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Huit ans de calvaire pour un Principal Social Security Officer : humiliation, déshonneur et vie à l’ombre

Bhudrasen Jugurnauth Bhudrasen Jugurnauth veut poursuivre l’Icac et réclamer des dommages et intérêts.

Bhudrasen Jugurnauth, 63 ans, était poursuivi par l’Independent Commission against Corruption (Icac) sous 23 chefs d’accusation de ‘public official using his office for gratification’ en vertu de l’article 7(1) de la Prevention of Corruption Act 2002.

Cet habitant de Triolet avait plaidé non coupable et était défendu par Me Sanjeev Teeluckdharry. Il a été blanchi, le mercredi 21 novembre 2018, par la Cour intermédiaire. Aujourd’hui, soulagé et libéré de son calvaire, Bhudrasen Jugurnauth envisage une action légale contre l’Icac pour réclamer des dommages et intérêts.

Bhudrasen, marié et père de quatre enfants, a été recruté par la Sécurité sociale comme Trainee Social Security Officer en 1980. Au fil des ans, il a grimpé les échelons pur accéder au poste de Principal Social Security Officer. Il menait une « Happy family Life », dit-il, et avait de très bonnes relations avec le public. En 2009, sa vie et celle de sa famille seront bouleversées. Il est arrêté par l’Icac et poursuivi pour avoir « abusé de ses pouvoirs dans l’exercice de ses fonctions », et d’avoir approuvé des indemnités de kilométrage totalisant Rs 102 086 au profit d’une employée censée avoir utilisée sa voiture pour des déplacements entre le 9 mai 2007 et le 15 juin 2009, selon les 23 chefs d’accusation. L’employée en question était une assistante et devait effectuer des visites aux bénéficiaires d’allocations de la Sécurité sociale dans plusieurs endroits du Nord.

Malgré les 38 ans de service au sein de la Sécurité sociale en tant que fonctionnaire honnête et intègre, il fut poursuivi. Sa famille et lui-même ont été victimes de calomnies, de médisances et d’exclusion pendant plusieurs années.

Dans le village, même durant des réunions sociales et des fêtes religieuses, sa famille et lui furent victimes de palabres et de regards accusateurs des membres du public, des amis et des proches. «J’ai porté un fardeau de mensonges et de blâmes depuis 2010, mais j’ai toujours fait confiance en la justice de mon pays.»

Le procès a duré plus de hui ans. L’avocat de la défense avait soulevé plusieurs points techniques liés aux vices de procédures. Finalement, l’affaire fut prise sur le fond. L’Icac a appelé à la barre une dizaine de témoins et produit une centaine de documents saisis durant l’enquête. La magistrate Niroshni Ramsoondar a noté que les témoins de la poursuite n’ont pu établir les éléments de l’offense et a conclu qu’il n’y a aucune preuve.

En l’absence de preuves, l’ancien Senior Social Security Officer a été disculpé. « Je retiens un souvenir très amer de mon procès. Je suis heureux que mon avocat ait fait triompher la justice et a rétabli mon honneur, ma dignité et ma réputation. Je suis victime d’un faux scandale, d’une cabale montée contre moi. Pour ma famille et moi, les blessures sont guéries mais les cicatrices resteront gravées dans nos âmes. Je dois remercier mon avocat Me Sanjeev Teeluckdharry, qui ne m’a jamais laissé tomber. Ma famille et moi lui sommes très reconnaissants», dit-il.