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Hassenjee Ruhomally: Informaticien adepte du partage

Hassenjee Ruhomaully
Une nuit en cellule pour un docteur en sécurité informatique de l’université de Stanford. Les malheurs d’Hassenjee Ruhomally ont commencé à cause d’un partage sur Internet concernant le ministre Showkutally Soodhun. L’informaticien, qui tenait à sa vie privée, est sorti de l’anonymat malgré lui. Rencontre. Son « share » lui a coûté cher. Ce n’est pas Hassenjee Ruhomally qui dira le contraire. En sus d’avoir passé une nuit en cellule policière pour avoir partagé une publication concernant le ministre Showkutally Soodhun, il a eu des soucis de santé. Il est actuellement en congé maladie. « Aujourd’hui, j’ai peur de poster quoi que ce soit sur le net ; je sais que je suis fiché par la police. » L’homme n’est pas en colère. Il se dit juste « dégoûté » par le pouvoir politique. À Sodnac, la petite chambre qui lui fait office de lieu de travail relève du paradoxe pour un informaticien de haut vol. Cet espace étroit, serti dans la vaste résidence familiale des Ruhomally, résume la vie trépidante de ce visionnaire en informatique. « Je ne suis pas un geek, mais un passionné de l’informatique et du partage », confie-t-il. Natif de Port-Louis, où sa famille, aisée et originaire de Chemin-Grenier, est venue habiter, Hassenjee est l’aîné de quatre frères, dont un décédera d’une fracture du myocarde. Un an après sa naissance, son père, Hassan, part faire des études de médecine à Bristol et à Liverpool, ville dont il restera un fidèle supporteur de l’équipe de foot. Il fera ses premiers pas à l’école dans la ville des Beatles. Dès que son père obtient son diplôme, la famille rentre à Maurice et s’installe sur les hauteurs de Candos, la localité qui deviendra Sodnac. « L’endroit était alors quasi désertique. On a racheté la maison de style britannique de la famille d’Unienville. Au fil des années, on a ajouté des extensions. » Après l’école de la Salle, à Port-Louis, le jeune Hassenjee finit sa scolarité primaire à l’école Notre Dame des Victoires. Classé après la Petite bourse, il rejoint le collège Royal de Curepipe et finira le secondaire au collège Neerunjun. Le HSC en poche, il file à La Réunion pour passer un D.E.U.G en science de structures et de matière. Il terminera ensuite la dernière année de sa licence à Bordeaux. En 1984, dit-il, on en est encore au b.a.-ba de l’informatique à Maurice, les entreprises étant à l’ère du papier et de la machine à écrire. Durant quatre ans, Hassenjee doit travailler en freelance, puis repart à La Réunion où il devient animateur à Radio Freedom. Il s’envolera une fois de plus pour la France, où il travaillera pour NRJ. De retour à Maurice, il travaillera encore en freelance en tant que software developper. On le retrouve aussi derrière les consoles de La Cavern Night Club, où il officie comme disc-jockey sous le nom de DJ Bedos. En 1990, il décroche le poste de délégué médical chez Rogers. « Mon père m’avait dit : soit tu continues en freelance, soit tu tentes ta chance. » Avec ses diplômes, Rogers lui offre la possibilité de travailler dans le service administratif où l’informatique est déjà présente. Une rencontre va changer le cours de sa vie : par l’intermédiaire d’un ami, il croise la route de Rachid Karroo, qu’il considère, à ce jour, comme le meilleur technicien informatique en hardware. Avec ce dernier et Patrick Beeharry, il montera l’intranet à Maurice, avec la société Intranet Online System, l’ancêtre d’Internet. « Mais, lorsque MT a lancé Internet, on a arrêté, faute de moyens pour nous mesurer à l’opérateur national », avoue notre interlocuteur. Depuis, Hassenjee est devenu le directeur technique de la filiale mauricienne de la société Mauriweb Network Services, qui travaille notamment pour Google. « Depuis mes déboires et mon hospitalisation, j’ai dû ralentir un peu mon rythme de travail. Mais ça va mieux. Je me reprends lentement…»
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