Allégations de système véreux : quatre juristes dénoncés à la Law Practitioners Complaints Commission

Par Ledweena Ramasawmy-Mohun
Publié le: 10 mars 2026 à 11:50
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Jean Lélio Ah-Sung Kong Wong Yin Chung en Cour suprême.

Établi en Allemagne, un septuagénaire dénonce un « système véreux » après dix ans d’errance procédurale à Maurice. Il dénonce ses anciens représentants légaux pour manquements graves.

Établi en Allemagne depuis plus d’un demi-siècle, Jean Lélio Ah-Sung Kong Wong Yin Chung, plus connu comme Jean Lélio Wong, a saisi la Law Practitioners Complaints Commission (LPCC) après dix ans d’une procédure judiciaire qu’il décrit comme un naufrage organisé, ciblant quatre juristes. Il a également adressé une lettre à l’Attorney General, Me Gavin Glover. Le Mauricien de 73 ans dénonce publiquement ce qu’il appelle « un système véreux ».

Tout commence en janvier 2016. Jean Lélio Wong est en vacances à Maurice lorsqu’un huissier frappe à sa porte à Pointe-aux-Sables. L’homme lui signifie que sa maison sera vendue le mois suivant. Une initiative de son ex-épouse, dont il a divorcé en 2011 après 16 ans de mariage. Le jugement de divorce lui avait alors accordé la garde de leur fils.

La maison en question, affirme-t-il, a été financée intégralement par ses soins, terrain et construction. Ce retraité, qui a quitté Maurice en 1972 et réside en permanence en Allemagne depuis cinquante-quatre ans, n’entendait pas en être dépossédé sans résistance. Il retient immédiatement les services d’un avoué pour s’opposer à la vente.

C’est le début d’une décennie d’enlisement. En dix ans de procédure de « sale by licitation » - mécanisme juridique permettant la vente forcée d’un bien détenu en indivision –, Jean Lélio Wong aura changé trois avoués et cinq avocats. Une valse des représentants légaux qu’il n’explique pas seulement par des incompatibilités de personnes, mais par ce qu’il décrit comme des manquements graves et répétés.

Il cite notamment la disparition inexpliquée de ses deux dossiers du bureau de l’un de ses avoués. Puis, ce qu’il décrit comme une falsification des procès-verbaux d’audience ; des documents officiels qui, affirme-t-il, ne reflètent pas fidèlement ce qui s’est dit devant la Cour.

« Il y a eu des arguments continuels menant à des renvois, des négociations interminables en mon absence et sans mon consentement », martèle-t-il. Résidant en Allemagne, il déplore d’avoir été systématiquement tenu à l’écart des développements de son affaire.

C’est l’épisode de février 2026 qui a fait basculer l’affaire dans le domaine public. Le retrait collectif de ses représentants légaux lors de l’audience devant le Master and Registrar a conduit Jean Lélio Wong à franchir un pas supplémentaire : une lettre adressée à l’Attorney General, Me Gavin Glover, et une plainte formelle déposée devant la LPCC.

Dans ce document, il vise quatre juristes, trois avoués et une avocate, qui l’ont successivement représenté au cours de la procédure. Les accusations sont sévères : violations du code d’éthique de la profession, conflits d’intérêts, usage abusif d’informations confidentielles, intimidation, chantage et abus de procédures.

Sur le fond, Jean Lélio Wong conteste également la légitimité même de l’action engagée par son ex-épouse. Selon lui, la dissolution de l’indivision aurait dû transiter par un notaire chargé de répartir équitablement les parts de chacun sur le bien litigieux, et non par une procédure de licitation devant la Cour suprême. « Comment son avoué a-t-il pu introduire cette 
action ? » s’interroge-t-il, sans avoir obtenu à ce jour de réponse satisfaisante.

À 73 ans, Jean Lélio Wong dit ne plus nourrir d’illusions sur l’issue de la procédure civile. Ce qu’il attend désormais, c’est que la LPCC instruise sa plainte sérieusement, et que l’action qu’il a parallèlement initiée en Cour suprême lui apporte enfin un éclairage sur dix ans d’une procédure qui, dit-il, « n’a abouti à rien ».

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