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Démission de Paul Bérenger comme Premier ministre adjoint - Avinaash Munohur : «La situation actuelle ressemble beaucoup à celle de 1993»

Par Patrick Hilbert
Publié le: 21 mars 2026 à 15:45
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La démission de Paul Bérenger de son poste de Premier ministre adjoint relève d’une « suite logique des choses », selon le politologue et consultant en stratégies politiques, Avinaash Munohur. Ce dernier estime que « la position de Paul Bérenger était devenue intenable au gouvernement au regard de ses prises de position ».

Il ajoute qu’« il était également clair que la rupture avait eu lieu depuis un moment déjà avec Navin Ramgoolam, même s’ils sont restés – selon leurs dires – en très bons termes ». Pour lui, cette démission marque davantage l’aboutissement d’un processus politique que d’un événement soudain.

Le politologue insiste par ailleurs sur la portée institutionnelle de cette décision : « Paul Bérenger a soumis sa démission comme Vice Premier ministre, pas en tant que membre de la majorité gouvernementale ». Dans cette perspective, l’attention se tourne vers la réunion du bureau politique (BP) du MMM prévue lundi. « Le MMM tiendra un BP très important lundi où les départs de Paul et du MMM du gouvernement seront sans doute discutés », souligne-t-il. Selon lui, il faut attendre l’issu de cette réunion pour connaître sa position.

Dans le même temps, Avinaash Munohur rappelle que « Paul Bérenger a fait monter la mayonnaise depuis plusieurs mois », notamment « en laissant entendre que des forces occultes et des gangs opéraient au cœur même du gouvernement ». Une situation qui, selon lui, appelle désormais des clarifications. « Il doit maintenant parler », affirme-t-il.

Selon lui, deux options se dessinent : « Soit il restera comme un back-bencher, en solidarité avec les élus du gouvernement qui souhaitent rester afin de continuer le travail pour les Militants, soit il se désolidarisera d’eux et ira dans l’opposition ». Dans les deux cas, « il aura toute la liberté de poser des questions embarrassantes, voire très embarrassantes, au gouvernement et au PM ».

Le politologue ajoute : « Dans les deux cas de figure, Paul Bérenger se concentrera sur ce qu’il fait de mieux à partir de maintenant : user le gouvernement petit à petit et se concentrer sur la réorganisation du MMM ». Il anticipe ainsi des évolutions rapides au sein du parti : « On devine que les choses vont évoluer assez rapidement au sein du MMM », avec la volonté pour Paul Bérenger de « reprendre la main sur le bureau politique et le comité central (CC) afin de préparer ce qu’il appellera le renouveau ».

Avinaash Munohur établit un parallèle historique : « La situation actuelle ressemble beaucoup à celle de 1993 », rappelant qu’à l’époque, Paul Bérenger « avait été viré du BP avant que le comité central n’annule cette décision pour le réintégrer. S’il est en minorité sur le Bureau Politique et sur le CC, alors il convoquera rapidement l’Assemblée des Délégués, où il conserve sans doute toujours une large majorité », tout en reprenant la formule prudente de l’intéressé : « Comme il le dit lui-même, nous allons verrons ! »

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