Balaclava : la restitution d’une portion de plage publique réclamée
Par
Stephan Douce
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Stephan Douce
Des représentants d’Eco-Sud, de la plateforme Aret Kokin Nu Laplaz (AKNL) et du mouvement MRU2025 se sont rendus à Balaclava afin de dénoncer ce qu’ils considèrent comme « une privatisation progressive du littoral mauricien ». Au cœur de leurs préoccupations : une portion de plage publique qui aurait été déproclamée en 2008 avant d’être intégrée, deux ans plus tard, au bail d’un hôtel de la région.
Sébastien Sauvage, représentant d’Eco-Sud, explique que plusieurs habitants de Balaclava ont sollicité l’ONG après avoir appris qu’une partie de la plage aurait disparu du domaine public. Selon lui, cette portion représente environ 56 mètres supplémentaires accordés à l’établissement hôtelier, soit près de 40 % de la plage publique concernée.
« Les habitants fréquentent beaucoup cet endroit. Ils viennent profiter de la mer, de la tranquillité et de la nature. Aujourd’hui, ils craignent de perdre définitivement cet espace », affirme-t-il.
Eco-Sud dit vouloir attirer l’attention de l’opinion publique et demande que cette portion soit « reproclamée » comme plage publique. Pour l’ONG, les plages constituent un bien commun qui doit rester accessible à tous les Mauriciens. « Nous avons besoin que les Mauriciens puissent continuer à se sentir chez eux dans leur pays. Il n’est pas acceptable de poursuivre cette logique d’accaparement des biens communs », soutient Sébastien Sauvage.
De son côté, Karina Gounden, membre dAKNL et du mouvement MRU2025, rappelle que la question de l’accès aux plages publiques devient de plus en plus préoccupante à Maurice.
« Il ne reste que 15 % de plages publiques officiellement proclamées à Maurice », souligne-t-elle, évoquant également les effets de l’érosion côtière et de la montée des eaux.
L’activiste lance aussi un appel direct à l’hôtel concerné afin qu’il fasse preuve de responsabilité sociale et environnementale. « Dans le contexte actuel où les plages publiques se raréfient, nous demandons à l’hôtel de ne pas s’accaparer de ce morceau de plage et de permettre sa restitution au domaine public », déclare-t-elle.
Les ONG estiment que si l’espace accessible au public continue de diminuer, les Mauriciens risquent de se retrouver confinés sur de petites portions de littoral déjà fortement fréquentées.
Sollicité à ce sujet, le ministère du Logement et des Terres a indiqué qu’il répondra prochainement sur ce dossier. À ce stade, aucune réaction officielle de l’établissement hôtelier concerné n’a encore été communiquée.