Carême 2026 : Mgr Durhône appelle à une société plus humaine et fraternelle

Par Kevish Luximon
Publié le: 17 février 2026 à 09:46
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Mgr Durhône s’est attardé sur les nombreux accidents de la route impliquant les jeunes.
Mgr Durhône s’est attardé sur les nombreux accidents de la route impliquant les jeunes.

Ce lundi, à l’évêché de Port-Louis, Mgr Jean Michaël Durhône a présenté le message de Carême 2026. L’évêque de Port-Louis l’a inscrit dans le contexte social, éducatif et spirituel actuel de Maurice, appelant à la construction d’une société plus humaine et fraternelle.

Mgr Durhône a évoqué la problématique des accidents routiers, qui touchent particulièrement les jeunes : 
« Nous avons déjà, de janvier à maintenant, le 16 février, plus d'une vingtaine d'accidents mortels sur nos routes, beaucoup de jeunes, et souvent à cause de ce qu'ils font, à cause de l'alcool, l'addiction. »

Il a ensuite abordé la question de l’éducation et des résultats scolaires, mettant en lumière les disparités observées. « Cette année, un chiffre est très marquant : 69 % des élèves réussissent le SC. Nous en sommes très heureux. Mais cela signifie aussi qu’au moins 31 % sont en échec […]. Bien sûr, nous nous réjouissons pour les élèves qui ont bien réussi, pour les collèges régionaux et les collèges catholiques qui affichent de bonnes performances. Mais qu’en est-il de ceux qui sont en échec […] ? »

Mgr Durhône a mis en avant les enjeux liés à l’addiction, particulièrement l’alcoolisme et d’autres formes de dépendance, et l’impact sur les familles. Il a insisté sur le rôle de l’Église dans la prise en charge des fragilités sociales, en lien avec la pauvreté et les personnes vulnérables : « La pauvreté n'est pas une fatalité. »

Il a aussi développé une réflexion sur la transformation sociale et la dignité humaine : « Écouter les gens, comprendre les besoins de la société, et puis, c'est peut-être une manière, une action aussi, pour travailler pour la dignité des personnes. »

Le message de Carême, dit Mgr Durhône, s’accompagne d’un calendrier pratique afin d’ancrer ces valeurs dans la vie quotidienne. « Chaque jour, il y aura un jeûne, une action concrète, mais aussi une prière. Je crois que c’est à la portée de tout un chacun. » Les défis liés aux nouvelles technologies et aux réseaux sociaux ont aussi été abordés, mettant en garde contre la déshumanisation.

Enfin, l’évêque a rappelé que l’engagement en faveur d’une société plus fraternelle ne relève pas uniquement de la responsabilité de l’Église. « L’Église est au service des plus pauvres, dans l’écoute et l’accompagnement. Mais cet engagement n’est pas seulement la responsabilité d’une institution ou d’un pays : il incombe à tout un chacun. »


À l’heure des questions
Calendrier du Carême 

Interrogé par les journalistes sur le calendrier, Mgr Jean Michaël Durhône a précisé qu’il est d’ores et déjà disponible dans les paroisses. Il a également salué l’implication de l’équipe pastorale, remerciant le père Patrick, responsable de la pastorale liturgique sacramentelle, ainsi que l’équipe de l’évêché.

Rôle des réseaux sociaux

Mgr Jean Michaël Durhône a mis en garde contre le voyeurisme et la diffusion de contenus sensibles. « C’est une réalité qui me choque […]. Pour moi, c’est une horreur, une horreur humaine. » Il a souligné l’importance de respecter la dignité des personnes dans la communication : « Tout n’est pas communicable, par respect des personnes et de l’intimité […]. Chacun doit pouvoir rester digne jusqu’au bout. »

Drogue et addiction

La question de la drogue a été abordée à plusieurs reprises. Mgr Durhône a souligné la complexité du phénomène et la nécessité d’une action collective : « Beaucoup (de pays) ont constaté qu’il est impossible d’avoir un pays sans drogue. » Il a toutefois précisé qu’il existe des solutions pour lutter contre ce fléau.

Affaire de la Loreto Junior School de Curepipe 

La situation de la Loreto Junior School de Curepipe, où un enseignant a été licencié pour des relations inappropriées avec une mineure, a été soulevée. 

Mgr Durhône a précisé les mesures mises en place : « Les écoles Lorette prennent leurs responsabilités. La personne concernée est identifiée et une procédure conforme aux règles est engagée. »

Il a ajouté que l’Église veille à la protection des enfants et à un suivi indépendant : « Un avocat est mandaté pour mener une enquête externe et indépendante. La loi prévoit également un signalement aux autorités compétentes. »
 

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