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Impact du Covid-19 sur les PME : les types d'action pris par le gouvernement détermineront  comment le pays va sortir de la pandémie, dit Neil Cole 

Dans l'émission Au cœur de l'info, de  mardi, Jean-Luc Emile et Elodie Domun ont reçu un entretien avec Neil Cole, cadre supérieur de la trésorerie sud-africaine et membre du réseau Collaboration Africa Budget Reform Initiative (CABRI) qui est présent dans une trentaine de pays. Cette émission était axée sur les PME.

C'est déjà deux semaines de blocage dans  certains pays, l'économie est au point mort, risque élevé de fermeture d'entreprises et de licenciements. Quel devrait-être le rôle du gouvernement dans cette circonstance ?

Le type et  l'étendue des mesures prises par le gouvernement dépendront de sa préparation,  car il ne faut pas  oublier que ces circonstances sont imprévisibles et inévitables. Lorsqu'un gouvernement a prévu de telles circonstances sous la forme d'une réserve pour l'éventualité.  Lorsque l'espace budgétaire existe, le  rôle du gouvernement devrait d'être d'intervenir de manière à réduire le nombre de pertes d'emplois en accordant un soutien financier aux entreprises qui sont en grandes difficultés  suivant l'arrêt des activités économiques.  Lorsque  les pertes d'emplois deviennent inévitables, il est du devoir du gouvernement de prendre des  mesures pour soutenir les plus pauvres à travers une aide alimentaire. A mon avis, ce sont les  types d'actions prises par le gouvernement qui  seront déterminantes pour sortir le pays de la pandémie du Coronavirus et qui s'applique à la fois  à l'état de l'économie en particulier en ce qui concerne le chômage et la pauvreté. Maurice a fait des progrés significatifs au niveau de la création d'emplois et dans la lutte contre la pauvreté avant la crise sanitaire. Le pays doit maintenant étudier les mesures pouvant la ramener à  la situation d'avant la crise du Covid-19. 

A Maurice le gouvernement a pris certaines mesures pour couvrir les salaires de base. Faut-t-il étendre ce soutien dans les circonstances  actuelles ?

A  mon avis, la décision prise par le gouvernement pour couvrir les salaires en mars était la bonne. Maintenant, la durée de cette mise en place dépendra de la durée du verrouillage. Il est donc important que des mesures soient prises pour aplanir la courbe et que les mesures prises soient respectées par la population. La poursuite des subventions des salaires pour le mois prochain et même au-delà, dépendra de la marge budgétaire dont dispose le gouvernement et aussi du soutien financier des banques multilatérales de développement et du Fonds monétaire international et aussi sur le temps nécessaire pour entreprendre l'ouverture progressive de l'économie

La Grande-Bretagne finance à 80 % les salaires. Quelle devrait être la position d'un pays en développement comme Maurice ?

Il est peu probable que les pays en développement soient en mesure d'accorder le même type de soutien que celui mis en place par la Grande-Bretagne sans le soutien financier des banques multilatérales de développement. A cet égard, la Banque africaine de développement a  effectué une levée de fonds exceptionnelle de 3 milliards de dollars sur trois ans pour aider à atténuer l'impact économique et social du Covid-19 sur les moyens de subsistances et l'économie africaine. Le groupe de la Banque mondiale déploiera jusqu'à 160 milliards de dollars de soutien à long terme au cours des 15 prochains mois en mettant l'accent sur le financement fondé sur les politiques et la protection des ménages les plus pauvres. Cela comprend un programme accéléré de 14 milliards de dollars pour répondre aux besoins immédiats en matière de santé et d'économie, Il aidera aussi les pays à accéder aux médicaments  indispensables.
 
Le secteur informel et les travailleurs indépendants ont tendance à être les plus touchés lorsque le verrouillage a été appliqué. Devrait-il y avoir des mesures autres qu'une allocation unique ?

Le secteur informel a une importance pas seulement à Maurice, mais dans la majorité des pays africains. Accorder un soutien à ce secteur paraît être un défi difficile à relever par le gouvernement. D'abord le secteur informel est rarement enregistré auprès des autorités locales. Il est donc difficile d'identifier ceux qui ont besoin d'un accompagnement et plus encore lors d'une crise comme celle qui a provoqué le verrouillage. En Afrique du Sud, certains commerçants informels qui vendent des produits frais ont été autorisés à opérer, mais leurs clients sont bloqués. Lorsque les travailleurs indépendants sont enregistrés, le gouvernement devrait clairement envisager un soutien financier ou des mesures fiscales qui donneront une plus grande chance à ce secteur de se remettre au lendemain de cette crise sanitaire.
 
L'Afrique du Sud offre une couverture aux travailleurs infectés par le Covid-19. Maurice devrait-elle envisager cette mesure et quelle serait les implications budgétaires ?

Je pense que Maurice devrait en fournir si cela conviendrait en cas de déclaration de maladie professionnelle. Cela n'aura pas d'incidence budgétaire, s'il existe déjà un fonds d'indemnisation des travailleurs dans ce sens. S'il n'existe pas de fonds d'indemnisation, le gouvernement devrait alors se tourner vers un fonds d'assurance  chômage où il pourrait obtenir le financement nécessaire, et au cas où aucun de ces éléments n'existe, il devrait alors se tourner vers une dotation budgétaire.

 

 

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