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Il paie… Rs 85 000 pour une écharpe et un pull : un touriste saoudien remboursé ce vendredi

recu Le reçu montrant la somme payée pour un pull et une écharpe.

Le propriétaire d’un magasin de Floréal, spécialisé dans la vente de produits en cachemire, remboursera, ce vendredi 21 juin, une somme de Rs 85 000 à un touriste saoudien. L’étranger avait payé un pull-over à Rs 60 000 et une écharpe à Rs 25 000.

Mercredi 19 juin. Un Saoudien faisait son shopping dans une boutique, spécialisée dans la vente des produits en cachemire, à Floréal. Le touriste, qui quitte le pays le samedi 22 juin, s’est laissé tenter par une écharpe et un pull. Il s’est ainsi offert ces deux produits pour une somme de Rs 85 000, soit Rs 60 000 pour le pull et Rs 25 000 pour l’écharpe. La gérante du magasin lui a remis deux reçus en bonne et due forme.

Après son shopping, le Saoudien a rencontré un ami à son hôtel. Il lui a montré l’écharpe et le pull-over. L’ami lui aurait alors fait comprendre qu’il avait payé une petite fortune pour deux ponchos. Le touriste s’est de nouveau rendu au magasin pour réclamer le remboursement de son argent. La gérante a refusé de reprendre les articles vendus et de lui rendre ses Rs 85 000. C’est ainsi que le Saoudien, sur les conseils de son ami, s’est tourné vers les médias. Radio Plus a fait état de ses doléances dans la journée du jeudi 20 juin, alors que le site du Défi Media Group a répercuté la nouvelle.


En début de la soirée du jeudi 20 juin, Le Défi Quotidien a tenté d’avoir la version des faits de la gérante du magasin. Mais cette dernière n’a pu être jointe au téléphone. Un de ses proches a répondu à notre appel et a déclaré qu’elle n’était pas disponible et qu’il allait lui transmettre le message. Plus tard, le propriétaire du magasin a affirmé dans une déclaration au Défi Quotidien que la vente de ces ponchos de haute qualité a été faite selon les normes établies dans le commerce. 

Le propriétaire : «Pena oken frod»

« Pena auken frod », a déclaré le propriétaire du magasin qui précise qu’il s’agit des produits en cachemire et qu’ils valent bien Rs 60 000 et
Rs 25 000. Il affirme qu’il n’y a aucun acte frauduleux. Le client, dit le propriétaire, s’est présenté au magasin et a acheté les produits après avoir été pris connaissance des prix affichés. Il ajoute que ce serait à l’hôtel que les préposés auraient dit au touriste qu’il aurait payé cher pour ces produits.

Le propriétaire du magasin affirme que le client l’a contacté et qu’il a accepté de reprendre ses articles, car le Saoudien lui a fait comprendre qu’il ne savait pas que l’écharpe et le pull-over allaient lui coûter une telle somme. « Monn dir li retourn li, lerla mo fer kansel li ».

Dans la soirée du jeudi 20 juin, la direction du magasin s’est entretenue avec l’interprète du touriste arabe. Il a été convenu qu’il ramènera les produits au magasin ce vendredi 21 juin pour se faire rembourser. « Nou finn pran resi nou finn done li… Ena so 15 % VAT ki li pu rekipere la dwann. Pa kav dir nou inn arnak li.. tou zafer pri afise », se défend le gérant de magasin.


Raj Appadu (Front Commun des Commerçants de Maurice) : «Il faut sanctionner ceux qui sont malhonnêtes»

Raj Appadu n’y va pas de main morte. « Il faut sanctionner ceux qui sont malhonnêtes et ceux qui arnaquent les touristes. J’ai maintes fois attiré l’attention des autorités à cet effet, mais il n’y a jamais eu de suite », déplore-t-il. Il insiste aussi pour la mise sur pied d’une unité spéciale qui effectuera des visites dans les lieux d’achats des touristes.


Tourism Authority : «Une enquête est en cours»

Une enquête policière a été initiée, souligne-t-on à la Tourism Authority. Les experts devront maintenant vérifier si les produits achetés valent le prix payé.

