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Bullying dans un collège: un élève de 14 ans humilié et agressé - Le grand-père : «Enn ban zanfan koumsa bizin deor dan lekol»

Par Annick Daniella Rivet
Publié le: 12 June 2026 à 11:06
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bullying
La scène, filmée, circule sur les réseaux sociaux. Photo d’illustration
  • Le SEDEC : « Nous prenons ce cas très au sérieux » 
  • Diana Ami : « C’est choquant et révoltant » 

Un collège privé curepipien est secoué par un scandale d’une rare violence. Un adolescent de 14 ans affirme avoir été contraint de subir un acte indécent. La scène, filmée par ses camarades, s’est répandue sur les réseaux sociaux, provoquant une onde de choc.

Le mercredi 10 juin, l’élève inscrit en Grade 8, accompagné de son grand-père, a porté plainte au poste de police de Curepipe. Dans sa déposition, il affirme que les faits se seraient produits la veille, dans une salle de classe, durant la récréation. L’affaire a été rapportée à la Brigade pour la protection de la famille (BPF), qui a immédiatement alerté le Family Support Bureau (FSS) de Phoenix, conformément aux procédures établies.

La victime a bénéficié d’un accompagnement complet, dans le respect du protocole en vigueur. Parallèlement, une rencontre entre la direction du collège et la BPF a conduit à la mise en place d’un programme de sensibilisation destiné à prévenir de tels incidents et à renforcer la protection des élèves.

L’adolescent déclare avoir été victime d’un acte indécent commis par un camarade. Il dit ressentir des douleurs et souhaite être examiné par un médecin de la police. Selon ses propos, son camarade l’a contraint à s’agenouiller et à chanter l’hymne national, avant de le forcer à subir un acte de nature indécente. La scène, filmée, circule sur les réseaux sociaux. 

Le Service diocésain de l’éducation catholique (SEDEC), par la voix de son chargé de communication, Clive Anseline, affirme prendre la situation très au sérieux. « Malheureusement, nous avons appris un cas de bullying grave au sein de cet établissement. Au SEDEC, nous prenons ce cas très au sérieux. Nous l’avons référé aux autorités compétentes et, au sein du collège, nous assurons un encadrement spécial à la victime, en collaboration avec les parents. »

Nous attendons que des sanctions soient prises contre l’élève incriminé

Contactée, la direction du collège n’a pas souhaité commenter l’affaire. Toutefois, selon nos recoupements, l’agresseur présumé a été renvoyé pour comportement inapproprié.

Le grand-père de la victime s’est présenté au collège pour réclamer des explications. « Sekin fer sa-la, li bizin gagn so pinisyon. Bann zanfan koumsa bizin deor dan lekol. Sa zafer kinn pase-la li pou res dan so latet. Sa kalite zanfan-la pa kapav res dan lekol. Dime li kapav refer parey. Fer kouma dir mo pa ti al raport sa lapolis, ki ti pou arive ? », soutient-il.

Pour Diana Ami, membre de la PTA de l’établissement, ce qui s’est passé « est choquant et révoltant ». « Nous ne cautionnons pas ce genre de chose au collège, que ce soit au niveau de l’administration ou de la PTA. »

Elle souligne s’être entretenue avec la rectrice par intérim. « Je viens de m’entretenir avec la rectrice par intérim et elle m’a assuré que les démarches ont déjà été entamées auprès de la Private Secondary Education Authority (PSEA), du SEDEC et de toutes les instances concernées. Nous attendons que des sanctions soient prises contre l’élève incriminé, parce qu’il ne s’agit pas seulement de la sécurité d’un élève, mais de celle des 800 élèves qui fréquentent l’établissement. »

Aneeta Ghoorah, Ombudsperson for Children : «Que fait-on face à ce genre d’enfant, qui devient progressivement un danger public ?»

Face à des comportements jugés grossiers et irrespectueux dans un collège, Aneeta Ghoorah, Ombudsperson for Children, appelle à une prise de conscience collective. Elle dénonce un manque de respect envers l’hymne national et met en garde contre les risques que représente un élève déjà impliqué dans d’autres délits.

« J’ai observé les comportements choquants. Cela doit interpeller tout le monde, et en premier lieu les jeunes eux-mêmes. Où allons-nous ? » souligne Aneeta Ghoorah. « Ce genre de comportement est très dangereux », insiste-t-elle. De plus en plus, ces situations sont classées dans la catégorie des enfants présentant des “serious behavioural concerns”. 

Pour Aneeta Ghoorah, ce qui s’est produit constitue un « bizutage grossier et grotesque ». L’élève concerné serait, selon ses dires, déjà impliqué dans d’autres délits. « Il a été orienté vers un psychologue, mais refuse d’assister aux séances. Alors, que fait-on face à ce genre d’enfant, qui devient progressivement un danger public? » s’interroge-t-elle.

La mère a été convoquée à plusieurs reprises et informée qu’elle devait inscrire son enfant dans une école plus proche de son domicile. Mais pour Aneeta Ghoorah, transférer le problème d’un établissement à un autre n’est pas une solution.
Elle salue toutefois l’action de la Brigade pour la protection de la famille, intervenue à l’école pour une causerie jeudi et qui y sera de nouveau ce vendredi.

Face à ce type de problème, aucune solution concrète n’a encore été définie. Toutefois, il nous revient qu’un comité de haut niveau se réunit pour déterminer les actions à entreprendre. « Je suis convaincue qu’il y aura des mesures tangibles », affirme-t-elle.

En attendant, Aneeta Ghoorah lance un appel aux jeunes : « Les comportements de vos camarades doivent vous interpeller. Il aurait fallu alerter la direction de l’école et les adultes, et faire comprendre que ce type d’agissements ne peut être toléré. » 

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