Groenland: Trump attendu à Davos pour un face-à-face avec les Européens
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Defimedia.info
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Le président américain Donald Trump est attendu à Davos mercredi pour un face-à-face électrique avec les dirigeants européens, alors que sa volonté d'annexer le Groenland menace de faire éclater l'alliance transatlantique.
M. Trump devrait rejoindre la très chic station des Alpes suisses avec "environ trois heures de retard" sur l'horaire initial, selon son ministre des Finances Scott Bessent.
Parti de Washington en soirée, le dirigeant américain a dû faire demi-tour en vol à la suite d'un problème à bord d'Air Force One et repartir à bord d'un autre appareil peu après minuit (05H00 GMT).
Avant son départ pour le Forum économique mondial, M. Trump a raillé les Européens avec virulence au sujet du Groenland, vaste île danoise autonome qu'il convoite.
- "Inspirez profondément" -
Interrogé sur les extrémités jusqu'auxquelles il était prêt à aller pour en prendre le contrôle aux dépens du Danemark, membre de l'Otan, il répondu: "Vous verrez bien".
"L'Amérique sera bien représentée à Davos - par moi", a-t-il ensuite déclaré sur son réseau Truth Social.
Il a toutefois confié avant son départ n'avoir "aucune idée" de la façon dont son voyage allait se dérouler.
Donald Trump participe au Forum pour la première fois depuis 2020. Son discours est prévu à 14H30 (13H30 GMT) selon le programme initial. Il entend par ailleurs tenir plusieurs réunions sur le Groenland.
Le président américain insiste sur le fait que le Groenland, terre riche en minéraux, est vital pour la sécurité des Etats-Unis et de l'Otan face à la Russie et à la Chine, alors que la fonte des glaces dans l'Arctique ouvre de nouvelles routes et que les superpuissances rivalisent pour obtenir des avantages stratégiques.
Il a accentué la pression en menaçant d'imposer de nouveaux droits de douane allant jusqu'à 25 % à huit pays européens pour leur soutien au Danemark, ce qui a incité l'Europe à menacer les Etats-Unis de représailles.
Les États-Unis "se comportent très bizarrement pour des alliés", a déploré mercredi la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, appelant l'UE à "l'unité et la détermination".
La France a demandé un "exercice de l'Otan au Groenland" et est "prête à y contribuer", a annoncé l'Elysée.
"Inspirez profondément. N’ayez pas ce réflexe de colère", a rétorqué Scott Bessent, en invitant les Européens à écouter les arguments de Donald Trump.
- ""Assez de politesses" -
A Davos mardi, Emmanuel Macron a mis en garde contre les tentatives américaines de "subordonner l'Europe" et a qualifié d'"inacceptables" les menaces américaines. L'Union européenne a promis une réponse "inflexible".
Le président français a été la cible des moqueries de son homologue américain, qui a révélé publiquement un SMS proposant un sommet du G7 à Paris jeudi, consacré au Groenland et à l'Ukraine, une proposition restée lettre-morte.
Donald Trump a ensuite déclaré qu'il ne participerait à aucune réunion de ce type, tandis que M. Macron a précisé à l'AFP qu'aucune rencontre n'était, de fait, prévue.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a quant à elle averti que Donald Trump risquait de plonger les relations des Etats-Unis avec l'UE dans une spirale négative.
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, qui s'efforce de réduire la dépendance de son pays vis-à-vis de Washington depuis que Donald Trump a appelé à faire du Canada le 51e Etat américain, a reçu une ovation pour sa position.
"Le Canada soutient fermement le Groenland et le Danemark", a lancé M. Carney au Forum.
"Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si nous ne sommes pas à la table (des discussions), nous sommes au menu", a-t-il ajouté.
Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom a exhorté les Européens à "s'affirmer" sur le sujet du Groenland face à Donald Trump.
"Il est passé maître dans l'art d'exploiter les faiblesses, mais il recule lorsqu'on le frappe au visage", a-t-il dit. "On ne peut pas ménager la chèvre et le chou. Assez de politesses", a-t-il ajouté: "Arrêtez de chercher à l'apaiser. Combattez le feu par le feu".
- "La fin de l'Otan" -
Donald Trump souhaite selon la Maison Blanche se concentrer dans son discours à Davos sur l'économie américaine, confrontée à une hausse du coût de la vie qui menace le Parti républicain alors qu'approchent les élections de mi-mandat de novembre.
Mais le Groenland sera immanquablement évoqué.
Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik Nielsen, a appelé mardi ses 57.000 concitoyens à se préparer à une éventuelle intervention militaire.
Le président lituanien, Gitanas Nauseda, a souligné que toute action de ce type des Etats-Unis contre un allié "signifierait la fin de l'Otan".
Jeudi, Donald Trump devrait annoncer la première charte de son "Conseil de paix", un organe de résolution des conflits internationaux concurrent des Nations unies.
L'invitation lancée au président russe Vladimir Poutine a suscité une vive inquiétude parmi les alliés de l'Ukraine, après près de quatre ans de guerre provoquée par Moscou.
AFP