
Trois attaques en quatre mois : le mode opératoire de ce gang de faux policiers était bien rodé. Démasqués, ces cinq individus, dont une mère et son fils, ont été arrêtés.
Trois coups d’éclat… puis la fin du jeu. Cinq individus – trois hommes et deux femmes – se faisaient passer pour des policiers. Mais leur mascarade s’est arrêtée net en début de semaine grâce à la Divisional Crime Intelligence Unit (DCIU) de la Central Division, qui les a repérés à Curepipe, avenue Thommy D’Arifat. L’opération a mis fin à leurs frasques et permis de démanteler d’autres complices.

Derrière ce scénario digne d’un film noir, une histoire de famille. Le gang réunissait un ancien surveillant de prison, Stephan Christophe Moolee (37 ans), frappé d’interdiction pour une affaire de drogue, sa compagne Karuna Devi Sookur (40 ans), coach en langues, et le fils de celle-ci, Krishiduth Prabhakar Maton (19 ans), agent de sécurité à la municipalité de Curepipe. À ce noyau se greffent Robert John Ross Wenden (24 ans), agent de sécurité de Beau-Bassin déjà fiché pour drogue, et sa compagne Jennifer Angie Chang Fouk Line (35 ans).
Le rôle de chef d’orchestre reviendrait à Robert John Ross Wenden. Avec Krishiduth Prabhakar Maton comme complice, il élargit rapidement son cercle : Karuna Devi Sookur et Stephan Christophe Moolee d’un côté, Jennifer Angie Chang Fouk Line de l’autre. Le casting est complet pour lancer une série de coups de force.
Leurs cibles : des spas et des guest houses. Leurs armes : tonfas, couteaux et bâtons télescopiques. Leur mise en scène : masques, gants et deux véhicules, dont un « contract car », pour brouiller les pistes.
Trois attaques en quatre mois
Premier acte, le 20 avril. Masqués et armés, ils débarquent dans un salon de massage de Rose-Hill. Ils se présentent comme policiers des Casernes centrales, fouillent les lieux, endommagent le mobilier, vident les sacs, emportent Rs 3 500 et deux téléphones. Les victimes n’oublieront ni la brutalité ni la mise en scène : « Zonn fer nou devid nou sak, zonn pran tou kas seki ti ena dans tirwar, zonn met dan enn sak plastik. »
Deuxième acte, le 23 août, dans un spa à Péreybère. Ils se font passer pour des enquêteurs de la Criminal Investigation Division de Flacq, à la recherche de réseaux de prostitution impliquant des Malgaches. « Monn demann zot si zot ena dokiman ki sertifie ki zot bann polisie, mais ils n’ont présenté ni mandat ni pièce d’identité », relate la gerante. Cependant, l’opération capote : ils se sont trompés d’adresse. La gérante porte plainte pour « impersonation ».

Troisième acte, le 25 août, à Goodlands. Habillés de noir, toujours gantés et masqués, ils envahissent une maison d’hôtes. Identité usurpée encore une fois : « CID » et « Passport & Immigration Office ». Sur place, ils terrorisent le personnel, empochent Rs 9 000, fouillent une vingtaine de chambres inoccupées, puis s’éclipsent par l’arrière. « Enn sel kout zot inn rantre, ti ena de madam, kat misie. Nou-si dan nou latet pann panse pou demann zot dokiman lapolis. Zonn al dan tou lasam zonn fer lafouy, zot pe dir kot patron ete, telefonn li… » relate l’une des employées, apeurée.
Trois affaires de « larceny armed with offensive weapon » plus tard, la police resserre l’étau. Avec l’appui du Police Main Command & Control Center, les enquêteurs tracent le parcours du gang. Mardi, l’opération est déclenchée : à Curepipe, la DCIU Central met la main sur Moolee, Sookur et Maton. Le même jour, à Quatre-Bornes, la DCIU Northern arrête Wenden et Chang Fouk Line. Saisies d’armes, découverte de cannabis : les pièces à conviction s’accumulent.
Fin de partie pour cette « famille » de faux policiers. Les cinq suspects sont derrière les barreaux, en attendant la suite judiciaire.

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