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Après l’abolition du «Means test» : Nouveau Budget ou simple réajustement?

Par Christina Vilbrin
Publié le: 26 June 2026 à 14:40
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Shaktee Ramtohul.
Shaktee Ramtohul.

Le gouvernement a aboli le « Means test ». Du coup, les chiffres du Budget doivent être revus. Faut-il alors retourner devant le Parlement avec un nouveau Budget, un mini-Budget ou simplement procéder à des ajustements techniques ? Les avis divergent.

Pour l’observateur économique Shaktee Ramtohul, l’enjeu est loin d’être anodin. « Les pensions et les prestations sociales représentent ensemble 30 % des dépenses publiques totales. Il s’agit donc d’un poste important du Budget », souligne-t-il.

Selon lui, l’abolition du « Means test » impose une réévaluation complète des projections financières liées aux pensions et, surtout, des projections pour les années à venir.  « Il est évident que les chiffres relatifs à la réforme des pensions sont aujourd’hui erronés dans le Budget 2026-2027. Nous avons besoin d’un mini-Budget pour corriger la situation », tranche-t-il.

L’économiste Kee Chong Li Kwong Wing se montre encore plus sévère. Pour lui, le problème dépasse largement la question des pensions. « Ce Budget a été une farce », lance-t-il, dénonçant un exercice marqué par « l’incompétence et l’amateurisme ». Il critique notamment l’intégration de « recettes fictives des Chagos » ainsi que les économies attendues de la réforme des pensions désormais gelée. « Le véritable problème aujourd’hui n’est plus seulement la réforme des pensions, mais la crédibilité même de ce Budget », affirme-t-il.Selon l’économiste, avec l’abolition du « Means test », le Premier ministre a remis en cause l’un des principaux piliers de sa consolidation budgétaire. « Les économies annoncées disparaissent, les recettes fictives avec », dit-il, estimant que le chef du gouvernement doit désormais revenir devant le Parlement pour expliquer « comment il va combler ce manque à gagner, quelles nouvelles hypothèses il va présenter et quels chiffres il va actualiser ». Sa conclusion est sans appel : « Il faut refaire ce Budget mal inspiré et amateur. Il faut un nouveau Budget dans le respect de la bonne gouvernance et de la transparence des comptes publics. C’est le véritable test de la responsabilité budgétaire et du leadership. C’est le courage d’accepter son tort et de rectifier son tir quand la rue et les faits sonnent le glas de la suffisance sans cœur », avance-t-il.  D’autres voix appellent, toutefois, à davantage de pragmatisme. L’ancien haut fonctionnaire Vijay Ramgoolam ne voit pas l’utilité de repartir de zéro. Selon lui, il suffit de réorienter les dépenses publiques vers des secteurs créateurs de richesse. « Il ne faut refaire ni le Budget ni un mini-Budget. Il faut réajuster les dépenses et mettre l’argent dans les secteurs productifs », soutient-il. Pour lui, Maurice doit privilégier la production locale et réduire sa dépendance aux importations. « Il faut produire, produire et produire », insiste-t-il. Même son de cloche du côté de l’ancien ministre Dharam Fokeer. À ses yeux, un amendement budgétaire suffit amplement. « Il ne faut pas aller vers un nouveau Budget ou un mini-Budget », affirme-t-il. Il rappelle que les ajustements nécessaires peuvent être intégrés au Finance Bill. Reste à savoir quelle option l’exécutif choisira !
 

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