Des dirigeants caribéens appellent à la « désescalade et au dialogue » face à l’embargo pétrolier américain contre Cuba
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Defimedia.info
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Le sommet de quatre jours de la Caricom a été dominé par les débats sur les interventions américaines dans la région, alors que se poursuivent des frappes militaires contre des embarcations soupçonnées de trafic de drogue. C’est ce que rapporte The Guardian sur son site web, mercredi 25 février.
Les interventions américaines ont largement dominé les discours lors d’un sommet réunissant 15 nations des Caraïbes et des Amériques mardi, dans un contexte marqué par des frappes militaires meurtrières contre des embarcations soupçonnées de trafic de drogue et par un embargo pétrolier imposé à Cuba.
À l’ouverture du sommet de quatre jours de la Caricom à Saint-Christophe-et-Niévès, les dirigeants du bloc régional ont appelé à une collaboration stratégique afin de faire face aux répercussions des récentes politiques américaines.
Le Premier ministre jamaïcain et président sortant de la Caricom, Andrew Holness, a déclaré soutenir « un dialogue constructif entre Cuba et les États-Unis visant la désescalade, la réforme et la stabilité ». « Nous devons aborder la situation à Cuba avec clarté et courage », a-t-il affirmé. « Cuba est notre voisin caribéen. Ses médecins et ses enseignants ont servi dans toute notre région. »
Il a ajouté que les Cubains font face à « de graves difficultés économiques, à des pénuries d’énergie et à une pression humanitaire croissante », une situation susceptible d’avoir des répercussions dans l’ensemble de la région. « Une crise prolongée à Cuba ne restera pas confinée à Cuba », a-t-il prévenu. « Elle affectera les flux migratoires, la sécurité et la stabilité économique dans tout le bassin caribéen. »
Lundi, le coordinateur résident de l’ONU à Cuba, Francisco Pichón, a déclaré à l’Associated Press que l’embargo pétrolier américain empêche l’acheminement de l’aide vers les populations qui peinent encore à se relever de l’ouragan Melissa, qui a frappé l’est de Cuba fin octobre en catégorie 3.
Selon lui, le blocus énergétique et les pénuries de carburant « affectent toute la chaîne logistique nécessaire pour travailler à Cuba actuellement, partout dans le pays ».
Le nouveau président de la Caricom et Premier ministre de Saint-Christophe-et-Niévès, Terrance Drew, a lui aussi lancé un appel en faveur d’un soutien humanitaire aux Cubains. « J’ai étudié à Cuba. J’y ai vécu sept ans. J’y ai des amis, des proches. Ils me parlent de leurs difficultés. La nourriture est devenue extrêmement rare pour certains. L’accès à l’eau est compliqué. Les rues sont envahies par les déchets. Des maisons sont privées d’électricité », a-t-il déclaré, estimant que la Caricom devrait servir de canal pour un dialogue constructif sur la question.
Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, doit rencontrer les dirigeants caribéens mercredi en marge du sommet.
Au cours de l’année écoulée, les États-Unis ont cherché à imposer une série de politiques strictes dans la région. Alors que les appels se multiplient pour préserver les Caraïbes comme zone de paix, l’administration Trump a fait pression sur les États de la région pour qu’ils rejettent les missions médicales cubaines, refroidissent leurs relations avec la Chine et envisagent d’accueillir du matériel militaire américain sur leur territoire.
La visite de Marco Rubio intervient plus d’un mois après une opération américaine au Venezuela, au cours de laquelle le dirigeant de l’époque, Nicolás Maduro, a été arrêté. Il plaide non coupable des accusations de collaboration avec des cartels de drogue afin de faciliter l’acheminement de milliers de tonnes de cocaïne vers les États-Unis.
Depuis début septembre, les États-Unis ont également mené des frappes visant des embarcations suspectées de transporter des « narco-terroristes », faisant au moins 151 morts. De nombreuses victimes sont originaires des Caraïbes.
La dernière frappe, survenue lundi en mer des Caraïbes, a fait trois morts.
Washington n’a pas fourni de preuves attestant que les bateaux ciblés transportaient des stupéfiants, tandis que les familles des victimes dans la région ont dénoncé ces attaques.