Mise à jour: 21 janvier 2026 à 10:53

Anil Gayan : «Je crois que la Grande-Bretagne va céder»

Par Sharone Samy
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Anil Gayan affiche un certain pessimisme.

Pour Anil Gayan, ancien ministre et observateur averti de la scène internationale, la période actuelle est l’une des plus difficiles que traverse le dossier des Chagos depuis des années. Revenant sur la déclaration de Donald Trump, il estime que cette sortie ne doit rien au hasard. « Rien n’arrive pour rien », affirme-t-il, soulignant que le contexte international actuel pèse lourdement sur la position américaine.

Selon lui, les tensions géopolitiques autour du Groenland, conjuguées à un climat international marqué par des rapports de force exacerbés, expliquent largement la posture adoptée par Washington. Les États-Unis, dit-il, ne veulent en aucun cas compromettre leur propre sécurité. « C’est dans ce contexte que Donald Trump insiste sur le caractère stratégique de Diego Garcia. Pour les Américains, cette zone est essentielle sur le plan sécuritaire », analyse-t-il, rappelant que les considérations militaires priment désormais sur toute autre lecture du dossier.

Il estime que la déclaration du président américain s’apparente à une forme de pression assumée. « Lorsque nous observons la situation actuelle, cela ressemble à un chantage. Avec la guerre tarifaire et les tensions commerciales, le traité des Chagos prend une autre tournure. L’Amérique ne veut pas compromettre sa sécurité, même si nous savons que cette posture n’est pas conforme aux principes du droit international », avance-t-il. Une lecture partagée par plusieurs observateurs, qui voient dans cette séquence une instrumentalisation du dossier des Chagos dans un bras de fer géopolitique plus large.

Une question s’impose alors : le retard pris par le gouvernement mauricien dans la signature du traité a-t-il fragilisé l’accord au point de le mettre en péril ? Sur ce point, Anil Gayan se montre résolument pessimiste. Selon lui, les signaux envoyés par Washington pourraient peser lourdement sur la position britannique. « Je crois que la Grande-Bretagne va céder à la demande de Trump », affirme-t-il, évoquant un rapport de force défavorable à Londres dans un contexte où les relations transatlantiques restent déterminantes.

Pour Anil Gayan, les événements survenus depuis 2025 confirment ses inquiétudes. Il estime que Maurice a laissé passer une occasion majeure en tardant à finaliser la signature du traité.
 

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