Mise à jour: 15 janvier 2026 à 16:56

Au sommet de l’État : contacts répétés entre Ramgoolam et Bérenger sur fond d’apaisement

Par Patrick Hilbert
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paul et navin
Se dirige-t-on vers un retour à la normale entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger ? (photo d’archives).

Les négociations se poursuivent entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger alors que le sort du MMM au sein du gouvernement reste incertain. Portefeuille des Finances, réformes prioritaires et divisions internes alimentent le dialogue au sommet.
Les échanges continuent entre le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le Premier ministre adjoint, Paul Bérenger, dans un contexte politique marqué par des interrogations sur l’avenir du Mouvement militant mauricien (MMM) au sein du gouvernement. Après leur rencontre de lundi, les deux hommes se sont entretenus à nouveau mardi et mercredi, confirmant la poursuite du dialogue à haut niveau.

Une nouvelle rencontre n’est pas exclue ce jeudi, sous réserve de l’agenda du Premier ministre. Celui-ci doit en effet se rendre en Cour avant de rencontrer le président de la République, Dharam Gokhool, dans le cadre de leur réunion hebdomadaire.

Vendredi, Paul Bérenger participera au Conseil des ministres. C’est ce que l’on confirme dans son proche entourage. Le lendemain, samedi, il présentera ses recommandations au comité central du MMM, instance appelée à se pencher sur la situation politique. À ce stade, selon des informations confirmées, le climat ne serait pas à la rupture immédiate. Les discussions se poursuivent et les deux leaders continuent de travailler sur plusieurs dossiers jugés prioritaires, dont la réforme électorale qui est un point d’intérêt majeur des deux côtés.

Chez les Mauves, il est fait état d’un constat selon lequel « beaucoup d’efforts sont entrepris pour remettre les choses en place et tout redresser ». La volonté de certains cadres, tant du côté mauve comme rouge est de privilégier la continuité et le dialogue, malgré les tensions observées récemment. Concernant le fameux « gang », dénoncé par Paul Bérenger, composé de certaines personnes gravitant autour du Premier ministre, là aussi, il y aurait des évolutions dans le bon sens.

Trois tendances

Il ressort également qu’au sein du MMM, trois tendances distinctes coexistent actuellement. Une première frange exprime un ras-le-bol et plaide pour une rupture avec le gouvernement car celle-ci a peu voire pas d’espoir que les choses avanceront concrètement sur les dossiers chers au parti. Une deuxième tendance, plus attentiste, souhaite patienter jusqu’au mois de mars afin d’évaluer l’évolution de dossiers jugés importants, notamment la réforme électorale et la mise en place de la National Crimes Agency, avant de prendre une décision définitive. Une troisième tendance, minoritaire, se prononce en faveur du maintien du MMM au gouvernement à tout prix. Parmi les partisans de cette dernière option figurerait au moins un ministre issu du parti mauve.

La question du portefeuille des Finances constituait l’un des points de crispation majeurs entre les deux partenaires. La semaine dernière, Paul Bérenger avait proposé au chef du gouvernement que cette responsabilité soit confiée à une autre personne car la situation économique, estime-t-on du cote du MMM, exige un ministre à plein temps. L’objectif affiché était de permettre à Navin Ramgoolam de se consacrer pleinement à d’autres dossiers considérés comme prioritaires, tels que le maintien de l’ordre, la lutte contre le trafic de drogue et la politique étrangère.

Navin Ramgoolam a toutefois clairement fait savoir qu’il souhaitait conserver le ministère des Finances sous sa tutelle. Cette position a été réaffirmée lundi lors d’un tête-à-tête entre les deux hommes, au cours duquel le Premier ministre a confirmé sa décision de ne pas céder ce portefeuille stratégique.

Pour rappel, lors de la réunion du bureau politique du MMM tenue lundi, l’incertitude planait quant à l’avenir de Paul Bérenger, et par extension du MMM, au sein du gouvernement. Mécontent de l’avancement de certains dossiers et de la décision du Premier ministre de conserver le ministère des Finances, Paul Bérenger avait laissé transparaître un certain flou sur ses intentions. Il avait alors indiqué qu’il s’en remettrait au comité central du parti, appelé à se réunir samedi. D’ici là, les échanges, qui vont dans le sens d’un apaisement, se poursuivent au sommet de l’Exécutif.

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