Hausse des prix continue - Fruits : l’addition est salée pour les consommateurs

Par Leena Gooraya-Poligadoo
Publié le: 3 février 2026 à 15:30
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Les fruits locaux ont la cote actuellement.

La hausse des prix des fruits se confirme à Maurice. En cause : des perturbations du transport maritime, l’augmentation des coûts de production à l’étranger et une dépendance encore forte aux importations. Importateurs et marchands font le point sur la situation. 

Les consommateurs mauriciens le constatent depuis plusieurs mois : les fruits coûtent de plus en plus cher. Pour les opérateurs du secteur, cette augmentation est avant tout liée à des difficultés internationales. 

Selon Suren Surat, directeur de SKC Surat, entreprise spécialisée dans l’importation de fruits, les problèmes sont particulièrement marqués pour les produits en provenance d’Égypte. « Avant, les bateaux mettaient environ 23 jours pour venir à Maurice depuis l’Égypte. Aujourd’hui, à cause des conflits en Mer Rouge, les navires doivent contourner par l’Afrique de l’Ouest. Le trajet dure désormais jusqu’à 55 jours », explique-t-il. 

Cet allongement du transit complique la gestion des stocks et des commandes. « On ne peut plus importer régulièrement et certains fournisseurs hésitent même à exporter vers Maurice », ajoute-t-il.

L’Égypte reste pourtant un fournisseur important pour le marché mauricien, notamment pour les raisins et les agrumes comme le citron et le pamplemousse. Face aux retards et aux incertitudes, SKC Surat a dû chercher d’autres sources d’approvisionnement. « Nous importons maintenant des raisins depuis la Chine. Mais les prix chinois sont plus élevés, ce qui se reflète directement sur les prix payés par les consommateurs », précise Suren Surat. 

Du côté de l’Afrique du Sud, la logistique ne pose pas de problème majeur, mais les coûts de production ont augmenté. « Les fertilisants, les pesticides, les insecticides, tout a augmenté. La main-d’œuvre aussi coûte plus cher », souligne le directeur de SKC Surat. Selon lui, « le coût de production a pris l’ascenseur, et quand les coûts augmentent, les prix suivent forcément ».

Sur le terrain, les marchands confirment la hausse des prix. Gurudev Choonucksing, marchand de fruits, affirme que les consommateurs ressentent l’augmentation, en particulier pour les fruits importés. « Je ne connais pas exactement toutes les raisons, car ce sont surtout des facteurs externes. Mais au niveau local, je peux confirmer que les prix des fruits importés ont augmenté », dit-il.

Face à cette situation, l’entreprise tente progressivement de réduire sa dépendance aux importations en misant davantage sur la production locale. « Nous travaillons avec environ une centaine de planteurs locaux. Nous les accompagnons, notamment pour l’importation de semences, afin d’augmenter leur production », explique Suren Surat. 

Actuellement, SKC Surat reçoit environ 15 tonnes de bananes locales par semaine. « Notre objectif est d’atteindre 50 tonnes par semaine », dit-il. L’entreprise s’intéresse aussi à de nouvelles cultures, comme la grenade. « Le climat mauricien est déjà favorable à cette culture », note Suren Surat, qui évoque l’introduction de nouvelles variétés pouvant être produites à une échelle commerciale.

Gurudev Choonucksing souligne toutefois que durant la saison des fruits locaux, ces derniers restent souvent plus chers que les fruits importés. « En période de fruits locaux, les Mauriciens en profitent au maximum. Même si les prix sont élevés, ils vont quand même acheter, par exemple un demi-kilo de longane, pour se faire plaisir », explique-t-il.

Des ventes globalement stables

Malgré la hausse des prix, les ventes ne se sont pas effondrées. « Elles n’ont ni baissé ni augmenté », observe Suren Surat. Il se montre cependant prudent pour les mois à venir. « Si les prix continuent d'augmenter, il y a un risque que la consommation baisse », prévient-il. Le secteur hôtelier, en revanche, affiche de meilleurs résultats. « Avec l’augmentation du nombre de touristes, les ventes de fruits dans les hôtels sont en hausse, et cela compense en partie », indique le directeur de SKC Surat.

De son côté, Gurudev Choonucksing note que le marché est devenu plus concurrentiel. « Il y a beaucoup de nouveaux marchands, donc les ventes sont partagées », explique-t-il. Il s’attend toutefois à une amélioration prochaine. « Avec la fête de Mahashivratree, on peut s’attendre à une hausse des ventes », prévoit-il.

Les prix pratiqués 

Fruits locaux 
Longane Rs 100 – Rs 800 (le demi-kilo) -les prix varient en fonction du grade 
Letchis Rs 500 à monter (le demi-kilo) 
Pomme cannelle Rs 150 (le demi-kilo) – Rs 25 à Rs 50 (la pièce) 
Pitaya Rs 100 – Rs 200 (le demi-kilo)
Banane Rs 5 – Rs 10 (la pièce) 
Coco Rs 50 – Rs 150 (la pièce) 
Ananas Rs 25 – Rs 150 (la pièce)
Mangue Rs 25 – Rs 100 (la pièce) 
Grenadine Rs 25 (la pièce) 
Fruits importés (le kilo) – en moyenne 
Pomme Rs155
Oranges Rs100
Poire Rs165
Mandarine Rs95
Kiwi Rs255
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