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Après 11 mois de service - Dev Jokhoo : un départ précipité à la tête des prisons

Par Le Défi Quotidien
Publié le: 19 mars 2026 à 14:30
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Dev Jokhoo
Dev Jokhoo quitte le poste de commissaire des prisons après 11 mois.

Après seulement onze mois à la tête des prisons, Dev Jokhoo démissionne, invoquant des raisons personnelles sur fond de tensions avec le gouvernement et de polémiques entourant la sécurité carcérale.

C’est un départ inattendu qui secoue l’administration pénitentiaire. Après 11 mois à la tête du Mauritius Prison Service (MPS), Dev Jokhoo a soumis sa démission au Premier ministre, Navin Ramgoolam. Officiellement, des raisons personnelles sont évoquées. En toile de fond, toutefois, des tensions persistantes avec l’Hôtel du gouvernement semblent avoir pesé.

Dans une lettre datée du 17 mars 2026, le commissaire des prisons explique que des « problèmes personnels urgents » l’empêchent de poursuivre sa mission. Nommé le 23 avril 2025, il dit avoir pleinement apprécié son passage à la tête de l’institution, tout en exprimant sa gratitude pour la confiance placée en lui. Il respectera un préavis de 30 jours avant de quitter définitivement ses fonctions.

Dans un message adressé à ses équipes le lendemain, Dev Jokhoo évoque un parcours « intense » et rend hommage à l’engagement des gardiens de prison, rappelant les exigences d’un métier exercé en continu, souvent au détriment de la vie familiale. Il affirme quitter ses fonctions avec le sentiment du devoir accompli, mettant en avant certaines initiatives, dont un programme de formation en Inde destiné à une trentaine d’officiers.

Son passage à la tête du service n’a toutefois pas été de tout repos. L’attribution de contrats pour la fourniture de poisson et de produits surgelés aux établissements pénitentiaires a suscité des interrogations. Le principal lot, d’une valeur de Rs 12 millions, a été attribué à Tripod Fish Ltd, dirigée par Basoodeo « Bassoo » Seetaram. Face aux critiques liées à des liens supposés avec l’ancien Premier ministre Pravind Jugnauth, Dev Jokhoo avait défendu un processus conforme aux règles, fondé sur le principe de l’offre la plus avantageuse.

Autre dossier sensible : l’affaire Andy Selmour, survenue en décembre 2025 à la prison de haute sécurité de Melrose. Le décès du détenu, consécutif à une violente agression, avait mis en lumière des manquements dans la gestion interne, notamment des incohérences dans les rapports et un retard dans sa prise en charge médicale. Le Board of Inquiry présidé par l’ancien juge Paul Lam Shang Leen avait relevé plusieurs zones d’ombre, conduisant à la suspension de deux hauts gradés. L’affaire avait suscité de vives réactions au sommet de l’État et relancé le débat sur la sécurité carcérale.

Parallèlement, la lutte contre l’introduction d’objets prohibés en prison a été intensifiée sous son mandat. Plusieurs opérations ont permis de saisir cigarettes, téléphones portables, cartes SIM et drogues synthétiques, révélant l’existence de réseaux organisés et, dans certains cas, de complicités internes.

Fort de plus de 40 ans de carrière dans la police, où il a notamment dirigé le National Security Service et la VIPSU, Dev Jokhoo avait été appelé à prendre les rênes du système pénitentiaire en avril 2025. Moins d’un an plus tard, son départ ouvre une nouvelle phase d’incertitude pour une institution confrontée à des défis persistants en matière de sécurité, de gouvernance et de gestion interne.
 

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