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Bérenger : «An restan dan gouvernman, mo pou oblize manz mo kou»

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 19 mars 2026 à 10:28
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Paul Bérenger

À l’issue de la réunion du Comité central du MMM, Paul Bérenger a répondu aux questions de la presse. Entre griefs, désaccords et incertitudes, le leader du parti s’est livré sans détour.

• Rencontre avec le PM

Une rencontre avec le Premier ministre Navin Ramgoolam est « bien possible ». « Nous sommes de bons amis sur le plan personnel, mais sur le plan politique, c’est autre chose. Nous pouvons nous parler à tout moment. »

Êtes-vous surpris de vous retrouver en minorité au sein du Comité central ?
« Ce n’est pas une surprise ! Nous avons constaté ce que je savais déjà : une grande majorité de nos militants souhaite que nous restions au gouvernement. Ce n’est pas un plaisir, mais c’est une réalité. »

Éventualité d’un nouveau parti politique
Dans la mesure où la réunion du lundi 25 mars est attendue et qu’une majorité se prononce pour le maintien au gouvernement, la question de la création d’un autre parti ne se pose pas « pour le moment », selon Paul Bérenger.

Le départ du commissaire des prisons, Dev Jokhoo, ou un éventuel départ du commissaire de police feront-ils évoluer la décision de rester au gouvernement ?
« Dev Jokhoo, vo mie mo pa koze. Fode li al vann pwason ek Bassoo pou li tom malad li ale. Bye bye. » Selon lui, Dev Jokhoo n’aurait jamais dû être nommé commissaire des prisons, et tout le monde connaît son opinion à ce sujet. « Komiser polis, enn lot zafer », a-t-il ajouté. Ce dernier serait impliqué dans un projet de loi majeur, qui devrait être très controversé : la Serious Crime Agency, a-t-il expliqué. « Mo pa enn bourik mwa ; kan bizin sanz davi, mo sanz davi, me kan pena rezon pou sanze, mo pa pou sanze. » 

À propos du ministre du Tourisme Richard Duval
« Je ne suis pas enchanté par la performance de Richard Duval comme ministre du Tourisme, mais à aucun moment, je n’ai demandé son départ. »

Chantage avec les « menaces » de démission
« Je ne suis pas intéressé par les chantages. Il y a des désaccords que je ne vais pas dévoiler pour l’instant, mais j’espère que cela va changer. »

Si un ministre des Finances à plein temps est nommé, va-t-il rester au gouvernement ?
« C’est ce que je demande », a-t-il fait comprendre, tout en précisant que la question de son départ ne se pose pas et qu’il faut attendre lundi. « C’est évident qu’il faut un ministre des Finances à plein temps, comme je l’ai proposé. C’est indispensable. J’ai aussi dit à Navin Ramgoolam qu’il serait souhaitable qu’il préside un comité d’une dizaine de ministres pour préparer le Budget. Avec le conflit au Moyen-Orient, c’est plus urgent que jamais. » 

Il a soutenu que Reza Uteem (MMM) et Ritish Ramful (PTr) peuvent être de bons ministres des Finances, tout en précisant que sa préférence va à Reza Uteem en raison de ses compétences, notamment dans le domaine des affaires financières.

L’incertitude de son départ met-elle le pays en otage ?
« Je ne le crois pas. Il y a des désaccords importants, et une très large majorité souhaite malgré tout que le MMM reste au gouvernement. Je ne suis pas certain de conserver le poste de Premier ministre adjoint. Dans la mesure où aucune décision n’a été prise jusqu’à présent, je n’ai pas encore tranché, tout en tenant compte des avis des membres du parti. » En restant au gouvernement, a-t-il précisé, le MMM ne donne pas un chèque en blanc au PTr. « An restan dan gouvernman, mo pou oblize manz kou. » 

Y a-t-il des éléments non évoqués au Comité central qui expliquent la décision de rester au gouvernement ?
« Le mood est ainsi et je comprends parfaitement les militants : après 20 ans dans l’opposition, pour eux, il n’est pas question de se retirer. Mais moi, je dois également prendre en considération l’intérêt du pays, et pas seulement ces revendications justes et justifiées des militants. Ils pensent, comme la majorité des dirigeants, que malgré toutes ces considérations, c’est mieux de rester au gouvernement. Cela n’exclut pas les critiques. »

Gang de cinq
« Quand j’ai dit cela, je n’ai pas voulu mettre le Parti travailliste sur le même pied d’égalité que le MSM. ‘Non pa sa’ », a affirmé Paul Bérenger, précisant que cela n’équivaut pas à « lakwizinn » qui existait sous le gouvernement MSM.

Succession
« Je mets au défi qui que ce soit de me donner un exemple où la dynastie a été mise en avant au MMM. Je n’ai jamais favorisé ma fille ; elle n’aura que ce qu’elle mérite d’obtenir. Jamais au MMM, il n’y a eu et il n’y aura de favoritisme, aussi longtemps que nous serons là. »

Échéance pour mettre fin au suspense
« Je n’ai aucune échéance. Tant que je suis en vie, la vie continue, avec ses bons et ses mauvais côtés. Il est normal qu’il y ait de l’attente, tant du public que des militants. Concernant la gestion du pays, si quelque chose me déplaît, je le dis ; cela ne freine pas les choses, au contraire, cela les fait souvent avancer. » 

Présence des ministres MMM au Parlement mardi ?
« Mo pa ti pou kontan si zot pa ti ale parski zot ena bann kestion parlmanter pou reponn. Zot ti bizin demisione pou pa partisip a bann travo parlmanter. » Il a précisé que, pour sa part, il n’avait aucune question parlementaire à traiter, ce qui lui permettait de ne pas se rendre au Parlement.

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