Faits Divers

Importation de deux kilos d’héroïne : l’usage de multiples mules décrypté

La valeur marchande de l’héroïne qu’ils transportaient est estimée à quelque Rs 30 millions.

Énième saisie d’héroïne après l’arrestation de quatre mules zimbabwéenes, à l’aéroport de Plaisance, le 4 octobre dernier. Les passeurs ont été hospitalisés pendant deux semaines et ont restitué 161 boulettes de drogue, totalisant environ deux kilos. 

Les quatre passeurs avaient tenté de passer le contrôle aéroportuaire ensemble, une astuce pour aider au moins trois d’entre eux à échapper à la vigilance des autorités. L’un des passeurs, un homme de 25 ans, Godfrey Zisengwa, est soupçonné d’être la pièce maîtresse de cette transaction. « On le soupçonne d’avoir entraîné les autres passeurs », nous confie une source proche de l’enquête. 

C’est dans la journée du vendredi 4 octobre que les quatre Zimbabwéens ont été arrêtés au passage du Green Channel de la douane par les officiers de la Mauritius Revenue Authority. Ils sont arrivés à bord du vol MK 852 en provenance de Johannesburg. Ils avaient tous ingurgité des boulettes de drogue. Après deux semaines à l’hôpital, ils en ont purgé 161. Cette pratique de l’usage de multiples mules était connue des services internationaux, mais c’était une première à Maurice. « C’est la première fois que quatre passeurs originaires d’un même pays sont épinglés au même moment. » Nos sources expliquent que les trafiquants ont recours à cette pratique en vue de mettre plus de chances de leurs côtés, au cas où l’un d’eux se fait épingler. 

Or, se basant sur des échanges d’informations et un interrogatoire serré, les éléments de la CANS de la MRA ont pu les coincer tous. David Simbarashe Munyengwa, 27 ans, menuisier de profession, a purgé 51 boulettes d’héroïne. Godfrey Zisengwa, âgé de 25 ans, avait la même quantité de boulettes dans son estomac. Cet instructeur sportif avait avalé 51 boulettes, Katros Chabata, âgé de 25 ans, avait, lui, avalé 36 boulettes. Frank Mageza, âgé de 25 ans, en avait avalé 23. Les suspects ont purgé la drogue entre le 4 et le 11 octobre, sous surveillance policière, à l’hôpital Jawarharlal Nehru, à Rose-Belle.

Après la découverte du pot aux roses à l’issue d’un deep questioning d’environ deux heures par les douaniers de la CANS et des limiers de  l’Adsu, deux des quatre suspects ont fini par tout avouer. Ils ont dénoncé les deux autres complices.

Sous la supervision des officiers de l’Anti Drug and Smuggling Unit, les passeurs ont été admis à l’hôpital Rose-Belle afin de purger la drogue. La valeur marchande de l’héroïne qu’ils transportaient est estimée à quelque Rs 30 millions. Ils répondent d’une charge provisoire d’importation d’héroïne. Deux d’entre eux, notamment David Simbarashe Myengwa et Frank Mageza, ont comparu, le samedi 12 octobre, devant la Bail and Remand Court pour être provisoirement inculpés.

Le trajet africain par autobus

Les passeurs ont fini par raconter comment ils avaient été approchés pour agir comme mules. Il y a quelques semaines, ils ont reçu une juteuse proposition pour se rendre en Afrique du Sud. Le trajet du Zimbabwe à l’Afrique du Sud a été effectué par autobus afin d’éviter tout soupçon. Arrivés en Afrique du Sud, ils ont rencontré un de leurs compatriotes sur une aire de stationnement. Ce dernier les a conduits dans une maison isolée, où ils ont rencontré le « Boss », un ressortissant nigérian. Ce dernier a pris le relais pour assurer le bon déroulement du trafic. « Ils nous a expliqué comment avaler les boulettes de drogue », souligne l’un des suspects.

Zisengwa : l’œil d’un caïd africain

Lors de leur interrogatoire, trois des passeurs ont décrit Godfrey Zisengwa comme étant celui qui était chargé de les tenir à l’œil. Les enquêteurs soupçonnent cet instructeur sportif d’être le bras droit des trafiquants africains. L’Adsu a déjà établi que le suspect Godfrey Zisengwa aurait agi comme l’homme de confiance des caïds africains derrière cette tentative d’exportation d’héroïne vers Maurice.

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