Faits Divers

Ils vivent sous le pont lataniers : le sombre destin des frères Mootoosamy

Les deux frères Mootoosamy, Fabrice et Ansley. Les deux frères Mootoosamy, Fabrice et Ansley.

Ils ont 18 et 19 ans. Ils sont sans domicile fixe. Le jour, les frères Fabrice et Ansley Mootoosamy errent dans les rues. La nuit, ils dorment sous le pont Lataniers, situé entre Plainte-Verte et Ste-Croix. Ils demandent aux autorités de leur venir en aide.

18 ou 19 ans. C’est l’âge à laquelle on a des rêves pleins la tête et où on pense à l'avenir. C’est le cas de Fabrice et Ansley Mootoosamy. Mais ces derniers rêvent les yeux grands ouverts car leurs conditions de vie sont misérables. Nous les avons rencontrés. Pour cela, il faut longer la route principale jusqu'au pont Lataniers et emprunter le long sentier d’un terrain vague devenu dépotoir, débordant de vieux meubles, de boîtes éventrées, de ballots d’animaux morts et d’ordures. L’odeur est insupportable.

Nous suivons les deux jeunes qui se frayent un chemin parmi tous ces détritus jusqu’à leur abri de fortune. Ce n’est même pas une cabane et aucun matelas en vue. Uniquement une planche appuyée au mur et un drap. C’est tout !

« Quelqu’un nous a donné ce drap car il fait froid en ce moment. Quand il pleut, c’est encore plus dur mais on n’a pas le choix », confie tristement Ansley.
« Puisque nous sommes à la rue, nous ne prenons pas de bains régulièrement. Souvent quand nous essayons de chercher du travail, les gens nous regardent avec un air de dégoût. C’est vrai que parfois, on sent mauvais et les gens nous chassent », ajoute Fabrice, le frère aîné. Pourtant, ils affirment avec force qu’ils veulent travailler. « Je veux devenir plombier », lance Fabrice.  

Abandonnés par leurs parents

Les deux frères sont des anciens résidents d’un shelter. «  J’avais un an et mon frère venait de naître quand la CDU nous a placés dans le centre. Nous y avons passé toute notre enfance et on était bien. Lorsque j’ai eu 16 ans, ma mère est venue nous chercher et nous sommes partis habiter avec elle.

Deux mois après, il y a eu des problèmes. Elle nous délaissait et nous avons commencé à traîner les rues. Nous regrettons d’avoir quitté le centre car si nous y étions restés peut-être qu’aujourd’hui, nous aurions un compte PEL ou un endroit où vivre. Nos parents ont voulu nous retirer du centre mais depuis, nous n’avons connu que la misère », confie Fabrice.

Les deux jeunes expliquent avoir trouvé refuge dans une cabane abandonnée, dans un tricycle à Ste-Croix et dans le jardin de Plaine-Verte avant de se retrouver sous le pont Lataniers. Ils précisent qu’ils ne demandent pas l’aumône par peur d'être chassés ou agressés. « Nous sommes jeunes et nous ne pouvons pas approcher n’importe qui pour demander à manger. Parfois, les gens sont méchants. Certains nous insultent et nous frappent. Nous approchons que ceux qu'on connaît et avec de la chance, on obtient de quoi manger. Sinon nou dormi vant vid. Dan enn semenn kat fwa nou manze, lezot fwa pa resi gayn nanie. »  


Le nombre de SDF en hausse

Selon la travailleuse sociale Joanita Ellayah, de l’Association Pour Personnes en Larmes (APPEL), le nombre de sans domicile fixe (SDF) a considérablement augmenté depuis ces dernières années. « En 2012/2013, nous avons compilé des statistiques et dans la région de Port-Louis, il y avait environ 250 SDF. Pendant les deux années qui ont suivi, le nombre avait diminué mais dernièrement les chiffres sont en hausse. Rien qu’à Port-Louis, on compte plus de 500 SDF », explique-t-elle. Selon Joanita Ellayah, les fléaux, dont la drogue, en seraient la cause.


À la recherche d’un logement

Si beaucoup de jeunes de leur âge rêvent de voiture et de carrière, les deux frères ne désirent qu’une chose dans l’immédiat : un logement. « Nou anvi gayn enn kwin kot aswar nou dormi trankil. Kot nou kapav baigne ek repoze. Kot dimoun pa pouss nou, pa met nou dehor. » Ils veulent aussi trouver du travail. « Nous sommes prêts à apprendre n’importe quel métier. » Pour leur venir en aide appelez les au 5 973 7328 ou au  5 255 7576.

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