a ensuite évoqué une rencontre jeudi.
Il fera aussi ce jour-là la promotion d'une autre initiative diplomatique fracassante: son "Conseil de la paix", considéré par beaucoup comme un rival de l'Onu.
AFP