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Il passe ses nuits au Champ de Mars - Atish : «Je veux obtenir un emploi et quitter la rue»

Âgé de 37 ans, Atish Dinga a passé plusieurs mois à la rue.

Atish Dinga s’est retrouvé à la rue après le décès de sa mère. Il vivait avec cette dernière, qui est morte subitement après une brève maladie. Âgé de 37 ans, le jeune homme souhaite trouver un nouvel emploi pour reprendre sa vie en main.

Il se nomme Atish Dinga et cela fait plusieurs mois qu’il se retrouve à la rue. Selon le trentenaire, à la suite du décès de sa mère de 68 ans, il a été très affecté. « Ma mère représentait tout pour moi. On vivait tous les deux dans une maison en location à Plaine-des-Papayes et tout allait bien. Je travaillais et elle s’occupait de la maison », dit-il. 

Selon le jeune homme, il n’a jamais connu son père qui est décédé quelques mois après sa naissance. « Mon père est décédé lorsque j’avais huit mois. C’est ma mère qui m’a élevé et c’est envers elle que je dois toute ma reconnaissance », raconte-t-il. « J’ai vécu pendant 37 ans avec ma mère. Ce n’est pas facile d’oublier sa maman. C’est très dur de passer cette étape et de faire mon deuil », confie-t-il les larmes aux yeux. 

Lorsque sa mère est décédée, il a perdu tous ses repères. « J’ai un peu perdu la tête, et j’ai suivi des traitements à l’hôpital du Nord pendant une courte période afin de me reprendre », relate-t-il. « C’était elle qui était mon guide et mon pilier dans ma vie. Son absence s’est fait cruellement ressentir et je suis tombé malade pendant un certain temps », affirme-t-il. 

Selon les dires de ce dernier, à la suite du décès de sa mère, il a été hébergé chez des membres de sa famille. Cependant, il avance qu’il n’était pas en bons termes avec ces derniers. Il est parti vivre avec eux en 2019. Plus de deux ans après, il a décidé de quitter les lieux. « C’était peut-être une erreur de partir. Mais désormais, il me faudra me reprendre en main », soutient-il. « J’ai une sœur, mais on vit chacun pour soi », concède Atish.

« C’est très risqué d’être un SDF »

S’il n’a vécu que pendant quelques mois en tant que sans domicile fixe, Atish confie que ce quotidien n’est plus souhaitable. « Je ne souhaite à personne de se retrouver un jour à la rue. C’est très risqué, surtout la nuit », fait-il savoir. Selon le trentenaire, les premiers jours étaient très durs. « Je ne savais pas où aller. J’ai trouvé une place dans les rues de la capitale, non loin de la cathédrale. Mais je n’ai pu fermer l’œil de la nuit, car je me sentais à risque », indique-t-il. 

Selon les dires de notre interlocuteur, des individus à l’allure louche se sont présentés et il aurait reçu des menaces. « Ils voulaient me causer du tort. Mais où aller lorsqu’on se retrouve dans cette situation ? C’était un monde nouveau pour moi. Je ne savais pas vers qui me tourner », soupire-t-il. C’est ainsi qu’il s’est rendu à Plaine-Verte, lorsque les maraîchers quittent les lieux. Tout dernièrement, il passe quelques nuits au kiosk du Champ de Mars en compagnie d’autres SDF.

Il explique aussi avoir été victime de vol à plusieurs reprises. « J’avais en ma possession des documents importants. Mais un jour, j’ai été victime de vol, et je me suis retrouvé sans carte d’identité ni acte de naissance », déplore-t-il. Il dit ne pas être resté les bras croisés pour se procurer une nouvelle carte. « Lorsque je me suis rendu à l’état-civil pour avoir une nouvelle carte, on m’a réclamé mon acte de naissance. Mais étant donné que je ne l’avais pas, les démarches se sont arrêtées là. Surtout que c’est payant lorsqu’on égare notre carte, on m’a demandé Rs 1 000 », lâche-t-il. 

Le sans-logis soutient aussi avoir sollicité l’aide des abris de nuit de la capitale pour être hébergé. « Malheureusement, je n’ai pu être admis dans l’abri, car je n’avais pas de carte d’identité. On m’a seulement informé que dès que je l’aurais, je pourrais bénéficier de leurs services », avance-t-il. 

Atish a également essayé de trouver un emploi. Mais, comment faire sans documents ? Il affirme qu’il évitait de faire la manche. « J’essayais de ne pas demander de la nourriture. Je faisais du porte-à-porte pour trouver du travail, et lorsque la journée est bonne, je peux travailler pour Rs 200 à Rs 300. Pour me faire plaisir, j’achetais un bon repas, car je ne mange pas tous les jours à ma faim », précise-t-il. Selon les dires du principal concerné, il devait aussi se fier aux donations des ONG pour avoir de quoi manger et boire, lorsqu’il n’avait rien à se mettre sous la dent.

Une bonne carrière

S’il s’est retrouvé malgré lui à la rue, Atish a reçu une bonne éducation et a de l’expérience dans plusieurs secteurs d’activité. « J’ai arrêté l’école après ma Form 5. Ensuite, pendant mon plus jeune âge, j’ai exercé comme maçon. Mais j’ai aussi travaillé pour le compte d’un cabinet d’avocats, où j’ai aidé dans les tâches administratives en cour. Par la suite, j’ai été embauché comme agent de sécurité, avant de perdre mon emploi », raconte-t-il. 

Son unique souhait à ce jour, c’est de trouver un nouvel emploi. « Je souhaite à tout prix obtenir un nouvel emploi, et reprendre ma vie en main. Je ne peux errer les rues indéfiniment », espère Atish.

Ceux souhaitant venir en aide au SDF, ou de lui offrir un emploi, sont priés de contacter la rédaction au 207 0666 ou de laisser leurs coordonnées sur le 211 1213.

 

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