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Immobilier : une dizaine d’hôtels en vente pour Rs 11 milliards

hôtels Photo d'Illustration

Une dizaine d’hôtels de trois à cinq étoiles sont en vente. Le plus cher, qui est un établissement 5-étoiles, est proposé à 183 millions euros, soit un peu plus de Rs 7 milliards. Pourquoi sont-ils en vente ? Cela signifie-t-il que le secteur va mal ? Jean-Michel Pitot, président de l’Ahrim, dit qu’il n’y a pas lieu de paniquer et qu’il ne faut pas tout généraliser. 

Comment se porte le secteur de l’hôtellerie ? C’est la question qu’on peut légitimement se poser quand on apprend qu’une dizaine d’hôtels sont en vente en ce moment pour un montant total de Rs 11 milliards. Parmi figure un établissement de 24 chambres à Trou-aux-Biches. Il est proposé à Rs 150 millions. Le plus cher de la liste est un hôtel 5-étoiles mis en vente à 183 millions d’euros, soit un peu plus de Rs 7 milliards. Les prix recherchés pour les autres hôtels, de 3 à 4 étoiles, varient entre Rs 34 millions et Rs 3,2 milliards, dépendant de leur emplacement et du nombre de chambres dont ils disposent.

Sollicité pour un avis sur la question, Jean-Michel Pitot, président de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice, affirme, en parlant de manière générale, que le fait qu’il y ait un certain nombre d’hôtels en vente ne signifie pas pour autant que le secteur va mal. « Il ne faut pas généraliser les choses », a-t-il précisé.

Nous avons contacté Sendilen Chetty, directeur associé de l’agence Jinvesty Maurice chargée de vendre certains des hôtels concernés dont l’établissement 5-étoiles. Il a d’emblée indiqué que les maîtres mots dans le cadre de la vente d’un hôtel sont la discrétion et la confiance. « Celui qui a un hôtel à vendre se fait très discret. Il évite toute publicité. Pour réaliser une telle transaction, nous construisons des relations privilégiées avec certains porteurs d’affaires ou des gestionnaires de fortune à travers un réseau bien établi ou des plateformes spécialisées », ajoute-t-il.

Quid des raisons qui poussent certains à vendre leurs hôtels ? Il souligne que les raisons peuvent être variées. Se fiant à son expérience, il précise que dans la majorité des cas, les établissements sont confrontés à une surcapacité du parc hôtelier et parallèlement à un taux d’occupation en baisse. « Certains établissements ont du mal à se réinventer. La vente reste un moyen intéressant d’apporter un nouveau souffle financier », explique Sendilen Chetty. Il estime néanmoins qu’il ne faut pas se voiler la face. « La santé financière des hôtels est liée à la performance du secteur touristique. Il ne serait donc pas étonnant que des petits établissements décident de vendre si la situation ne s’améliore pas », dit-il.


Discrétion absolue

La discrétion est le mot d’ordre quand un hôtel est en vente. « Les établissements hôteliers qui sont en vente sont toujours opérationnels. Si les transactions sont divulguées, cela risque de refroidir les tour-opérateurs avec lesquels ils travaillent. Ils hésiteront à envoyer des clients aux hôtels », explique le directeur d’une agence immobilière réputée.  Pour prouver sa discrétion, l’agence Jinvesty Maurice, chargée de la vente de certains des hôtels concernés, indique sur son site Web : « Nous donnerons des renseignements sur l’acquisition d’hôtels uniquement sur présentation de garantie bancaire avec évidences de fonds et les détails seront donnés sur place à l’île Maurice avec notre agent. »


Jean-Michel Pitot : «On n’est pas dans une situation où tout le monde quitte le navire»

L’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (Ahrim) explique d’emblée que le secteur hôtelier est particulièrement dynamique, tout comme le secteur touristique, qui a des hauts et des bas. Jean-Michel Pitot, président de l’association, fait ressortir que quand il y a un certain nombre d’hôtels en vente, cela ne signifie pas pour autant que tout le secteur va mal. « Il ne faut pas généraliser. Certes, pour les établissements dits indépendants, c’est plus difficile, mais on n’est pas dans une situation où tout le monde quitte le navire », souligne-t-il. Il ajoute que ces dix dernières années, « il y a eu beaucoup de ventes et d’achats ». Il précise que de gros investissements sont prévus pour la construction d’hôtels et la rénovation de ceux existants.

Jean-Michel Pitot concède que certains grands groupes hôteliers ont un modèle économique qui leur permet de se lancer dans de nouveaux projets. Une dizaine d’hôtels sont en projet. Rien qu’à Les Salines Kœnig, à Rivière-Noire, cinq établissements sont prévus. À Le Chaland, l’Anantara Mauritius Resort espère ouvrir ses portes en septembre. West Coast Leisure a un projet hôtelier sur les Pas géométriques de Bel-Ombre et elle a obtenu son permis EIA en septembre. Generess Hotel Ltd compte développer un 3-étoiles à Baie-du-Tombeau  alors que LUX* entend faire du Merville Beach Hotel un 5-étoiles. Shanti Maurice Resort and Spa a demandé la permission d’ajouter 42 chambres à Rivière-des-Galets. Ce ne sont ici que quelques exemples de projets concrets.


Secteur endetté à hauteur de Rs 38 Md à fin 2018

Depuis plusieurs années, l’hôtellerie est l’activité économique la plus endettée du pays. Selon les statistiques de la Banque de Maurice datant de fin décembre 2018, une dette de Rs 38 milliards pèse sur les hôteliers. Ce montant englobe aussi les activités des guest houses et des bungalows loués aux touristes. Cette situation pousse de grands groupes hôteliers à se lancer dans une restructuration financière, avec notamment des levées de fonds sur le marché des capitaux.

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