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Incendie au centre d’enfouissement de Mare-Chicose - Les habitants des régions avoisinantes : «On étouffe !» 

L’épaisse fumée provenant du centre d’enfouissement de Mare-Chicose est une source d’inquiétude pour les habitants des villages avoisinants.

Cinq jours après le début de l’incendie à Mare-Chicose, les habitants des régions avoisinantes ne cachent pas leur colère. L’air, déplorent-ils, est irrespirable. Ils disent craindre notamment pour la santé de leurs enfants.

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Carol Kanoosingh.

Il est 9 h 30 à Cluny en ce samedi matin ensoleillé. Le beau paysage verdoyant est à couper le souffle. Dans les vastes champs, on aperçoit des coupeuses de canne qui, fourche à la main, sourire aux lèvres et armées de patience, s’attellent à leur tâche. Au loin, une épaisse fumée qui se dégage des montagnes de détritus vient gâcher le décor, telle une tache sur une carte postale.   

Ces femmes travaillent non loin du centre d’enfouissement. Lorsque nous leur demandons si l’incendie à Mare-Chicose les incommode, elles lâchent timidement : « Que voulez-vous, on doit travailler pour gagner notre pain. Heureusement qu’aujourd’hui, le vent joue en notre faveur et l’odeur nauséabonde n’arrive pas jusqu’à nous. Cependant, nous imaginons que ce n’est pas évident pour ceux qui vivent aux alentours », disent-elles.   

En effet, un peu plus loin, à Bémanique, la fumée épaisse recouvre les maisons. Toutes les fenêtres et les portes sont closes, il n’y pas l’ombre d’une âme dans les rues en ce début de week-end. Le ciel recouvert de nuages renforce l’aspect glauque. On se croirait dans un village fantôme.  

Une situation cauchemardesque

Nous réussissons tout de même à parler à certains habitants. Faisant face à de nombreux inconvénients au quotidien, ils affichent leur mécontentement, à l’instar de Siwantee Doosooye. Cette sexagénaire confie être dans la tourmente depuis l’incendie à Mare-Chicose. « Je m’occupe d’une personne qui vient tout juste de subir une opération chirurgicale délicate. Elle a échappé à la mort et a besoin d’une attention constante. Avec cette fumée épaisse, l’air est irrespirable. Nous devons garder les portes et les fenêtres fermées en permanence. Ce n’est pas évident. »

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Gino Amerally.

Un sentiment partagé par Satish, un autre habitant de Bémanique, qui affirme que la situation est cauchemardesque. « Quand la fumée se dirige vers Bémanique, il faut fermer les portes et les fenêtres, sinon impossible de respirer dans sa propre maison. Parfois, on étouffe. Le méthane est extrêmement dangereux pour la santé ! Dernièrement, je suis sorti à moto, j’ai dû m’arrêter en cours de route, tellement l’air était irrespirable. De plus, j’ai les yeux qui piquent anormalement. Nous sommes les seuls à savoir ce que nous vivons au quotidien », déplore-t-il. 

« Un couvre-feu »

Comme Siwantee, il craint pour la santé des riverains, notamment des enfants. « C’est la deuxième fois que nous subissons les conséquences d’un incendie au centre d’enfouissement de Mare-Chicose. Cela prendra au moins un mois avant que la situation ne retourne à la normale. Bann gran dimoun pa pe kapav tini, asterla mazinn pou bann zanfan ki sa bizin ete », dit-il.   

Plus loin, nous rencontrons Gino Amerally, 51 ans. Il confie que tous les jours, vers 16 heures, la fumée épaisse qui remonte jusqu’au village de Bémanique annonce « un couvre-feu ». « C’est dans l’après-midi que nous sommes le plus affectés par l’odeur fétide provenant des caoutchoucs qui brûlent. La fumée est tellement épaisse qu’elle cache les montagnes avoisinantes. L’air devient alors irrespirable. Nous devons porter des masques même dans la maison. Nou pena lot swa, akoz nou toufe », soutient le quinquagénaire.   

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Siwantee Doosooye.

« Il faut investir dans des incinérateurs de déchets. Cela nous évitera bien des problèmes et ce sera bénéfique sur le plan énergétique », suggère-t-il.

« Picotements à la gorge »

À Rose-Belle, comme ailleurs, l’incendie de Mare-Chicose est sur toutes les lèvres. Les habitants de la région sont très affectés, fait ressortir Carol Kanoosingh, propriétaire de la boutique du coin. « Nous ne pouvons pas ouvrir les portes et les fenêtres de peur que cet air irrespirable ne pénètre dans la maison. Les enfants sont pénalisés, ils sont cloîtrés. Nous craignons pour leur santé. Quand nous respirons cette fumée, nous ressentons des picotements à la gorge. »

Carol Kanoosingh garde espoir que la situation s’améliore dans les jours à venir. Cependant, il craint que les pluies de samedi après-midi n’aient favorisé la montée de la fumée. « Nous prions pour que le feu soit maîtrisé. Mais il y a un manque de visibilité, car malgré les efforts des pompiers mobilisés sur place, ils n’arrivent pas à venir à bout de l’incendie. »

 

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