Ibrahim Malleck : «Ce n’est pas un effet domino, mais un déferlement»
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Le Défi Quotidien
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Au-delà du secteur énergétique, c’est toute l’économie qui risque d’être affectée. L’augmentation du coût du carburant pourrait entraîner une hausse des tarifs de l’électricité, mais aussi du transport et des produits de consommation. Le prix du pain, fortement dépendant du coût de production et du transport, pourrait également être impacté. De même, le transport public, déjà sous pression, pourrait subir des ajustements tarifaires.
Pour l’économiste Ibrahim Malleck, la crise dépasse largement le cadre d’un simple effet en chaîne. « La crise a déjà touché tous les pays du globe. Maurice n’est pas épargné, car nous sommes un gros importateur, que ce soit pour l’alimentation ou les produits pétroliers. Je ne parle pas d’un simple effet domino, mais d’un déferlement en ce qui concerne une augmentation via une inflation importé. Maurice va être frappé de plein fouet dans les prochaines semaines », avertit-il.
Selon lui, même un apaisement des tensions ne garantirait pas un retour rapide à la normale. « Même si la guerre prend fin, les choses ne vont pas se stabiliser immédiatement. Avec la pression sur l’énergie, le secteur de l’aviation sera aussi impacté. C’est déjà le cas pour certaines compagnies internationales, avec l’introduction d’une « war tax » sur certains billets d’avion., qui pourrait avoir des conséquences sur le secteur touristique », explique-t-il.
Ibrahim Malleck souligne également que les hausses de prix sont désormais inévitables. « Le Mauricien doit comprendre qu’il n’y a aucun moyen d’empêcher une hausse des prix, car ils ont déjà pris l’ascenseur dès les premiers jours de la guerre. Nous restons très vulnérables », affirme-t-il.
Dans son analyse, l’économiste pointe aussi un manque d’anticipation sur le long terme. « Avec la situation actuelle, on se rend compte que Maurice n’a pas su se stabiliser dans sa résilience économique. Il faut nous préparer pour l’avenir, sinon nous continuerons de subir les effets de chaque changement géopolitique », conclut-il.
Face à cette équation délicate, le gouvernement se retrouve sous pression, contraint de faire des choix difficiles entre stabilité économique et préservation du pouvoir d’achat, dans un contexte où toute décision risque d’avoir un coût politique. Maurice n’est pas en guerre. Mais à chaque flambée du pétrole, c’est toute son économie qui vacille, rappelant qu’aucun pays n’est à l’abri des secousses du monde.