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Il meurt après une chute du premier étage - Sa veuve : «Mes filles ne cessent de réclamer leur père»

Jugmohun Dabypersand était le père de deux fillettes de 7 et 6 ans.

La famille Dabypersand, de Bramsthan, Flacq, est en deuil. Jugmohun Dabypersand, 50 ans, le chef de famille, a connu une fin atroce. Il travaillait sur un chantier de construction dans la localité, quand il a fait une chute du premier étage.  Le maçon n’a pas survécu.

Il n’a fallu que quelques secondes pour que se joue ce drame. Jugmohun Dabypersand était monté sur une barrique pour enlever des clous, quand il a basculé dans le vide. Une chute fatale pour ce père de deux fillettes. 

Reena, l’épouse, ne sait quoi répondre à ses filles, qui ne cessent de réclamer leur père. Elles ont 6 et 7 ans. « Mama, Papa pou retourne kan mo vinn gran », lui demande sa benjamine.  

Débrouillard et travailleur, Jugmohun, que ses proches appelaient affectueusement Bebe, était un père aimant et un mari attentionné. « Lorsqu’il est devenu père, il n’a plus voulu continuer à travailler pour une compagnie. Il disait qu’il n’aurait pas d’heure fixe pour rentrer à la maison. Il voulait voir grandir ses filles », poursuit Reena. Le maçon a déjà travaillé chez General Construction. « Il a suivi des cours pour accéder au poste de superviseur », ajoute la veuve. « Mais au fur et a mesure que la famille grandissait, il a souhaité se mettre à son propre compte. »

Il adorait ses filles, nous dit la veuve. Jugmohun se réveillait à 5 heures. Pieux, il disait ses prières et passait du temps avec les petites. « Il a été un père exemplaire et aimait ses deux filles plus que tout au monde. II s’occupait d’elles avant d’aller travailler », explique Reena. L’après-midi, les petites l’attendaient avec impatience. « Nous savions toujours quand il rentrait à la maison à motocyclette. Nous l’entendions arriver. Quelquefois, il achetait des gâteaux et les petites se précipitaient pour aller le voir pour lui faire des câlins. »

Voilà une dizaine d’années que Jugmohun et Reena s’étaient mariés. « C’est son caractère calme qui m’a plu. Bien sûr, il nous arrivait de nous disputer, mais ce n’était jamais pour longtemps. En quelques minutes, il oubliait tout et nous nous réconciliions », dit Reena. Mais tout s’est arrêté en quelques instants le 31 octobre. Bebe s’était réveillé tôt, comme à son habitude. Il est parti vers 7 heures. Il construisait une maison au premier étage d’un bâtiment abritant plusieurs commerces. « Je devais aller faire des démarches pour obtenir une école pour ma benjamine. Avant de partir, Bebe m’a dit : ‘Apel mwa avan to sorti’. » Elle ne se doutait pas une seconde que c’était la dernière fois qu’elle lui parlait.

Reena venait tout juste de sortir de la salle de bains, quand on l’a informée que son époux avait été victime d’un accident de travail. « On m’a dit qu’il s’était blessé. Au départ, j’ai cru que ce n’était pas grave. Puis, ma belle-sœur est arrivée en larmes, elle m’a dit que Bebe était mort », dit-elle.

Cette perte soudaine a plongé toute la famille dans une profonde tristesse. « Ses filles le réclament. Moi aussi, j’arrive péniblement à réaliser qu’il est déjà parti. Je fixe l’entrée de la maison et je me dis qu’il va bientôt rentrer et je pleure », dit la veuve, qui peut compter sur le soutien de la famille. « Bebe est parti en laissant ses filles et des projets inachevés. Nous ne nous attendions pas à une telle chose. Il avait prévu de faire la rénovation de la maison », lâche-t-elle.


Une fausse manœuvre lui coûte la vie

Jugmohun Dabypersand était sur une barrique pour enlever des clous d’une planche de coffrage, mais lors de cette besogne, il a perdu l’équilibre et a fait une chute de plusieurs mètres. Lors de sa chute, il a heurté des mains courantes. Il a été transporté d’urgence à l’hopital de Flacq, où le personnel soignant a constaté son décès. L’autopsie a révélé qu’il a succombé a de multiples blessures.