Cherté de la vie : Ils racontent leurs difficultés
Par
Kinsley David
Par
Kinsley David
Nous avons demandé à plusieurs professionnels de différents secteurs s’ils parvenaient à épargner. Entre cherté de la vie, revenus sous pression et imprévus du quotidien, les témoignages se rejoignent. Une chose est claire : pour beaucoup, joindre les deux bouts est déjà un défi.
« Pour moi, il est difficile d’épargner parce que ce que je gagne suffit tout juste à couvrir mes dépenses essentielles. Une fois le loyer, le transport et les autres charges payés, il reste peu, voire rien, à mettre de côté. Il y a aussi les imprévus : des réparations, des achats non planifiés, des anniversaires ou des sorties avec des amis. On ne peut pas vivre uniquement pour travailler et rester à la maison. On a aussi envie de profiter du présent plutôt que d’épargner pour plus tard. Je pense que le manque d’éducation financière complique souvent la gestion de l’argent, surtout quand on démarre dans la vie active. Pourtant, après quatre ans d’études et cinq ans d’expérience professionnelle, mon salaire tourne autour de Rs 25 000. Ce n’est pas suffisant pour maintenir une bonne qualité de vie. Et dès qu’on essaie d’améliorer un peu son quotidien, on n’arrive plus du tout à économiser. »
« Les économies, c’est un peu dur en ce moment. Avec cinq enfants, la vie est compliquée et chaque dépense compte. On essaie de prendre tout ce qui est moins cher, même si c’est le bas de gamme, parce qu’on n’a pas vraiment le choix. On fait aussi attention à tout ce qu’on peut réduire. On utilise l’eau de pluie pour arroser et nettoyer, et on plante nos propres légumes et aromates pour la cuisine. Ce sont de spetites choses, mais mises bout à bout, elles aident à tenir. Avec une famille nombreuse, il faut faire des sacrifices pour joindre les deux bouts. On diminue les dépenses, on se concentre sur l’essentiel. L’épargne passe après, parce que la priorité reste de nourrir et de faire vivre les enfants. »
« Je fais attention à chaque dépense et je gère mon budget de façon responsable. Malgré tout, la vie est devenue très chère à Maurice et il devient de plus en plus difficile de joindre les deux bouts. Ce n’est pas un cas isolé, c’est une situation que beaucoup de Mauriciens vivent aujourd’hui. Je suis enseignant et père célibataire d’un adolescent de bientôt 13 ans. Les charges augmentent sans cesse, alors que les revenus, eux, stagnent. Cette pression financière pousse à envisager des solutions qui ne sont pas évidentes. Aujourd’hui, je réfléchis à la possibilité de prendre un deuxième travail en soirée ou le week-end. Mais être enseignant demande aussi du repos, de l’équilibre et de l’énergie pour pouvoir assurer une éducation de qualité. C’est donc une décision qui mérite réflexion. Nous attendons que le Pay Research Bureau reconnaisse les efforts fournis et ajuste les salaires à leur juste valeur. Ce qui nous soulagerait un peu. »
« Concrètement, nous avons dû diminuer les frais du foyer en faisant attention à chaque détail. Nous veillons à couper l’éclairage dans les espaces inoccupés et à mieux gérer l’achat de produits périssables pour éviter le gaspillage. Nous sommes deux à la maison, ma mère et moi, et nous essayons de restreindre au maximum toutes nos charges. Chaque dépense est réfléchie, car les marges sont devenues très étroites. Nous faisons aussi attention aux déplacements. Nous essayons de rentabiliser chaque trajet effectué afin d’optimiser nos courses, ce qui nous a permis de réduire de manière notable les coûts de transport. Aujourd’hui, économiser passe surtout par une gestion rigoureuse du quotidien. »