Carême 2026 : Mgr Durhône appelle à une société plus humaine et fraternelle
Par
Kevish Luximon
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Kevish Luximon
Ce lundi, à l’évêché de Port-Louis, Mgr Jean Michaël Durhône a présenté le message de Carême 2026. L’évêque de Port-Louis l’a inscrit dans le contexte social, éducatif et spirituel actuel de Maurice, appelant à la construction d’une société plus humaine et fraternelle.
Mgr Durhône a évoqué la problématique des accidents routiers, qui touchent particulièrement les jeunes :
« Nous avons déjà, de janvier à maintenant, le 16 février, plus d'une vingtaine d'accidents mortels sur nos routes, beaucoup de jeunes, et souvent à cause de ce qu'ils font, à cause de l'alcool, l'addiction. »
Il a ensuite abordé la question de l’éducation et des résultats scolaires, mettant en lumière les disparités observées. « Cette année, un chiffre est très marquant : 69 % des élèves réussissent le SC. Nous en sommes très heureux. Mais cela signifie aussi qu’au moins 31 % sont en échec […]. Bien sûr, nous nous réjouissons pour les élèves qui ont bien réussi, pour les collèges régionaux et les collèges catholiques qui affichent de bonnes performances. Mais qu’en est-il de ceux qui sont en échec […] ? »
Mgr Durhône a mis en avant les enjeux liés à l’addiction, particulièrement l’alcoolisme et d’autres formes de dépendance, et l’impact sur les familles. Il a insisté sur le rôle de l’Église dans la prise en charge des fragilités sociales, en lien avec la pauvreté et les personnes vulnérables : « La pauvreté n'est pas une fatalité. »
Il a aussi développé une réflexion sur la transformation sociale et la dignité humaine : « Écouter les gens, comprendre les besoins de la société, et puis, c'est peut-être une manière, une action aussi, pour travailler pour la dignité des personnes. »
Le message de Carême, dit Mgr Durhône, s’accompagne d’un calendrier pratique afin d’ancrer ces valeurs dans la vie quotidienne. « Chaque jour, il y aura un jeûne, une action concrète, mais aussi une prière. Je crois que c’est à la portée de tout un chacun. » Les défis liés aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux ont aussi été abordés, mettant en garde contre la déshumanisation.
Enfin, l’évêque a rappelé que l’engagement en faveur d’une société plus fraternelle ne relève pas uniquement de la responsabilité de l’Église. « L’Église est au service des plus pauvres, dans l’écoute et l’accompagnement. Mais cet engagement n’est pas seulement la responsabilité d’une institution ou d’un pays : il incombe à tout un chacun. »
Interrogé par les journalistes sur le calendrier, Mgr Jean Michaël Durhône a précisé qu’il est d’ores et déjà disponible dans les paroisses. Il a également salué l’implication de l’équipe pastorale, remerciant le père Patrick, responsable de la pastorale liturgique sacramentelle, ainsi que l’équipe de l’évêché.
Mgr Jean Michaël Durhône a mis en garde contre le voyeurisme et la diffusion de contenus sensibles. « C’est une réalité qui me choque […]. Pour moi, c’est une horreur, une horreur humaine. » Il a souligné l’importance de respecter la dignité des personnes dans la communication : « Tout n’est pas communicable, par respect des personnes et de l’intimité […]. Chacun doit pouvoir rester digne jusqu’au bout. »
La question de la drogue a été abordée à plusieurs reprises. Mgr Durhône a souligné la complexité du phénomène et la nécessité d’une action collective : « Beaucoup (de pays) ont constaté qu’il est impossible d’avoir un pays sans drogue. » Il a toutefois précisé qu’il existe des solutions pour lutter contre ce fléau.
La situation de la Loreto Junior School de Curepipe, où un enseignant a été licencié pour des relations inappropriées avec une mineure, a été soulevée.
Mgr Durhône a précisé les mesures mises en place : « Les écoles Lorette prennent leurs responsabilités. La personne concernée est identifiée et une procédure conforme aux règles est engagée. »
Il a ajouté que l’Église veille à la protection des enfants et à un suivi indépendant : « Un avocat est mandaté pour mener une enquête externe et indépendante. La loi prévoit également un signalement aux autorités compétentes. »