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Atma Bumma : «Le MMM traverse une crise de leadership»

Par Fateema Capery
Publié le: 26 mars 2026 à 10:55
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Les deux invités sur le plateau, Atma Bumma et Faizal Jeerooburkhan.
Les deux invités sur le plateau, Atma Bumma et Faizal Jeerooburkhan.

La crise qui secoue le Mouvement militant mauricien s’est invitée au cœur des débats dans l’émission « Au Cœur de l’Info », diffusée le 25 mars sur Radio Plus. Les déclarations de Paul Bérenger, tensions internes et avenir du parti ont animé deux heures d’analyses. Une situation politique jugée particulièrement délicate.

Dès le début de l’émission, Reza Uteem, président du MMM, a défendu la légitimité des instances du parti face aux critiques. Il a expliqué que « le comité central reste l’instance suprême » et a insisté sur le fait que Paul Bérenger n’avait pas remis en cause le MMM en tant que structure. Il a également souligné que le leader devait s’inscrire dans la décision collective, affirmant qu’il était « important de respecter la volonté du comité central ».

Reza Uteem a aussi lancé un appel à l’unité, estimant que la place de Paul Bérenger restait « dans le gouvernement », notamment dans un contexte économique difficile. Il a rappelé que, selon lui, les changements attendus ne pouvaient se faire qu’au sein de l’exécutif et non depuis l’opposition. Dans cette optique, il a évoqué plusieurs options pour l’avenir du leader du MMM, allant d’un retour dans le gouvernement à la création d’une nouvelle formation politique.

L’analyse de Jean-Claude de l’Estrac a apporté un éclairage plus large sur la crise. L’observateur politique a estimé que la situation actuelle n’apportait « rien de fondamentalement nouveau » sur le fond, les critiques de Paul Bérenger étant déjà connues. Toutefois, il a pointé un problème majeur de fonctionnement, expliquant qu’il n’était « pas admissible qu’un vice Premier ministre étale ses critiques en public ».

Selon lui, le principe de solidarité gouvernementale avait été mis à mal. Il a rappelé que les désaccords devaient être exprimés en interne, notamment au sein du Conseil des ministres. Jean-Claude de l’Estrac a aussi évoqué une difficulté récurrente chez Paul Bérenger à gérer les périodes d’impopularité au sein du gouvernement, estimant que cela avait déjà été observé dans le passé.

Une fracture générationnelle

L’ancien membre du MMM, Atma Bumma, a, pour sa part, insisté sur une crise plus profonde, dépassant le seul cadre du parti. « Il y a une véritable crise de confiance entre la population et la classe politique. Et le MMM traverse une crise de leadership », affirmant que celle-ci remontait à plusieurs années. Selon lui, le fonctionnement politique à Maurice reste fortement centré sur les leaders, ce qui freine le renouvellement et alimente les tensions internes.

Atma Bumma a également souligné l’importance du leadership dans la crise actuelle, expliquant que « dans la majorité des cas, c’est le leader qui décide ». Il a estimé que cette concentration du pouvoir avait contribué à la situation actuelle, tout en évoquant une possible fracture générationnelle au sein du MMM. Il a noté que certains jeunes cadres pourraient avoir des attentes différentes, notamment en matière de gouvernance et de vision politique.

De son côté, l’observateur politique Faizal Jeerooburkhan a dressé un constat critique de l’évolution du MMM. Il a estimé que le parti avait connu une dégringolade au fil des années, notamment en raison de ses alliances successives et des ruptures qui ont marqué son histoire. Selon lui, ces épisodes ont contribué à fragiliser l’électorat du MMM et à éroder sa base militante.

Enfin, Ivan Collendavelloo, leader du Muvman Liberater, est intervenu pour livrer sa lecture de la situation. Il a estimé que Paul Bérenger faisait preuve d’indécision et d’un manque de combativité, ce qui, selon lui, créait une certaine confusion tant chez les militants que dans l’opinion publique. Il a aussi critiqué la gestion des débats internes, tout en appelant à plus de clarté dans les prises de position.

Ivan Collendavelloo a également insisté sur la nécessité de rester cohérent politiquement, estimant qu’il serait difficile pour Paul Bérenger de revenir au gouvernement après ses critiques. Il a ainsi laissé entendre qu’une réorganisation politique, voire une recomposition, pourrait être inévitable dans les semaines à venir.

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