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Incendie à Lab 51: les proches des victimes toujours en attente d’être indemnisés

Mireille Martin (à g.) a perdu sa fille Anoushka dans l’incendie. François Maurice (à g.) déplore le fait que son fils Fabrice, 22 ans, qui a péri dans l’incendie, ait été oublié, alors qu’il était un employé irréprochable.

Plus de neuf mois se sont écoulés depuis l’incendie à Lab 51 qui a coûté la vie à trois employés. Alors que la tristesse est encore palpable du côté des proches, voilà qu’ils doivent composer avec l’attente interminable d’un dédommagement de la part de la société concernée. Ce qui les empêche d’avancer dans leur étape du deuil.

«Le chagrin est encore là et cette situation ne nous aide pas », lance d’emblée  Mireille Martin. Cette habitante du Hochet, Terre-Rouge, est la mère d’Anoushka Sheetal Gukhool, la femme de 32 ans décédée dans l’incendie qui a ravagé Lab 51 le 5 mars 2020. La mère de famille n’en peut plus de cette attente qui rend son étape du deuil encore plus douloureuse. Comme d’autres proches, elle attend un dédommagement de la part de l’entreprise au sein de laquelle travaillait sa fille. 

« Au début du confinement, un responsable de Lab 51 m’avait informée dans une lettre que quelqu’un de la firme reprendrait contact avec moi au sujet du dédommagement une fois le couvre-feu sanitaire levé », relate-t-elle. Or, poursuit-elle, au bout de cinq mois d’attente, personne ne l’avait encore contactée. 

« Je suis celle qui fait toujours le premier pas pour obtenir les dernières informations », déplore Mireille Martin. Elle dit avoir téléphoné à un responsable de l’entreprise en septembre 2020, vu que c’était le silence total. Il lui a demandé une nouvelle fois de patienter. 

« Je suis en contact avec le père de Fabrice Maurice, le jeune homme qui a lui aussi péri dans cet horrible incendie. Il est dans la même situation que moi », raconte-t-elle, la voix brisée par le chagrin. 

François Maurice regrette que son fils, qui avait une attitude irréprochable au travail, soit aujourd’hui oublié. « Nous ne savons même pas ce qui a causé l’incendie. Nous avons visité le lieu. C’est un vrai désastre. Il n’y a pas d’escaliers de secours. Nous avons noté un manque de sécurité accablant », déplore-t-il. 

Mireille Martin et lui se sont rendus à la société d’assurance la semaine dernière pour tenter d’en savoir plus. Selon leurs dires, cette dernière n’est au courant de rien, car selon les recherches, aucune information n’est disponible dans leur système au-delà de 2014. 

Explik ou Ka a téléphoné à la compagnie d’assurances, mais en vain. Nous n’avons même pas pu savoir si Lab 51 était assurée ou pas. Nous avons également contacté un responsable de la compagnie le 24 novembre, mais il est resté injoignable. 

Selon Me Arvin Halkoree, les actions légales pour faire des réclamations doivent être dirigées contre l’employeur des défunts. « Si l’entreprise mise en cause a une assurance, c’est à elle de faire appel à celle-ci pour couvrir les frais encourus si elle est trouvée coupable par la cour. Il faudra aussi voir pour quels événements la compagnie est assurée et quels sont les aspects qui entrent en jeu en cas d’accident », souligne l’avocat. 

Selon lui, avant de procéder aux dédommagements, les compagnies d’assurances attendent un rapport de la police ou un rapport du Scene of Crime Office. « Pour l’instant, le plus gros flou tourne autour du fait de savoir si Lab 51 avait une assurance valide au moment de l’incendie. Les parents devront diriger les réclamations contre l’employeur en lui faisant servir une mise en demeure. »

 

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