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Homicide involontaire par imprudence : le député Thierry Henry fixé sur son sort le 25 novembre 2019

Thierry Henry L’ex-PPS est poursuivi sous cinq chefs d’accusation.

Le procès intenté au député du Parti mauricien social-démocrate (PMSD) et ex-PPS (Private Parliamentary Secretary), Thierry Henry, pour homicide involontaire, a pris fin en cour intermédiaire, le mercredi 11 septembre. Après avoir écouté les plaidoiries des deux parties, le magistrat Sacheen Boodhoo prononcera son jugement le 25 novembre 2019. 

Thierry Henry est poursuivi sous cinq chefs d’accusation devant la cour intermédiaire : homicide involontaire par imprudence, refus de se soumettre à un alcootest, refus de remettre un échantillon de son sang pour analyse, conduite en état d’ivresse et entrave à une enquête policière. Il a plaidé non coupable et est défendu par Me Hervé Duval Jr, Senior Counsel. La poursuite est représentée par Me Abdool Raheem Tajoodeen, Senior State Counsel. 

Les délits, selon l’acte d’accusation, ont été commis, le 3 avril 2016, à Bois-Marchand, Terre-Rouge. L’accident a coûté la vie à Stéphano André, 24 ans. Celui-ci résidait à Congomah et se rendait à une soirée dansante quand il a été mortellement percuté par la voiture du député Thierry Henry. 

Lors de la séance du mercredi 11 septembre 2019, le Dr Tarunsing Ramkoosalsing a été contre-interrogé par la poursuite. Il a confirmé qu’il n’a pas examiné Thierry Henry et qu’il n’a fait aucun rapport. Il a aussi concédé qu’il ne sait pas quel était l’état mental du député après l’accident. 

Les avocats des deux parties ont, par la suite, entamé leurs plaidoiries et réquisitoires respectivement. Selon Me Hervé Duval Jr, Senior Counsel, « the whole of the prosecution’s case is on the alleged refusal of the accused to submit to an alcootest. » 

Et c’est suite à son refus que la poursuite a déduit qu’il conduisait sous l’influence de l’alcool. L’avocat de la défense a plaidé que ce n’est que quand son client a volontairement déclaré que c’était lui qui était au volant de sa voiture et non sa femme, que le sujet d’alcool a été soulevé par la police.

Me Hervé Duval s’est interrogé sur le fait que son client avait été autorisé à partir. Alors que quand son épouse avait dit que c’était elle qui conduisait, elle avait été arrêtée. 

L’avocat de la défense a avancé que la seule preuve qui indique que c’est Thierry Henry qui conduisait la voiture au moment des faits vient de ses dépositions. En sus, il avait expliqué pourquoi il n’est pas venu de l’avant après l’accident. Il avait déclaré qu’il était traumatisé.  

Imprudence grossière

D’autre part, Me Hervé Duval a fait ressortir que la poursuite n’a pu établir le lien de causalité entre l’imprudence alléguée de son client et la mort de la victime. L’avocat de la défense a fait état de l’imprudence grossière de la victime. Il a fait référence au rapport du Forensic Science Laboratory qui avait établi que la victime était sous l’influence de drogue. Et aussi qu’à un moment, il se tenait au milieu de l’autoroute. D’après la défense, la victime porterait des vêtements de couleur sombre et  traversait l’autoroute alors qu’il y a une passerelle à quelques mètres plus loin.  

La poursuite a, pour sa part, plaidé que la police avait toutes les raisons d’effectuer un alcootest, car Thierry Henry avait lui-même dit qu’il était au volant de la voiture et qu’il était une personnalité publique étant membre du Parlement. 

Selon Me Abdool Raheem Tajoodeen, l’avocat de la poursuite, Thierry Henry aurait pu se faire examiner par un médecin s’il ne se sentait pas bien après l’accident. « Dire qu’il était dans un état de choc est une explication trop facile », dit l’avocat. Ce dernier a affirmé que la police a expliqué toutes les procédures au député. Et qu’il n’y a rien qui indique que la police ait tout inventé. 

Me Abdool Raheem Tajoodeen a également précisé le fait que la victime avait été retrouvée sur l’asphalte à plusieurs mètres du point d’impact. Ce qui démontre la violence avec laquelle Stéphano André avait été percuté. 

L’avocat a soutenu que Thierry Henry n’a pas eu le temps de freiner, car il conduisait tout en étant sous l’influence de l’alcool et qu’il n’avait plus le contrôle de sa voiture. 

Après la plaidoirie et le réquisitoire de la défense et la poursuite respectivement, le magistrat Sacheen Boodhoo prononcera son jugement, le 25 novembre 2019.

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  • Oeudor