Daniel Saramandif (Association of Tourism Professionnals) : «Certains touristes ne veulent plus faire du shopping à Maurice»

Daniel Saramandif est catégorique. Un des problèmes que rencontre l’industrie est les arnaques auxquelles sont confrontés les touristes. « D’ailleurs, certains touristes ne veulent plus faire du shopping pour ne pas se faire arnaquer », explique-t-il. D’où son appel : « l’heure est venue pour que la police du Tourisme fasse des visites surprises dans les boutiques. Ce genre d’incident ternit l’image de la destination qu’on s’attèle tous à promouvoir », souligne Daniel Saramandif. Le président de l’Association of Tourism Professionnals recommande également des mesures pour que les magasins affichent les prix des articles. « Certains ne le font pas. Du coup, les touristes se font plus facilement arnaquer », martèle-t-il.

Sen Ramsamy (Tourism Business Intelligence) : «Maurice devient une destination arnaque»

« Un tel incident est malheureux. Le problème est que ce n’est pas le seul cas. Il y a l’affaire du sorbet à Rs 4 000, du sachet d’épices à Rs 3 000 ou encore de la facture de Rs 290 000 pour des achats valant que Rs 29 000. Maurice devient une destination arnaque et c’est très grave », fulmine Sen Ramsamy. Pour le directeur de la Tourism Business Intelligence, ce n’est pas surprenant que les arrivées baissent. « Il y a urgence pour qu’on mette de l’ordre dans le secteur afin que ce genre d’incident ne fasse pas du tort à Maurice sur le plan mondial », conclut-il.

Ajay Jhurry (Association of Tourists Operators) : «Il faut prendre cette affaire très au sérieux»

« Les autorités ont le devoir de mener une enquête. Il y va de la réputation de la destination surtout que le touriste en question a porté plainte. Ce qui est d’ailleurs son droit légitime », commente, pour sa part, Ajay Jhurry. Il faut, insiste le président de l’Association of Tourists Operators, prendre cette affaire « très au sérieux et identifier toutes les failles afin que cette situation ne se répète pas à l’avenir ».


Des touristes plumés

Ce n’est pas la première fois que des touristes se font ainsi arnaquer en payant le prix fort pour des produits qui coûtent 10 fois moins cher. Nous nous rappelons du cas du couple Dislaire. Ces deux Français en vacances à Maurice se sont retrouvés avec une facture s’élevant à Rs 113 275 après avoir fait des achats dans une boutique à Arsenal. La vendeuse leur aurait dit que le magasin leur offrait certains produits, mais au final, ils ont payé très cher pour ces « cadeaux ». 

Il y a également le cas du touriste venu d’Oman avec sa famille qui a payé Rs 296 000 pour des achats qu’il dit ne pas avoir choisis dans un magasin à Poste-de-Flacq. La CID mène toujours l’enquête.

Selon d’autres touristes qui se sont fait également arnaquer, ces magasins opèrent avec la complicité de certains chauffeurs de taxi qui perçoivent des commissions pour les y emmener. Ils sont d’avis que d’autres personnes de divers organismes feraient obstruction aux enquêtes.

La Consumer Affairs Unit a été mise au parfum de cette affaire. Dans bien des cas, les touristes se font arnaquer à la veille de leur départ. Ce qui rend très difficile toute possibilité de réclamation ou d’entamer des procédures pour poursuivre le magasin fautif.

Amrita Gunness, Senior Officer de cet organisme, explique : « Cela ressemble bien plus à des escroqueries. Le consommateur, s’il sent qu’il a été victime d’une arnaque, doit se rendre à la police pour consigner une déposition. Cela permettra aux policiers de mener une enquête approfondie. Il peut également porter plainte auprès de notre bureau. Nous démarrerons une enquête dès que nous recevrons ces plaintes et les responsables du magasin devront répondre de leurs agissements ».

De son côté, l’homme de loi, Bala Muka explique que toute forme d’escroquerie ou d’abus de confiance est puni par la loi. Il explique que le consommateur peut se rendre à la police ou consulter un avocat pour obtenir réparations.

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