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Hausse des salaires : douche froide pour les opérateurs de divers secteurs

Plusieurs opérateurs ont dû mal à digérer l’annonce d’une compensation salariale de Rs 375. Dans la conjoncture actuelle minée par la Covid-19, ils estiment qu’il aurait fallu un quantum inférieur, voire le statu quo.

Roshan Seetohul, président de l’OTAM : «Un fardeau additionnel sur notre dos» 

roshan« Le moment est mal choisi pour appliquer un tel quantum », avance Roshan Seetohul, président de l’Outsourcing & Telecommunication Association of Mauritius (OTAM). Surtout, soutient-il, que dans le secteur des Tics, les clients européens mettent la pression pour que les opérateurs baissent leurs tarifs. « Avec cette hausse de salaire, les choses se compliquent davantage. Or, il est important que nous gardions notre compétitivité en vue d’affûter nos armes en cas de reprise économique mondiale en 2021 », fait-il ressortir. Et d’ajouter : « on aurait souhaité un montant plus raisonnable. On ne s’attendait pas à un tel quantum. C’est un fardeau additionnel sur notre dos. Ce sera difficile pour les opérateurs ». 


Jacqueline Sauzier, secrétaire générale de la Chambre d’agriculture de Maurice : «Cette compensation rajoute aux dépenses existantes» 

jacqueline« Nous comprenons que les plus démunis doivent obtenir quelque chose, mais avec la situation actuelle, c’est le pays qui aurait dû primer ». Tel est l’avis de Jacqueline Sauzier, secrétaire générale de la Chambre d’agriculture de Maurice. « Pour l’industrie sucrière, qui est en pleine restructuration, cette compensation rajoute aux dépenses dans un contexte très difficile », fait-elle valoir.


Kamal Hawabhay, Managing Director de GWMS Ltd : «Le quantum est raisonnable»

kamalDans le Global Business, les augmentations de salaires sont plus élevées, indique Kamal Hawabhay, Managing Director de GWMS Ltd. Du coup, soutient-il, la compensation salariale n’est pas un baromètre pour l’industrie. « Avec la situation financière actuelle, c’est bien d’être plus prudent. Le quantum fixé est raisonnable », ajoute-t-il.


Suren Surat, CEO de SKC Surat : «Le montant fixé est trop élevé» 

suratSuren Surat, Chief Executive Officer de SKC Surat, ne mâche pas ses mots. « Le montant fixé est trop élevé vu le contexte. C’est d’ailleurs supérieur au montant proposé l’année dernière. Il aurait fallu un quantum plus bas », argue-t-il. Cette compensation ne sera pas soutenable pour les entreprises, ajoute-t-il. « Avec la Covid-19, nous avons perdu 35 % de notre chiffre d’affaires avec l’hôtellerie qui ne marche pas. La situation est déjà difficile et, cette compensation vient s’ajouter aux complications financières », déplore-t-il.


Armand Ah Kong, directeur de compagnie : «Nous devons accepter…»

armandArmand Ah Kong, directeur de compagnie, observe que c’est plus ou moins le même quantum que l’année dernière. « La compensation salariale est obligatoire. Nous ne pouvons rien y faire. Nous devons accepter », fait-il ressortir. Entre-temps, insiste-t-il, les compagnies souffrent. Avec la charge salariale qui augmente, il est conseillé aux compagnies de prendre en considération le ‘survival factor’. « S’il y a des employés qui quittent la compagnie, il ne faudrait pas les remplacer sauf en cas d’extrême nécessité. Il faudrait payer davantage les employés qui sont là pour les inciter à être productifs au lieu de recruter. C’est une des solutions de survie », recommande-t-il, en concluant que « l’avenir s’annonce sombre, financièrement parlant, pour les entreprises ». 


Bhooshan Ramloll, MD de Ramloll Bhooshan Group of Companies : «Après le fret et les matériaux, ce sont les salaires qui augmentent»

ramlollPour Bhooshan Ramloll, Managing Director de Ramloll Bhooshan Group of Companies, la compensation salariale a le goût d’une pilule amère. « Avec la Covid-19, nous n’avons pu opérer normalement. Dans le contexte actuel, la question de payer une compensation salariale n’aurait pas dû se poser », fait-il ressortir. Et de déplorer : « Après la hausse du fret et des matériaux, ce sont les salaires qui augmentent. Ce qui a un impact considérable sur nos finances car les prix cotés avant la Covid-19 ont largement été dépassés ». 


Syndicalistes : plus ou moins satisfaits

Si la majorité des syndicalistes se disent satisfaits du quantum fixé pour la compensation salariale et saluent « l’effort » du gouvernement, d’autres expriment des réserves. 

Deepak Benydin : «Satisfait, mais avec un regret»

Le président de la Confederation of Independent Trade Unions (CITU) est satisfait. « Malgré la conjoncture économique actuelle, le gouvernement a fait un effort pour la classe laborieuse pour accorder une compensation salariale de Rs 375, calculée sur une inflation d’un peu plus de 3 %, alors que le chiffre officiel est de 2,7% », fait ressortir Deepak Benydin. Son seul regret, c’est que les salariés touchant plus de Rs 50 000 par mois sont exclus de la compensation salariale. « C’est la deuxième année consécutive qu’ils ne sont pas compensés pour la perte de leur pouvoir d’achat. Souhaitons qu’ils le seront l’année prochaine », dit-il.

Bruno Dorasami : «Je m’attendais à pire»

Le président de la General Trade Unions Confederation, Bruno Dorasami se réjouit que le gouvernement ait accordé une compensation salariale de Rs 375. « J’avoue que je m’attendais à pire », lance-t-il, tout en souhaitant qu’il y ait un contrôle des prix dans le commerce « pour protéger les consommateurs ». 

Radhakrishna Sadien : «La classe moyenne a été sacrifiée»

Le président de la State Employees Federation (SEF), Radhakrishna Sadien, s’insurge contre le fait que les salariés touchant plus de Rs 50 000 par mois ne bénéficieront pas d’une compensation salariale. « Ce qui est d’autant plus préoccupant, c’est que ceux qui ont bénéficié de la compensation salariale l’année dernière ne sont pas qualifiés cette année, car ils touchent plus de Rs 50 000 maintenant. Dans la pratique si vous touchez Rs 50 001, vous n’êtes pas qualifiés », dit-il. « C’est encore une fois la classe moyenne qui a été sacrifiée. Ce sont les seuls salariés qui ne bénéficient d’aucune aide du gouvernement. Ils ne sont pas qualifiés pour l’allocation pour le coulage de la dalle, pour des réservoirs d’eau potable et, maintenant, on les prive de la compensation salariale », dit-il.

 

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