Importation de drogue : Gro Derek et Bruno Casimir obtiennent le feu vert pour saisir le Conseil privé
Par
Kursley Thanay
Par
Kursley Thanay
Condamnés pour trafic de drogue en 2022 puis déboutés en appel en 2024, Rudolf Dereck Jean Jacques dit « Gro Derek » et Bruno Wesley Casimir franchissent une nouvelle étape. La Cour suprême leur a accordé, le 13 avril 2026, l’autorisation finale de saisir le Privy Council.
La Senior Puisne Judge (SPJ) Nirmala Devat, siégeant en référé le lundi 13 avril 2026, a accordé l’autorisation finale de former appel (final leave to appeal) à Rudolf Dereck Jean Jacques et Bruno Wesley Casimir. Les deux hommes contestent un arrêt rendu le 2 octobre 2024 par la cour d’appel, qui avait confirmé leur condamnation pour trafic de drogue tout en réduisant leurs peines.
À l’appel du procès le 13 avril 2026, Me Dushyant Ramdhur, avoué représentant les deux condamnés avec Me Raouf Gulbul, a indiqué que les dossiers ont déjà été transmis au Judicial Committee du Privy Council. De son côté, Rasmi Camiah, Chief State Attorney, a précisé que l’État n’a aucune objection à ce que la Cour suprême accorde l’autorisation aux condamnés de recourir au Conseil privé, sans toutefois admettre les faits allégués.
Les deux hommes avaient été condamnés aux assises en décembre 2022 pour organisation de l’importation de drogues. Les faits remontent à la période 2011–2012. Le délit aurait été commis sur le parking du KFC de Flacq et à Batterie Cassée, Roche Bois.
Rudolf Dereck Jean Jacques avait écopé de 32 ans de prison, et Bruno Wesley Casimir de 30 ans, avec des amendes respectives de Rs 500 000 et Rs 300 000. En appel, leurs peines ont été réduites de deux ans, notamment en raison du délai de plus de dix ans entre leur arrestation et leur procès. Gro Derek est en détention depuis son arrestation le 27 juillet 2012. Tandis que Bruno Wesley Casimir est incarcéré depuis le 4 août 2012.
Le point central du litige demeure inchangé : selon les condamnés, aucune drogue n’a été saisie dans cette affaire. La condamnation repose principalement sur des éléments circonstanciels et des témoignages, ce qui soulève des questions de droit importantes.
Dans son arrêt, la cour d’appel avait confirmé la culpabilité, estimant que le délit d’organisation de l’importation de drogue pouvait être établi même en l’absence de saisie matérielle. Une interprétation aujourd’hui contestée par les condamnés devant la plus haute juridiction.