Holiday Bungalow Resort à Palmar : un projet de Rs 1,9 Md contesté
Par
Patrick Hilbert
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Patrick Hilbert
L’ONG Eco-Sud et plusieurs résidents de Palmar ont déposé un recours devant l’Environment and Land Use Appeal Tribunal contre la décision du ministre de l’Environnement d’accorder, le 9 avril 2026, une licence d’Évaluation d’Impact Environnemental (EIA) à Paddock Investment Ltd pour un projet de « movable holiday bungalow resort » à Palmar.
Le projet, développé sur des terres d’État d’une superficie de 33 arpents et 5 perches (139 490 m²) situées le long de la route côtière, en face de la plage publique de Palmar, dans l’est du pays, prévoit la construction de 266 bungalows modulaires préfabriqués (213 de deux chambres et 53 de trois chambres), de trois restaurants, d’un centre de réception, d’un spa, d’un gymnase, d’aires de loisirs et d’infrastructures annexes. Selon le rapport EIA du promoteur, chaque bungalow d’environ 80 m² reposerait sur des plots en béton, avec une empreinte minimale au sol, et le site conserverait 70 % de zones vertes. Ce dernier estime que l’investissement pour le projet s’élève à environ Rs 1,9 Md.
Dans leur « Appellants’ Statement of Case » daté du 4 mai 2026, les appelants contestent la validité de la licence EIA. Ils soulignent notamment que le projet fait l’objet d’une « réinitialisation » d’une initiative antérieure d’Intrepedia Ltd, dont la demande EIA avait été rejetée. Une nouvelle lettre de réservation a été émise par le Ministry of Housing and Lands le 8 mai 2025 pour une durée de 18 mois, sous réserve de l’obtention de la licence EIA avant le 7 novembre 2026.
Les appelants critiquent principalement le non-respect des nouvelles dispositions du National Development Strategy (NDS) 2025, entré en vigueur le 8 novembre 2025. Ils affirment que « the law that applies to the consideration of the EIA Application by the Respondent [...] is the NDS 2025 » et que « the coming into force of the NDS 2025 warranted an immediate rejection of the EIA Licence ». Le NDS 2025 opère, selon eux, un « paradigm shift » en faveur d’une planification basée sur des politiques de durabilité, avec une présomption générale contre le développement dans ou à proximité des Environmentally Sensitive Areas (ESAs), en particulier des zones humides.
Un point central du recours porte sur la présence de zones humides. Les appelants contestent l’affirmation du promoteur selon laquelle « there are no wetlands within the Site » et que les plus proches se trouvent à 40 et 42 mètres de la limite ouest, avec respect d’un setback de 30 mètres. Ils estiment que le projet aurait dû faire l’objet d’une évaluation stratégique (SEA) et d’une clearance préalable du National Ramsar Committee. La licence EIA accordée impose d’ailleurs, parmi ses conditions, l’obtention ultérieure d’une autorisation du National Parks and Conservation Service et du National Ramsar Committee.
Les appelants dénoncent également des lacunes procédurales : notification publique insuffisante via la Government Gazette, absence de consultation des riverains de Trou-d’Eau-Douce et de Palmar, et prise en compte tardive ou nulle de leurs commentaires soumis en février-mars 2026. Ils relèvent que « none of the residents or villagers of the Trou d’Eau Douce or Palmar region were consulted by the Promoter during the preparation of the Promoter’s EIA Report ».
D’autres griefs portent sur l’impact hydrologique, la gestion des eaux usées, l’approvisionnement en eau (353 m³/jour estimé), le stationnement (jugé insuffisant), le drainage, les risques cycloniques et l’absence d’évaluation adéquate des effets cumulatifs et du changement climatique, en contradiction avec les politiques ENV et SP du NDS 2025.
Les appelants, dont Eco-Sud (ONG environnementale active depuis 2000) et des résidents locaux, revendiquent leur locus standi sur la base de leur qualité de personnes lésées et de leur implication dans la protection de l’environnement, citant la jurisprudence du Privy Council dans l’affaire Eco-Sud v The Minister. Ils demandent l’annulation de la licence EIA délivrée à Paddock Investment Ltd.