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Cinq problèmes que la guerre avec l’Iran pourrait résoudre pour Benjamin Netanyahu

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 20 mars 2026 à 15:05
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20.03.26

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est parvenu là où de nombreux dirigeants israéliens avant lui avaient échoué : convaincre les États-Unis de se joindre à Israël pour mener des frappes ouvertes contre son principal adversaire régional, l’Iran.

À ce stade, ces attaques auraient fait plus de 1 400 morts en Iran, tandis que 1 000 personnes ont été tuées lors de frappes israéliennes au Liban, ainsi que des dizaines d’autres dans des pays de la région touchés par les effets du conflit.

Les prix du pétrole, facteur clé de l’économie mondiale, ont atteint de nouveaux sommets, faisant craindre des pénuries et même un rationnement.

Aux États-Unis, plusieurs élus démocrates ainsi que certaines figures influentes du camp habituellement favorable au président Donald Trump, comme le commentateur Tucker Carlson et l’animateur Joe Rogan, se sont ouvertement opposés à la guerre, sans qu’un consensus clair n’émerge sur une issue possible au conflit ni sur la manière de combler le fossé diplomatique avec les alliés européens et occidentaux.

Mais pour Netanyahu, ces tensions pourraient avoir moins d’importance que les bénéfices politiques et stratégiques qu’il estime déjà avoir obtenus. Voici comment cette guerre pourrait contribuer à résoudre certains des problèmes auxquels il fait face depuis des années.

La menace iranienne

Netanyahu met depuis longtemps en garde contre la menace que représente l’Iran, pour Israël et pour le monde. Il a notamment utilisé des supports visuels à l’ONU pour affirmer que l’Iran était proche de se doter de l’arme nucléaire.

Israël estimait ne pas pouvoir sortir victorieux d’un conflit contre l’Iran sans le soutien des États-Unis. Or, ce soutien ne s’est concrétisé qu’avec l’arrivée de Donald Trump.

L’an dernier, Trump avait accepté de s’impliquer dans un précédent conflit, mais avait rapidement mis fin aux opérations après des frappes sur des sites nucléaires iraniens. Cette fois, il a été impliqué dès le début.

Même si l’issue du conflit reste incertaine, Netanyahu pourrait considérer comme un succès le fait d’avoir obtenu l’engagement direct des États-Unis aux côtés d’Israël.

Par ailleurs, même sans chute du régime iranien, l’affaiblissement de la République islamique pourrait réduire sa menace à long terme.

Combiné à l’affaiblissement de l’« axe de résistance » iranien dans la région - notamment après les frappes contre le Hezbollah et la chute du régime syrien de Bachar al-Assad - Netanyahu pourrait estimer qu’Israël s’impose désormais comme la puissance dominante au Moyen-Orient.

Les procès pour corruption de Netanyahu

Netanyahu fait actuellement face à trois affaires de corruption ouvertes en 2019.

Tout au long du conflit, des accusations ont circulé selon lesquelles il aurait tenté de retarder ses procès pour éviter des poursuites judiciaires, les audiences ayant souvent été reportées en raison de la situation sécuritaire.

Plus tôt ce mois-ci, il a repris un appel du président américain Donald Trump en demandant au président israélien Isaac Herzog de lui accorder une grâce.

Lors de sa première conférence de presse depuis le début de la guerre, il a qualifié les procédures judiciaires de « cirque absurde » et a demandé leur clôture afin de se consacrer pleinement à la guerre et à la diplomatie régionale.

Cependant, le ministère israélien de la Justice a estimé qu’une grâce serait inappropriée tant que le procès est en cours.

Les obstacles à une réforme de la justice

Les tentatives de Netanyahu et de ses alliés pour réformer le système judiciaire - notamment en réduisant son rôle de contre-pouvoir - suscitent une forte opposition depuis plusieurs années.

Ce projet avait déclenché d’importantes manifestations fin 2022, avant que le mouvement ne s’essouffle après le début de la guerre à Gaza en octobre 2023.

Malgré la guerre contre l’Iran, le gouvernement poursuit ses efforts pour faire passer des réformes controversées, notamment sur les pouvoirs du procureur général et le contrôle des médias.

L’opposition dénonce une instrumentalisation du conflit pour faire avancer ces réformes.

Les critiques sur le traitement des Palestiniens

Les violences contre les Palestiniens se sont intensifiées en Cisjordanie occupée, tandis que des restrictions supplémentaires ont été imposées à Gaza depuis le début de la guerre.

L’Union européenne et le Royaume-Uni ont appelé Israël à mettre fin aux violences en Cisjordanie, où plusieurs Palestiniens ont été tués depuis le début du conflit avec l’Iran.

Le bilan continue d’augmenter, avec de nouvelles victimes, dont une famille tuée par des soldats israéliens, suscitant une vive indignation internationale.

À Gaza, la situation reste critique après deux années de conflit intense. Les Nations unies appellent à une levée des restrictions pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire.

Les inquiétudes électorales de Netanyahu

Avant le conflit, Netanyahu faisait face à une opinion publique largement critique et à un risque électoral important.

Selon plusieurs sondages, sa popularité était en baisse face à d’éventuels adversaires politiques.

Cependant, la situation semble avoir évolué : la confiance dans sa capacité à gérer la guerre a augmenté, atteignant plus de 60 %.

Certains analystes estiment même qu’il pourrait organiser des élections anticipées, espérant capitaliser sur son image de leader en temps de guerre.

Source : Al Jazeera

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