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Ce que Paul Bérenger reproche au gouvernement

Par Patrick Hilbert
Publié le: 21 mars 2026 à 10:41
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Paul Bérenger annonce sa démission  ce qu’il faut retenir

Depuis novembre, Paul Bérenger formule une série de griefs qui forment depuis lors un fil rouge, avec une intensification claire en janvier et surtout en ce mois de mars.

Les tensions ont commencé en interne avant novembre, mais les déclarations publiques se sont multipliées à partir de ce mois-là, culminant avec sa démission le 20 mars 2026.

15 novembre : Début des grands désaccords

• Paul Bérenger, en tant que Premier ministre adjoint et leader du MMM, exprime depuis quelque temps, en privé, au sein du gouvernement et du Conseil des ministres, son désaccord sur « certaines décisions prises ».
• Il répétera à plusieurs reprises par la suite qu’il n’est « pas d’accord avec ce qui se passe au sein du gouvernement ».
• Paul Bérenger critique aussi certaines nominations, dont celles de commissaire de police, de commissaire des prisons, ainsi qu’à Air Mauritius.
• Issue : Il fait marche arrière après des discussions avec Navin Ramgoolam (deux tête-à-tête). Pas de démission. Il temporise.

Mi-janvier

Première sortie publique notable. Paul Bérenger dit ouvertement que le portefeuille des Finances (cumulé par Navin Ramgoolam) devrait être confié à un ministre à plein temps, et critique le fonctionnement du gouvernement, de certains ministères et organismes d’État (dont Air Mauritius), ainsi que l’influence du « Club des cinq » / « Gang de 5 » (constitué de personnes proches de Ramgoolam).

Il affirme entre autres qu’« il est dans l’intérêt du pays que le portefeuille des Finances soit cédé à un ministre autre que le Premier ministre et que Reza Uteem serait idéal pour ce poste ». Il parle de dysfonctionnements graves et dit qu’il ne fermera pas les yeux.

Issue : Pas de démission. Il temporise à nouveau après des discussions avec le Premier ministre.

7 mars (samedi – conférence de presse)

• Critique virulente et directe du ministère du Tourisme et du ministre Richard Duval.
• Il dénonce les nominations et suspensions arbitraires (ex. : l’affaire José Arunasalom à la Mauritius Tourism Authority).
• Il évoque à nouveau les désaccords cumulés depuis novembre et l’absence de ministre des Finances à plein temps en pleine crise.

16 mars (lundi – conférence de presse après le Bureau politique du MMM à Rose-Hill)

• Moment charnière : Bérenger annonce que sa décision de quitter le gouvernement est prise, mais il temporise (« je verrai demain »). Il exprime ouvertement tous ses griefs accumulés.
• Il place le pays au-dessus de son poste et du parti. « Si je dois choisir entre mon poste de Premier ministre-adjoint et le pays, je vais choisir mon pays. Même si je dois choisir entre mon pays et le MMM, je vais choisir mon pays », dit-il.
• « Nou pann fer tousala pou ki enn bon parti de bann zafer ki MSM ti pe fer pe refer parey. Gang de 5 pe fer piti aster », lance-t-il.
• Il indique qu’il envisage de démissionner malgré un appel de Ramgoolam.
• Il annonce qu’il ne sera pas au Parlement le lendemain.
• Toutefois, le MMM est divisé : la grande majorité des membres du Bureau politique souhaite rester au gouvernement après « 20 ans de souffrance » dans l’opposition.

18 mars (mercredi – après le Comité central du MMM)

• Bérenger reconnaît que la grande majorité des militants veut rester au gouvernement, mais insiste lui sur ses divergences fondamentales.
• Il maintient la pression sans démissionner immédiatement. Il laisse planer le doute sur son avenir au sein du MMM.

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