«Dieu est très fier de mon boulot» : Trump marque un an de mandat
Par
Defimedia.info
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Donald Trump a marqué mardi un an depuis son retour au pouvoir par un long discours décousu, lors duquel il a surtout déploré que son bilan ne soit pas reconnu à sa juste valeur.
Le président américain, parlant d'une voix souvent étouffée et sans excès d'enthousiasme, s'est tenu pendant environ une heure et quarante-cinq minutes - dont une heure vingt de monologue - devant une salle de briefing comble à la Maison Blanche.
"Je pense que Dieu est très fier de mon boulot", a-t-il lancé en réponse à une question.
Pour le reste, son allocution a surtout été une liste de ses récriminations et attaques les plus courantes.
Pas d'annonce fracassante ni de déclaration marquante du républicain de 79 ans, qui depuis un an impose sa volonté à l'Amérique et secoue le monde sans rencontrer de réelle résistance, que ce soit de la part de pays étrangers, d'opposants politiques ou de son propre entourage, comme c'était arrivé pendant son premier mandat (2017-2021).
"Mon équipe ne me rabroue pas souvent", a commenté le président républicain.
"Je n'aime pas faire ça, pour être honnête avec vous. Je le fais parce qu'il faut faire passer le message", a dit Donald Trump aux journalistes.
Il est attendu mercredi à Davos où ses alliés européens retiennent leur souffle , redoutant une nouvelle escalade de la crise diplomatique autour du Groenland.
"Pas dans la réalité"
L'ancien promoteur immobilier a déploré que la presse ne rende pas davantage compte d'un bilan économique qu'il juge très positif, y compris sur le coût de la vie, préoccupation principale des électeurs.
"Nous les avons fait baisser considérablement", a-t-il dit à propos des prix, "ajoutant: "Je ne comprends pas... Peut-être que mes chargés de relations publiques ne sont pas très bons, mais nous n'arrivons pas à faire passer le message".
Assise sur le côté, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, est restée de marbre.
"Il ne vit clairement pas dans la réalité", a réagi sur X Katherine Clark, l'une des meneuses du Parti démocrate à la Chambre des représentants.
"Trump veut diriger en roi. (...) Au fur et à mesure qu'il avance, il est de plus en plus fou et impopulaire", a jugé pour sa part le patron des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, dans un communiqué marquant un an depuis l'investiture.
L'opposition espère ravir le Congrès, où elle est jusqu'ici minoritaire, lors des élections de mi-mandat de l'automne, en s'appuyant sur le mécontentement des Américains, manifeste dans les sondages.
Dans une récente enquête d'opinion CBS/YouGov, 74% des personnes interrogées jugent que le président n'en fait pas assez sur les prix, et 53% pensent qu'il consacre trop de temps à la politique étrangère.
Hells Angels
Reprenant une autre complainte récurrente, le président républicain a une nouvelle fois déploré ne pas avoir gagné le prix Nobel de la paix, répétant que selon lui, "la Norvège contrôlait" le choix des lauréats, qui est pourtant l'oeuvre d'un comité indépendant.
Donald Trump avait entamé son allocution en montrant des photos d'"assassins déséquilibrés" arrêtés selon lui par la police de l'immigration (ICE) et expulsés des Etats-Unis, notamment dans le Minnesota, théâtre de manifestations contre la politique du gouvernement en matière d'immigration.
Commentant la mort de Renée Good, une Américaine tuée à Minneapolis par un agent de la police de l’immigration, il a déclaré: "J'ai trouvé cela terrible."
"Son père en particulier était - j'espère qu'il l'est toujours, mais je ne sais pas - un grand partisan de Trump", a ensuite noté le milliardaire.
Sautant d'un sujet à l'autre, se répétant souvent, mais sans déployer l'énergie qu'il a pu montrer pendant ses meetings de campagne, le plus vieux président jamais élu aux Etats-Unis s'est aussi vanté d'avoir le soutien du plus célèbre gang de motards au monde.
"J'aime bien les Hells Angels. Ils ont voté pour moi. Ils m'ont protégé", a-t-il lancé, à propos de ce groupe, considéré par le ministère de la Justice américain comme une "organisation criminelle".
AFP