HSC 2026 - Mahend Gungapersad : «J’ai un rapport interne du 1er trimestre qui n’est pas bon»
Par
Annick Daniella Rivet
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Annick Daniella Rivet
Les premiers indicateurs internes sur les performances des élèves de Grade 13 suscitent des inquiétudes au ministère de l’Éducation. Le ministre Mahend Gungapersad reconnaît des résultats insuffisants et évoque déjà des établissements à risque. Il annonce des mesures d’accompagnement tout en appelant les élèves à redoubler d’efforts.
Le ministre de l’Éducation, le Dr Mahend Gungapersad, anticipe des difficultés après avoir pris connaissance d’un rapport interne sur les performances des élèves de Grade 13 au premier trimestre. S’il promet la mise en place de solutions, il exhorte néanmoins les élèves à redoubler d’efforts afin d’atteindre les objectifs fixés. « J’ai un rapport interne pour le premier trimestre qui n’est pas bon », a déclaré le ministre de l’Éducation dans une déclaration accordée au Défi Media Group.
Il dit attendre le rapport du deuxième trimestre, soulignant que plusieurs unités, notamment le School Performance Management, qui n’existaient pas auparavant, sont désormais mobilisées pour accompagner les élèves et améliorer leurs résultats. Si le ministre Gungapersad anticipe que les résultats ne seront pas bons, il existe, selon lui, « des mesures pour renverser la tendance » et encourage les élèves à travailler mieux pour obtenir les résultats voulus. Il précise aussi que le Quality Assurance Department a déjà identifié des établissements à risque où les pourcentages pourraient descendre en dessous de 50 %.
Face à cette situation, Mahend Gungapersad insiste sur la nécessité d’encadrer les élèves à risque : « Je vais faire appel aux Zone Directors de différents collèges, aux recteurs et aux Heads of Department pour voir comment aider les élèves. »
Le ministre de l’Éducation, en tant que pédagogue, reconnaît que la manière d’étudier des élèves a évolué : « Le nombre d’heures qu’ils étudient a diminué, comparé à ce que cela était autrefois. Ils passent beaucoup de temps sur les réseaux sociaux et cela les affecte. »
Il convient de noter qu’au début de 2025, il avait été annoncé que les élèves ayant obtenu trois crédits (au lieu des cinq requis auparavant) pouvaient accéder au Grade 12. Cette mesure s’accompagnait d’une circulaire destinée aux chefs d’établissements secondaires, précisant que : « Repeaters at the School Certificate Level, having obtained only 2 Credits or Grade C in two subjects and a Pass in English language, at the same sitting, may be exceptionally allowed to be promoted to Grade 12 provided they are not overaged. »
Cette réforme visait à offrir un maximum de chances aux élèves mauriciens, notamment aux late developers, de poursuivre leurs études. Les autorités insistaient sur le fait que, sans intervention, ces élèves risquaient de se retrouver hors du système éducatif, alors même que leur place est à l’école.
Grâce à cette décision, 2 472 élèves ayant obtenu trois ou quatre crédits au School Certificate (SC) 2024 ont pu accéder au Grade 12 l’année dernière. Parmi eux, 1 240 avaient obtenu trois crédits et 1 232 en avaient obtenu quatre. Ces élèves sont donc en Grade 13 cette année, et les résultats du Higher School Certificate (HSC) sont attendus en 2027.
Le taux de réussite au SC était de 73,71 % en 2023, de 72,65 % en 2024 et s’établit à 69,28 % en 2025.
Arvind Bhojun, président de l’UPSEE :
« De nombreux élèves qui se présenteront au Higher School Certificate (HSC) n’ont pas obtenu cinq Credits au School Certificate (SC). Il leur sera donc difficile d’obtenir un HSC complet. Nous pouvons l’affirmer, car nous travaillons dans les collèges et connaissons bien nos élèves. Il leur est compliqué d’obtenir de bons résultats dès la première tentative. Il conviendrait de leur offrir une seconde chance en leur permettant de repasser les épreuves gratuitement. Cette mesure leur donnerait la possibilité de poursuivre leur parcours académique. »
Basheer Taleb, pédagogue :
« Trop d’élèves ne s’appliquent pas à leurs études. Ils ne lisent pas et passent le plus clair de leur temps sur les réseaux sociaux. Il faut qu’ils travaillent plus dur pour obtenir de meilleurs résultats. »
Retraites, démissions et attentes
Les institutions d’enseignement supérieur, notamment Polytechnics Mauritius, l’Université des Mascareignes (UDM) et l’Université de Technologie de Maurice (UTM), traversent actuellement une phase de transition au niveau de leur direction. Le 30 avril 2026, le Dr Dinesh Somanah a pris sa retraite après dix années à la tête de l’UDM. Son contrat principal, arrivé à échéance en février 2025, avait été prolongé mensuellement jusqu’en avril 2026, date effective de son départ. Il est remplacé par le Prof Yashwantrao Rama, nommé officer-in-charge.
Durant son mandat, le Dr Somanah a dû assumer des responsabilités étendues dans une institution encore peu structurée, couvrant des domaines allant des finances aux ressources humaines, en passant par les systèmes d’information.
UTM : une nouvelle page avec le Prof Chittoo
À l’Université de Technologie de Maurice, le Dr Dinesh Hurreeram, dont le contrat renouvelé en 2022 pour trois ans avait été prolongé jusqu’en février 2026, a quitté ses fonctions en janvier 2026. Il a été remplacé par le Prof Hemant Birandranath Chittoo.
Une cérémonie s’est tenue le 11 février à La Tour Koenig pour marquer ce passage de relais. Le Dr Hurreeram y a exprimé son sentiment du « devoir accompli » au moment de quitter ses fonctions.
Polytechnics Mauritius : une démission après huit ans
Du côté de Polytechnics Mauritius Ltd, Yamal Matabudul a présenté sa démission le 13 novembre 2025, après huit années à la direction de l’institution. Non lié par contrat, il a évoqué des raisons personnelles pour justifier son départ. Il a également rappelé les débuts modestes de Polytechnics Mauritius : d’un bureau improvisé au ministère à un réseau de sept campus aujourd’hui.
Au niveau du ministère de l’Enseignement supérieur, il est indiqué que les Boards des institutions sont désormais en place et que les opérations se déroulent normalement, sans impact pour les étudiants.
MGI et RTI : dix-huit mois sans conseil
En revanche, le Mahatma Gandhi Institute (MGI) et le Rabindranath Tagore Institute (RTI) fonctionnent sans Council depuis plus de dix-huit mois. Placées sous la tutelle du ministère de l’Éducation, ces institutions font face à une paralysie décisionnelle qui freine considérablement leurs activités.
Les conséquences sont multiples : promotions en suspens, recrutements gelés et absence de plan structuré de développement du personnel. Les chargés de cours, enseignants et membres du personnel administratif restent dans l’incertitude, certains ayant même fait valoir leurs droits à la retraite sans avoir bénéficié de l’avancement auquel ils pouvaient prétendre.
Le ministère de l’Éducation assure toutefois que la mise en place d’un Board est imminente afin de rétablir un fonctionnement normal. En attendant, un officer-in-charge continue d’assurer la gestion des institutions.