Live News

Hoolass Lochee General Manager de la CWA : «On a des réserves d’eau jusqu’à fin décembre»

Les intervenants de l’émission Au Cœur de l’Info sont revenus sur la situation critique de l’eau à Maurice. Sans grosses pluies dans les mois à venir, les réserves seront épuisées à la fin du mois de décembre 2020.

La situation de l’eau à Maurice est critique, selon Hoolass Lochee. Le General Manager de la Central Water Authority (CWA) ainsi que l’hydrologue Farook Mowlabaccus , intervenaient ce mercredi 28 octobre 2020 dans l’émission Au Cœur de l’Info sur Radio Plus animée par Jane Lutchmaya et Eshan Dinally.

Hoolass Lochee indique que les réservoirs sont actuellement remplis entre 30 % et 60 % de leur capacité. Concernant les nappes phréatiques, leur niveau a baissé de 25 % et certains forages sont même déjà à sec. La production d’eau est donc impactée d’environ 25 %. L’Ouest est la région la plus affectée. Ces chiffres expliquent les mesures de révision de fourniture d’eau. 

« L’objectif de la coupure d’eau de 22 heures et 3 heures est d’économiser sur les fuites qui sont de 50 % en moyenne. Nous préparons un plan de coupure en journée qui sera établi selon les régions les plus affectées. Ces coupures débuteront cette semaine. Nous puisons et filtrons de l’eau de rivière. Quatre sites sur 11 sont déjà opérationnels. Tous les sites seront opérationnels d’ici à fin novembre. De nouveaux forages sont en cours à Yemen et au Morne. Avec ces mesures, sans grosses pluies, on dispose de réserves d’eau jusqu’à la fin du mois de décembre 2020. La consommation sera plus importante pendant les fêtes de fin d’année », explique Hoolass Lochee.

Selon lui, la priorité est de réduire les fuites à 25 %. Il estime que le plan de coupure ne permettra pas de tenir jusqu’à mars 2021. « Gérer l’eau jusqu’à fin décembre est risqué car nous n’avons plus de grosses pluies cycloniques. Il faudrait des mesures pour étendre les réserves jusqu’à fin janvier 2021. Est-ce que les projets de diminution des fuites ont apporté leurs fruits malgré les millions de dépensées ? C’est une question importante. Le nouveau General Manager et ses techniciens doivent se pencher dessus.  », soutient Farook Mowlabaccus. L’hydrologue rappelle que si la CWA trouve un partenaire stratégique, le prix de l’eau augmentera. Il estime donc que la hausse des tarifs de l’eau est impérative.

« Il y a deux possibilités : soit la CWA trouve un partenaire stratégique, soit elle emploie une compagnie pour gérer les opérations. Dans les deux cas, le prix de l’eau doit augmenter. On pourrait améliorer la distribution avec cette hausse. La CWA n’a pas besoin de compétences extérieures, il faut juste des fonds de la part d’un partenaire stratégique. Il est obligatoire d’augmenter le prix de l’eau. On ne peut pas payer de l’eau à Rs 50 et manger des mines à Rs 180. On peut augmenter de Rs 50, pas forcément de Rs 100. En contrepartie, les plus vulnérables peuvent avoir de l’eau gratuite. Il est vrai que ce n’est peut-être pas le moment à cause de la situation économique due à la Covid-19, mais la population doit comprendre qu’il le faut. La hausse peut se faire après la crise de la Covid-19 et de manière progressive », déclare l’hydrologue.

Les tarifs de l’eau pratiqués à Maurice sont l’un des plus bas dans le monde. 

Droit d’eau

Farook Mowlabaccus préconise également un amendement du droit d’eau des propriétés sucrières qui leur permet d’utiliser l’eau souterraine de leurs terrains pour l’irrigation des champs. « Il faut récupérer les droits d’eau des terrains qui ont été convertis en morcellements. Il faut garder en tête l’objectif de donner de l’eau 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Même si on n’y arrive pas, on assurera la meilleure distribution possible. Il est inévitable de diminuer l’irrigation dans le Nord en faveur de l’eau domestique », affirme-t-il.

 

Notre service WhatsApp. Vous êtes témoins d`un événement d`actualité ou d`une scène insolite? Envoyez-nous vos photos ou vidéos sur le 5 259 82 00 !